Mémoires de la jungle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Mémoires de la jungle
Auteur Tristan Garcia
Pays France
Genre Roman
Éditeur éditions Gallimard
Date de parution
Nombre de pages 360
ISBN 2070129144
Chronologie

Mémoires de la jungle est un roman de Tristan Garcia publié le aux éditions Gallimard.

Résumé[modifier | modifier le code]

L'intrigue est située dans un futur possible: il ne reste quasiment aucun humain sur la Terre rendue inhabitable par la pollution, l'ensemble de la population terrienne vit désormais dans des stations orbitales. Seuls des animaux survivent encore en Afrique et quelques savants qui étudient des animaux dans un zoo. Doogie, un chimpanzé, a été élevé comme un être humain et a appris à parler. Après l'accident du vaisseau spatial qui le ramenait sur Terre, il est seul et va devoir affronter les dangers de la jungle. Pour survivre, il va apprendre ou retrouver l'animalité.

Réception critique[modifier | modifier le code]

Les avis sur le livre ont été très contrastés.

Télérama évoque un travail « crâne et turbulent, moins un roman qu'un coup de folie ». L'hebdomadaire salue la prouesse littéraire qui consiste à inventer une « langue poétique et fauve, suffisamment lisible pour porter le récit et fantasque pour le subvertir »[1]. Ce travail confirme selon Le Monde des livres que Tristan Garcia n'est pas « le feu de paille médiatico-littéraire qu'on aurait pu craindre à la sortie, en 2008, de La Meilleure Part des hommes[2] ». Les Inrockuptibles salue l'ambition de ce roman « ardu qui demande que l’on s’accroche, comme tous ces livres qui réinventent la langue »[3]. Le Nouvel Observateur affirme que le roman fait l'effet d'un « miracle », en empruntant « autant à la zoosémiotique la plus pointue qu'au grand roman colonial »[4]. L'Express évoque une « parabole brillante et culottée », sur un sujet « aberrant »[5]. Le Soir vante « la performance qui consiste à tenir, plus de 300 pages, une écriture totalement fabriquée, destinée à traduire avec des moyens limités une pensée non humaine », où « culture et nature s'y retrouvent dans l'antagonisme fécond qui a inspiré tant de créateurs »[6].

Mais le roman a également essuyé de virulentes critiques. Lire trouve le projet trop théorique, en ajoutant que sa lecture laisse « dubitatif »[7]. Plusieurs autres critiques jugent également cette tentative stérile voire contre-productive. Olivia de Lamberterie, du magazine Elle, affirme qu'en voulant donner des traces d'humanité à son héros animal, Garcia ne surprend jamais le lecteur car les sentiments exprimés y sont forcément attendus. Le personnage du singe souffre également d'un « apitoiement » constant sur son propre sort, très « français », qui rend la lecture « ennuyeuse ». La journaliste ajoute que le résultat ressemble à quelque chose comme les Mémoires de Patrick Sébastien, c'est-à-dire un « truc très mal écrit » signé d'un type qui se plaindrait tout le temps « qu'on le ne comprenne pas »[8]. Michel Crépu, de la Revue des deux Mondes - qui avait pourtant soutenu La Meilleure Part des hommes - parle d'un livre provoquant un « ennui monumental », sans doute « écrit à la suite d'un pari stupide ». Il relève la « bêtise » sur laquelle repose le projet, qui consiste à prêter à un animal des sentiments humains : le journaliste trouve « idiot » de vouloir réduire le mystère ou l'abîme qui sépare l'humain de l'animal, puisque c'est cette fascinante « distance » qui appelle la réflexion et l'émotion[8]. L'écrivain et journaliste Jean-Louis Ezine regrette la longueur du roman tandis qu'Arnaud Viviant ironise sur ce « premier livre écrit par un singe », sans savoir comment l'interpréter[8].

Commentaires[modifier | modifier le code]

Le récit explore la frontière ténue entre l'homme et l'animal. Doogie est un singe mais pourrait tout aussi bien être un homme. Le thème de la mémoire qui était déjà questionné dans le premier roman de l'auteur est ici au centre du texte : la civilisation est-ce la capacité à mémoriser et à transmettre dans ce que l'on nomme le langage ?

Citations[modifier | modifier le code]

* Tu ne sais rien, monkey, de tout ce que tu sais.

  • Car ces histoires n'existent pas. La jungle a définitivement digéré mon singe, et la jungle n'a pas de mémoire.[réf. insuffisante]

Notes et références[modifier | modifier le code]