Melitaea cinxia

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Mélitée du plantain

La Mélitée du plantain (Melitaea cinxia) est une espèce paléarctique de lépidoptères (papillons) de la famille des Nymphalidae.

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

  • En français : la Mélitée du plantain, la Déesse à ceinturons ou le Damier du plantain[1].
  • En anglais : Glanville Fritillary, nom qui fait référence à Lady Eleanor Granville, une entomologiste du XVIIe siècle qui découvrit cette espèce dans le Lincolnshire[2].
  • En allemand : Wegerich-Scheckenfalter[3].
  • En espagnol : Doncella punteada[4].

Description[modifier | modifier le code]

Papillon[modifier | modifier le code]

L'imago de la Mélitée du plantain est un papillon de taille petite à moyenne. Le dessus des ailes a un fond fauve orangé, orné d'un quadrillage brun-noir, avec aux ailes postérieures une série de points noirs dans les taches fauves submarginales, qui permettent de reconnaître l'espèce. Le revers de l'aile postérieure présente une alternance de bandes transversales blanc-crème et orangées, délimitées par de fines lignes brunes.

Chenille[modifier | modifier le code]

La chenille est principalement noire, avec des épines noires, des rangées transversales de points blancs, et la tête et les pattes rouge foncé[5].

Biologie[modifier | modifier le code]

Accouplement (femelle en haut).
Deux papillons presque identiques se tiennent par les pattes à une tige verticale, restant en contact avec leurs ailes
Autre accouplement (femelle en haut), en Allemagne.

Phénologie[modifier | modifier le code]

En fonction des régions, Melitaea cinxia produit soit une génération entre fin avril et fin juin, soit deux générations en mai-juin puis août-septembre[6].

L'espèce hiverne au stade de jeune chenille, dans une toile de soie.

Plantes hôtes[modifier | modifier le code]

Les plantes hôtes de la chenille sont nombreuses et varient en fonction des régions, avec notamment en Europe des Plantago, dont Plantago argentea, P. amplexicaulis, P. lanceolata, P. major, P. media et P. subutata, mais aussi Veronica spicata, Veronica teucrium et diverses Centaurea, et en Afrique du Nord Centaurea pullata et Scorzonera pygmaea[4],[6].

Distribution et biotopes[modifier | modifier le code]

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

Melitaea cinxia est largement répandue dans l'écozone paléarctique. Elle est présente en Afrique du Nord, dans presque toute l'Europe, au Moyen-Orient, et à travers l'Asie tempérée jusqu'en Extrême-Orient russe[4].

En Afrique du Nord, elle est présente dans deux isolats, un au Maroc et un frontalier entre le Maroc et l'Algérie[réf. souhaitée]. En Europe, elle est répandue sur une grande partie du continent, mais est absente du Nord de la Grande-Bretagne (sauf l'Île de Wight), de l'Irlande et du Nord de la Scandinavie. En France métropolitaine, elle est présente dans presque tous les départements continentaux, mais est absente de Corse[7].

Biotope[modifier | modifier le code]

L'espèce se rencontre dans les prairies fleuries, jusqu’à plus de 2 500 m d'altitude.

Pressions, menaces pour les populations[modifier | modifier le code]

Cette espèce, comme presque tous les papillons est en régression en Europe, probablement en raison de l'utilisation généralisée d'insecticides qui contaminent l'eau, l'air et les sols, mais aussi et notamment en raison de la fragmentation écologique de ses milieux.

La génétique des populations de Melitaea cinxia a été étudiée chez des populations reproductrices dans environ 4 000 prés secs des îles Åland, en Finlande. Les résultats ont montré[8] que ces populations subsistent dans un équilibre extinctions-recolonisations, avec environ seulement 500 habitats occupés chaque année (1/8e). Les variations induites par certaines modifications génétiques montrent[9],[10] que la configuration écopaysagère influence la diversité génétique et les chances de survie.
Sur des milieux comparables mais fragmentés, l’endogamie induit des difficultés de vol, de métabolisme et/ou de ponte (oviposition) qui ne semblent pas être attribuables à d'autres facteurs que la fragmentation du milieu[11]:

Systématique[modifier | modifier le code]

L'espèce actuellement appelée Melitaea cinxia a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758, sous le nom initial de Papilio cinxia[12].

