Louis Demougeot

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Louis Marie Jean Raymond Arthudor Demougeot
Naissance
Vadenay, Marne
Décès (à 51 ans)
Saint-Gervais-les-Bains, Haute-Savoie
Origine Drapeau de la France France
Arme Roundel of the French Fleet Air Arm.svg Aéronautique navale
Années de service 1914-1941
Conflits Première Guerre mondiale
Autres fonctions pilote d'essai

Louis Demougeot, né le à Vadenay dans la Marne[1], et mort le à Saint-Gervais-les-Bains, Haute-Savoie[2], était un marin et aviateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1914, à vingt ans, Louis Demougeot entre dans la Marine nationale française quelques mois avant le début de la Première Guerre mondiale[1], et devient élève de l’École navale le [2]. Il embarque le [2] sur le cuirassé France en mer Adriatique puis sur des torpilleurs à Brest[1]. Il embarque sur le Waldeck-Rousseau le [2], puis sur les torpilleurs Dehorter et Hallebarde. Il participe à diverses opérations navales, comprenant le torpillage de 3 cargos ou paquebots escortés. Il est nommé enseigne de vaisseau de 2e classe le à Toulon[1].

En septembre 1917, Louis Demougeot quitte le service à la mer pour l’aéronautique. Il est affecté à l’école des dirigeables de la Marine à Saint-Cyr en octobre 1917[2]. Il est promu enseigne de vaisseau de 1re classe le . En 1918, il est commandant en second à bord du dirigeable Tunisie, au centre d’aérostats de Sidi-Ahmed, Tunisie. Il exécute de nombreuses patrouilles en mer. Au cours d’une d’entre elles, il poursuit pendant 24 heures un sous-marin ennemi, qui est comptabilisé comme détruit[1].

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

En 1919 Louis Demougeot est au centre d’essai des dirigeables à Issy-les-Moulineaux (actuels Hauts-de-Seine). Le il est affecté au centre aéronautique de Rochefort (Charente-Maritime), aux services aériens du 4e arrondissement maritime[1]. Il est promu lieutenant de vaisseau le [2]. En 1921, il commande un dirigeable d'instruction. En 1922, à bord d’un dirigeable Zodiac, il effectue une traversée du sud de la France, de Rochefort à Cuers (Var), mais devant le danger d’orage, il doit faire escale dans la cour de la caserne de Périgueux (Dordogne). Il procède aux essais d’amerrissage en vitesse de dirigeable avec le Z D 3 muni, sous la nacelle, de flotteurs de bout d’aile d’hydravion. Il procède, pour la Marine impériale japonaise, aux essais d’un dirigeable Astra-Torres armé d’un canon de 75 mm. En 1923, il est commandant en second du centre de Karouba (Tunisie), puis de celui de Baraki (Algérie)[1],[2].

En janvier 1924, Louis Demougeot est envoyé à l’école des pilotes d’avion de la Marine. Il obtient en 1924 les brevets de pilote d’avion et d’hydravion à Berre-l'Étang et à Istres (Bouches-du-Rhône), puis vole longtemps à Saint-Raphaël (Var). De mars 1925 à octobre 1926, il est chef d’escadrille du Centre d'Expérimentations Pratiques de l'Aéronautique (CEPA) à Saint-Raphaël[2]. Il est spécialement chargé des essais des appareils terrestres et des hydravions monoplaces. Il procède à de nombreux lancements de torpilles, bombardements en piqué, essais de prototypes et amerrissages. Il essaie aussi l’hélicoptère Pescara 3F, et achève ainsi d’avoir piloté la totalité des types d’aéronefs existants : ballon libre, dirigeable, avion, hydravion, hélicoptère[1].

Le à Brest, Louis Demougeot effectue le premier catapultage en France d’un hydravion avec pilote à bord[2],[3]. L’appareil est un FBA 17 HL (Hydravion de Liaison) 1. Un premier essai réussi, sans pilote, a eu lieu le  : l’appareil a volé 300 mètres puis, le moteur se coupant automatiquement au bout de 12 secondes, s’est posé en douceur. L’essai, effectué devant de nombreuses autorités, est une réussite, et Demougeot reçoit un témoignage officiel de satisfaction daté du , publié au Journal officiel du [4].

