Plantago

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Plantago est un genre de plantes herbacées de la famille des Plantaginaceae, celle des plantains véritables, qui comprend quelque 200 espèces.

On trouve les plantains tout autour du monde, dans de très nombreux habitats différents, humides et secs, alpins et côtiers, et y compris au sein des villes et le long des routes.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de genre Plantago vient du latin planta, « plante des pieds » et ago « je pousse », en raison de la forme des feuilles de certaines espèces qui évoquent la plante des pieds[1].

Description[modifier | modifier le code]

Ce sont des petites plantes herbacées discrètes, dont la plupart sont piétinables : sur un sentier non endurci, elles développent leur croissance vers le milieu au détriment des autres plantes et herbes qui finissent par succomber au piétinement. Cette résistance au piétinement est surtout due à leurs feuilles.

La plupart des espèces d'Europe occidentale ont des feuilles étroites disposées en rosette, avec 3 à 5 nervures parallèles qui divergent sur la partie large de la feuille et qui sont en surépaisseurs sur le dessous de la feuille, ce qui permet de les distinguer des gentianes jaune ou du vérâtre.

Les inflorescences (épis) se trouvent à l'extrémité de longues tiges de 5 à 40 cm. Les fleurs à pollinisation anémophile donnent naissance à des milliers de graines minuscules.

Écologie[modifier | modifier le code]

Grand plantain

Les plantains sont utilisés comme aliment par les larves de quelques espèces de lépidoptères (papillons).

En raison de leurs rosettes de feuilles épaisses, élastiques, fibreuses, plaquées au sol, certains plantains (Plantago major, Plantago coronopus) résistent bien aux effets destructeurs du piétinement et au compactage du sol[2].

Classification[modifier | modifier le code]

Ce genre a été décrit pour la première fois en 1753 par le naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778).

C'est au sous-genre Plantago (Psyllium) qu'appartiennent Plantago ovata Forssk., le plantain blond ou plantain des Indes, et Plantago psyllium L. (ou Plantago afra L.) appelé aussi plantain pucier ou plantain de Provence. Mais aujourd'hui, on utilise généralement pour ces deux espèces le terme générique psyllium ; psylliium blond pour le premier, aux graines claires, et psyllium brun pour le second, aux graines noirâtres (le mot psyllium vient du latin psylla qui signifie puce - psyllos en grec - du fait de la ressemblance des graines avec cet insecte)

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • Bougeria Decne.[3]
  • Littorella P. J. Bergius[3]
  • Psyllium Mill.[3]

Liste d'espèces[modifier | modifier le code]

Selon GRIN (22 septembre 2016)[3] :

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Selon Tropicos (22 septembre 2016)[4] (Attention liste brute contenant possiblement des synonymes) :

Usages[modifier | modifier le code]

Alimentaire[modifier | modifier le code]

Une dizaine d'espèces ont des feuilles d'assez grande taille et relativement tendres pour être consommées (P. alpina, P. coronopus, P. lanceolata, P. media, P. major). Jeunes, elles peuvent se manger crues, dans les salades, et ont un goût d'abord amer puis qui ressemble à celui d'un champignon, le bolet. Les feuilles plus âgées, notamment celles à l'extérieur de la rosette, sont meilleures cuites, en particulier dans les soupes ou les risottos, quoique l'on puisse en faire des pestos. Les fleurs non écloses peuvent être préparées comme des câpres. Les graines séchées peuvent servir à parsemer un jus ou une soupe[5].

Phamacopée[modifier | modifier le code]

Composant actifs[modifier | modifier le code]

Les plantains possèdent de nombreux composés chimiques utiles. Les espèces les mieux connues sont Plantago Major et Plantago Lanceolata. Il possèdent des polysaccharides (dont de l'arabinogalactane), des mucilages, des iridoïdes, des phényléthanoïdes, des flavonoïdes (dont de l'apigénine), des tanins, et des acides phénols[6].