On recense entre autres les synonymes suivants[4] :

  • Papilio pilodellae Rottemburg, 1775
  • Papilio delia [Denis & Schiffermüller], 1775
  • Papilio abacus Retzius, 1783
  • Papilio trivia Schrank, 1801
  • Argynne phoebe Godart, 1821

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

De nombreuses sous-espèces ont été décrites[4] :

  • Melitaea cinxia cinxia (Linnaeus, 1758)
  • Melitaea cinxia amardea Grum-Grshimailo, 1895
  • Melitaea cinxia heynei Rühl, 1895
  • Melitaea cinxia clarissa Staudinger, 1901
  • Melitaea cinxia diniensis Wheeler, 1903
  • Melitaea cinxia tschujaca Seitz, 1909
  • Melitaea cinxia sacaria Fruhstorfer, 1917
  • Melitaea cinxia terracina Fruhstorfer, 1917
  • Melitaea cinxia phaira Fruhstorfer, 1918
  • Melitaea cinxia gergovia Fruhstorfer, 1918
  • Melitaea cinxia ocelliformis Reuss, 1921
  • Melitaea cinxia subtusmarcata Reuss, 1921
  • Melitaea cinxia transversa Reuss, 1921
  • Melitaea cinxia atlantis Le Cerf, 1923
  • Melitaea cinxia bifasciata Hartig, 1924
  • Melitaea cinxia impunctata Osthelder, 1925
  • Melitaea cinxia pseudoclarisa de Sagarra, 1930
  • Melitaea cinxia karavajevi Obraztsov, 1936
  • Melitaea cinxia eridanea Rocci, 1940
  • Melitaea cinxia balcanensis Eisner, 1942
  • Melitaea cinxia pyrenemontana Rütimeyer, 1942
  • Melitaea cinxia austrobscura Verity, 1950
  • Melitaea cinxia burri de Lattin, 1950
  • Melitaea cinxia winbladi Bryk, 1950
  • Melitaea cinxia semijubilaris Langer, 1956
  • Melitaea cinxia oasis Huang & Murayama, 1992
  • Melitaea cinxia aversa Churkin & Kolesnichenko, 2002
  • Melitaea cinxia mogoin Churkin & Kolesnichenko, 2005

Protection[modifier | modifier le code]

En France, la Mélitée orangée est protégée dans la région Île-de-France par l'arrêté du relatif à la liste des insectes protégés en région Île-de-France complétant la liste nationale[13],[14].

Philatélie[modifier | modifier le code]

Ce papillon figure sur un timbre-poste de l'île de Jersey de 1991 (valeur faciale : 15 p.).

Références[modifier | modifier le code]

  1. INPN, consulté le 12 juillet 2020
  2. (en) UK Butterflies.
  3. (de) Lepiforum.
  4. a b c d et e FUNET Tree of Life, consulté le 12 juillet 2020
  5. Papillons de Poitou-Charentes.
  6. a et b Tom Tolman, Richard Lewington, Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé, (ISBN 978-2-603-01649-7)
  7. Lépi'Net.
  8. Ilkka Hanski et Ilik Saccheri, « Molecular-Level Variation Affects Population Growth in a Butterfly Metapopulation », PLoS Biology, vol. 4, no (5): e129,‎ (lire en ligne)
  9. Hanski I (1999) Metapopulation ecology. New York: Oxford University Press. 313 p.
  10. Nieminen M, Siljander M, Hanski I (2004) Structure and dynamics of Melitaea cinxia metapopulations. In: Ehrlich PR, Hanski I, editors. On the wings of Checkerspots: A model system for population biology. New York: Oxford University Press. p. 63–91.
  11. Hanski, T Pakkala, M Kuussaari, « Metapopulation persistence of an endangered butterfly in a fragmented landscape », Oikos, vol. 72, no 1,‎ , p. 21-28 (DOI 10.2307/3546033, lire en ligne [PDF])
  12. (la) Linnaeus, C. (1758). Systema naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio Decima, Reformata. Tomus I. Laurentii Salvii, Stockholm. 824 pp. page 480.
  13. Légifrance.
  14. INPN — Statuts.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tom Tolman, Richard Lewington, Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé, (ISBN 978-2-603-01649-7).