Le , Louis Demougeot bat le record d’altitude en hydravion, en décollant de Sartrouville[2],[5] et montant à 9 290 mètres sur un Loire-Gourdou-Leseurre à moteur Bristol Jupiter de 600 ch[1].

Le , au cours de son premier voyage entre Le Havre et New York, le paquebot "Ile-de-France" lance par catapulte un hydravion Lioré et Olivier LeO H-198[2] à moteur de 420 ch transportant le courrier rédigé par les passagers. Le but était de permettre un gain de 24 heures[2] sur le trajet maritime restant à parcourir, afin que la lettre puisse profiter de la première distribution du matin, aussi bien à New York qu'à Paris. Les lettres sont revêtues du cachet privé "Première liaison postale aérienne transatlantique par hydravion de l'Ile-de-France". Le pilote est le lieutenant de vaisseau Demougeot. La même opération est effectuée au retour en France. L’hydravion est catapulté près des Îles Scilly, à 350 kilomètres de la côte ouest de l’Angleterre, se pose à Cherbourg pour refaire le plein d’essence, et repart pour Le Bourget livrer le courrier, qui est distribué un jour avant l’arrivée du paquebot au Havre[6].

Ce service postal particulier n’est pas dénué de danger : lors d’un second voyage, le , l’hydravion est catapulté près des îles Scilly mais disparaît sans laisser de traces. Le lendemain, on apprend qu’il est tombé en panne, a amerri près du phare de Bishop Rock et a été secouru par un bateau de pêche, qui l’a pris en remorque jusqu’à la côte[7].

Même à terre, Louis Demougeot suscite l’inquiétude de ses admirateurs : le , en se rendant en voiture à Orly, il percute un camion et est blessé au visage, commotionné et hospitalisé[8]. Mais ses blessures ne sont pas graves et il peut reprendre son service.

Le à Saint-Raphaël, faisant équipe avec le pilote d'essai Jean Gonord sur hydravion Latécoère, Louis Demougeot bat deux records du monde :

  • vitesse sur 2 000 kilomètres avec 2 000 kg de charge, à 165 km/h de moyenne. Le précédent record était de 130,427 km/h.
  • distance, avec 2 200 km. Le précédent record était de 2 160 km[9].

Après ce nouvel exploit, Louis Demougeot est fait Officier de la Légion d'honneur le . Il est inscrit au tableau d'avancement de capitaine de corvette pour prendre rang au . Il est promu capitaine de frégate à compter du [2]. Le il est nommé commandant en second du croiseur La Galissonnière[4].

Il passe dans la réserve le , à 47 ans. Il décède le à Saint-Gervais-les-Bains, Haute-Savoie, et est inhumé dans le cimetière de Bourg-Madame, Pyrénées-Orientales[2].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h et i Georges Blanchet, « Louis Demougeot », L'Aérophile,‎ (lire en ligne).
  2. a b c d e f g h i j k l m et n (Catillon 2004, p. 66)
  3. V. Boisseau, « Une sensationnelle expérience à Brest. Un hydravion est lancé par une catapulte », Ouest-France,‎
  4. a et b « Officiers et anciens élèves - Louis Marie Jean Raymond Arthudor DEMOUGEOT (1894 - 1946) », sur Ecole navale, espace traditions (consulté le 28 novembre 2017).
  5. « Un officier de marine français s’adjuge le record de hauteur en hydravion », Ouest-France,‎ .
  6. « L’avion facteur. L’avion postal amphibie de l’Ile-de-France réalise son premier voyage. Le courrier est arrivé à Paris 24 heures plus tôt », Ouest-France,‎ .
  7. « L’hydravion de l’ « Ile-de-France » reste en panne au large. Il est recueilli ainsi que ses passagers », Ouest-France,‎ .
  8. « Le lieutenant Demougeot est victime d’un accident d’auto », Ouest-France,‎ .
  9. « Demougeot bat deux records », Ouest-France,‎ .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Louis Demougeot (1894-1946) », Pionniers. Revue aéronautique, Vieilles Tiges, no 154,‎ .
  • Marcel Catillon, Qui était qui ? : Mémorial de l'aéronautique tome 2, Nouvelles Editions Latines, , 220 p. (ISBN 978-2-7233-2053-5), p. 66.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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