Lutte contre la rareté

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Selon le Pr Raymond Barre [1] « l'activité humaine présente un aspect économique lorsqu'il y a "lutte contre la rareté"  ».

Besoins nombreux et illimités[modifier | modifier le code]

Les besoins économiques des hommes [2] s'expriment sous la forme du désir de disposer de moyens :

  • capables de prévenir ou de faire cesser des sensations de peine ou d'insatisfaction ;
  • aptes à provoquer ou à accroitre des sensations agréables.

Ces besoins économiques varient d'un homme à l'autre et dépendent en amont de causes plus fondamentales :

  • causes physiologiques ;
  • causes sociologiques ou psychologiques ;
  • causes morales.

Ces besoins sont nombreux et illimités : « ils s'accroissent et se diversifient sans cesse, parce que l'homme est infini dans ses vœux, découvre sans cesse de nouveaux objectifs et moyens, que la découverte de la Nature et la vie de ses semblables lui offre des motifs d'imitation et d'émulation toujours renouvelés » [2].

Confrontation avec la rareté : le choix économique[modifier | modifier le code]

Les ressources que l'homme utilise pour satisfaire ses besoins sont parfois limitées, parce que rares. Soit parce que les ressources sont insuffisantes à un moment donné, soit parce qu'elles sont mal réparties dans l'espace .
Et quand bien même il vivrait au Pays de Cocagne, l'homme serait encore limité par le temps, sans doute le plus rare de tous les biens.

Faute de disposer de tout à la fois et/ou de tout faire en même temps, l'Homme est conduit à « faire des choix ».

  • atteindre un objectif implique d'abandonner d'autres fins
  • employer des moyens et un temps rare sous-entend une sélection dans une palette limitée de ressources rares.[Quoi ?]

La notion de choix est équivalente à celle de sacrifice, mesuré par la valeur d'un coût d'opportunité. Comme le dit l'économiste Wilhelm Röpke, « Qui penserait que l'économie humaine ne soit qu'une chaine sans fin de variations fort compliquées sur un thème finalement fort simple ? (...) Toute notre vie se compose d'une masse de décisions semblables qui servent à équilibrer les moyens et les besoins... C'est en partant de ce point de vue que nous employons notre revenu, que nous dirigeons nos affaires, que nous organisons la production, que nous répartissons notre temps entre le travail et le loisir, le sommeil et la veille »[3].

Processus de lutte contre la rareté[modifier | modifier le code]

Il peut s'énoncer comme suit[4] : « Les sujets économiques, ressentant des besoins, cherchent à améliorer leur condition en procédant à des actes de production et d'échange portant sur des biens et des services et en particulier de ceux destinés à leur consommation finale ».

  • L'analyse économique des besoins repose sur la loi d'intensité décroissante (dite aussi loi de saturation des besoins)
  • Les actes de production (activités de production et de transport) consistent à combiner les facteurs naturels et l'outillage technique avec du travail pour obtenir des biens et services propres à la consommation.
  • Les actes d'échange dont la complexité dépend de la répartition géographique et du degré de spécialisation des activités économiques.
  • La consommation qui accomplit la satisfaction des besoins.

Impact sur la définition de la science économique[modifier | modifier le code]

Selon Raymond Barre, la définition de la Science économique comme étant « la Science de l'administration des ressources rares » appelle les observations suivantes :

  • La science économique étudie «toutes» les formes du comportement humain dans la lutte contre la rareté.
  • Elle ne saurait être réduite à l'étude de l'échange « pur et onéreux ».
  • Elle concerne aussi l'usage de la contrainte publique (exercée par l'État) ou privée (exercée par des agents économiques puissants ou des groupes)
  • Elle concerne également le recours aux transferts sans contrepartie et aux dons de produits ou de monnaie (par ex : les prestations sociales)
  • Lutte contre la rareté pointe le fait qu'il peut y avoir comme le dit François Perroux des « associations », des « coopérations », mais aussi des « luttes-concours », voire des « conflits » : les modes d'ajustement sont nombreux, par lesquels les sujets économiques cherchent à satisfaire leurs besoins, tout en modifiant leurs propres préférences ou pratiques en s'efforçant d'influencer celles des autres.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Économie Politique, Tome I , PUF Thémis Paris 1963
  2. a et b Barre, op cit
  3. W. Röpke, Explication économique du monde moderne, p.45
  4. Barre, Op cit, Page 7