Composition chimique[7]
Composé  % de composé actif Remarques
Phényléthanoïdes 1.5 % dans les feuilles exprimés par la pharmacopée européenne en actéosides
Iridoïdes 2-3 % dans les feuilles dont de l'aucuboside, du catalpol, de l'aspéruloside et globularine
mucilages 2-6.5 % hydrolysés en acide galacturonique, en galactose et en arabinose

Usages traditionnels[modifier | modifier le code]

Dans les campagnes, on utilisait du plantain pour calmer le mal de dents en plaçant dans le conduit de l'oreille un tampon de racine de plantain râpé. La plante entière est utilisée soit dans l'alimentation, soit en diététique ou en thérapeutique (cataplasme, crème, macérat huileux) notamment contre les inflammations de la peau ou des muqueuses. Les feuilles jeunes peuvent être consommées en salade ou en légume. Le suc frais extrait des feuilles (au printemps, à la floraison) sert à diverses préparations, notamment des collyres (sous forme d'hydrolat). On récolte (toute l'année) les racines du plantain que l'on broie pour préparer des cataplasmes anti-infectieux. Le plantain est également un excellent calmant contre les piqûres d'insectes. Il faut couper une feuille et la rouler entre les doigts (comme on le fait avec la mie de pain) ou la mâcher jusqu'à extraire le jus. Ce jus passé sur les piqûres (d'insectes ou d'ortie) a un pouvoir apaisant très rapide. De plus l'application sur les piqûres d'orties soulage et guérit rapidement[6].

Usages pharmacologiques[modifier | modifier le code]

Les plantains sont reconnus pour être anti-inflammatoires (grâce notamment à l'apigénine), antitussifs et mucolytiques. La plante est donc intéressante pour les inflammations des voies aériennes. Elle a également un bon pouvoir anti-bactérien et elle est immuno-modulante (grâce aux polysaccharides)[6].

Plantago ovata est aujourd'hui utilisé pour les propriétés mucilagineuses du tégument de ses graines, qui présente un grand intérêt dans de nombreuses pathologies intestinales. On le retrouve dans la composition de plusieurs préparations pharmaceutiques, comme Metamucil ou Spagulax, mais il est de plus en plus vendu sous sa forme naturelle en magasins diététiques. Le mucilage gonfle au contact de l'eau et donne une consistance idéale aux selles. C'est un laxatif de lest - il n'est pas absorbé par l'organisme et ne présente donc aucun intérêt nutritionnel. De nombreux travaux scientifiques ont aussi démontré qu'il améliore le taux de cholestérol, ce qui a conduit la FDA (l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) à autoriser les fabricants de céréales pour le petit-déjeuner à mentionner cette allégation de santé sur leurs emballages[8].

Allergie[modifier | modifier le code]

  • Le pollen du plantain fait partie des pollens allergisants[9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Morel, Traité pratique de phytothérapie : Remèdes d'hier pour médecine de demain, Grancher, (ISBN 978-2-7339-10-436)
  • Jacques Fleurentin, Du bon usage des plantes qui soignent, Ouest-France, (ISBN 978-2-7373-6841-7)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Couplan, Les plantes et leurs noms : Histoires insolite, Éditions Quae, (lire en ligne), p. 100
  2. Gérard Guillot, Guide des plantes des villes et villages, Humensis, (lire en ligne), p. 46-48.
  3. a, b, c et d GRIN, consulté le 22 septembre 2016
  4. Tropicos, consulté le 22 septembre 2016
  5. François Couplan, Le régal végétal : plantes sauvages comestibles, Editions Ellebore, , p. 351-352
  6. a, b et c Morel 2008, p. 287.
  7. Fleurentin 2016, p. 347.
  8. http://edition.cnn.com/HEALTH/9802/18/cereal.heart/
  9. http://www.pollens.fr/le-reseau/les-pollens.php

Liens externes[modifier | modifier le code]

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