Mutien Marie Wiaux

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Mutien Marie
Image illustrative de l’article Mutien Marie Wiaux
Saint, frère, éducateur chrétien
Naissance
Mellet, Belgique
Décès   (à 76 ans)
Malonne, Belgique
Nom de naissance Louis Joseph Wiaux
Nationalité Drapeau : Belgique Belge
Ordre religieux Frères des Écoles Chrétiennes
Vénéré à Malonne
Béatification  Rome
par Paul VI
Canonisation  Rome
par Jean-Paul II
Vénéré par l’Église catholique
Fête 30 janvier

Saint Mutien-Marie, né Louis-Joseph Wiaux à Mellet (Belgique) le et décédé à Malonne (Belgique) le , est un religieux enseignant belge frère des Écoles Chrétiennes et reconnu saint par l'Église catholique[1]. Il est commémoré le 30 janvier selon le Martyrologe romain[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis-Joseph Wiaux naît le à Mellet dans une famille profondément chrétienne. Il est baptisé le jour même. Après ses études primaires, il travaille à l'atelier de son père, forgeron, mais à 15 ans, il préfère entrer au noviciat des Frères des Écoles Chrétiennes en avril 1856. Il enseigne d'abord à Chimay avant d'aller pendant un an à Bruxelles et en 1859, il est transféré au collège de Malonne (Saint-Berthuin) où il passera le reste de sa vie.

Toutefois, il est peu doué pour l'enseignement et reste confiné pendant plus de cinquante ans à des emplois subalternes qu'il accepte avec joie et humilité : surveillances et cours élémentaires de dessin et musique. Sa préférence va aux cours de catéchisme qu'il donne aux enfants. Ses élèves le surnomment Le frère qui prie toujours.

Institut Saint-Berthuin à Malonne

Le matin du , il meurt en disant : « Qu'on est heureux quand on est, comme moi, sur le bord de la tombe, d'avoir toujours eu une grande dévotion à la Très Sainte Vierge ! »

Le , le frère Mutien-Marie est d'abord enterré au cimetière communal de Malonne, dans le caveau des Frères des Écoles Chrétiennes. Mais très vite, de nombreux pèlerins se rendent sur sa tombe et, le , sa dépouille est transférée au pied de la tour de l'église.

On y vient l'implorer pour obtenir des faveurs, perpétuant ainsi l'habitude qui consistait, de son vivant, à lui demander de prier pour les gens. De nombreux témoignages affluent, attestant notamment de guérisons. Bientôt, les lieux n'offrent plus suffisamment de sécurité aux pèlerins et leur déplacement dans un espace plus adapté est envisagé…

Depuis 1980, ses reliques reposent sous une dalle de marbre blanc, dans une chapelle neuve, accompagnée d'un musée où sont recueillis les souvenirs le concernant, formant le Sanctuaire Frère Mutien-Marie.

Béatification - canonisation[modifier | modifier le code]

L'église de son village natal, Mellet, est actuellement dédiée aux saints Martin et Mutien Marie.

Béatifié le par le pape Paul VI, il est canonisé le par le pape Jean-Paul II qui le présente comme un exemple de vie de prière et d'humilité au quotidien. Bien que liturgiquement commémoré le [2], au sanctuaire de Malonne, on préfère le fêter le samedi le plus proche du , jour où il y est arrivé en 1859. En 2017, on a donc célébré à la fois le centenaire de sa mort et le 40e anniversaire de sa béatification, tandis que 2019, à vue le 30e anniversaire de sa canonisation.

Le sanctuaire de Malonne[modifier | modifier le code]

Ce sont les Frères de l'institut Saint-Berthuin (une école) qui gardent les lieux. Une visite libre ou guidée du musée est possible ; on peut y voir un audiovisuel consacré à la vie du saint. A la sortie du musée, jouxtant le parking, un lieu accueille en permanence des bougies votives qui flamboient autour d'une statue représentant le Frère en prière : une longue tradition, originale, mais qui en rappellera d'autres semblables, permet au pèlerin d'en toucher le front ou d'y frotter un objet comme un mouchoir, un morceau de papier, un bout de tissu, etc. ce qui entraîne une spectaculaire patine du bronze ! Cette pratique du toucher et de l'imprégnation s'étend à l'effigie placée sur son tombeau.

Une autre pratique consiste à emporter une relique du saint Frère sous la forme d'une minuscule parcelle de bois provenant du cercueil où il a reposé avant d'être finalement transféré dans un sarcophage. Ces éclats de bois sont placés sous une pellicule transparente apposée à la plupart des objets de piété qu'on peut acquérir à Malonne dans le discret magasin installé sur le site du sanctuaire. On les donne aux malades, on les dépose sous un oreiller, on les porte sur soi, etc.[3]

La chapelle, entièrement habillée de verre, le musée, le lieu de dévotion et le magasin sont regroupés dans un ensemble épuré, coloré et très lumineux autour d'une pièce d'eau centrale formant patio. Judicieusement isolés de la route voisine, les lieux inspirent immédiatement la sérénité. L'accueil des personnes à mobilité réduite n'y pose aucun problème grâce au parking et à l'absence de marches. Au-delà du sanctuaire, les plus valides pourront emprunter un escalier et un chemin pentu dans une courte promenade vers la grotte dédiée à Notre-Dame de Lourdes devant laquelle le saint aimait prier ; l'architecture de cette grotte est visiblement inspirée par le site de Massabielle[4].

Avant de grimper les marches ou bien au retour, ils pourront aussi se diriger vers la rue, passer devant l'abbatiale et atteindre, un peu plus loin, la cour d'honneur de l'ancienne abbaye, un remarquable ensemble datant du 18e siècle délicatement restauré et qui a été classé monument en 2017 par le ministre wallon du Patrimoine (M. Prévot)[5].

La réputation du saint Frère Mutien s'étend bien au-delà des frontières belges : "Afin de fournir un aperçu de la fréquentation du musée, depuis quelques années, nous prenons note des étrangers qui sollicitent une visite guidée. Nous avons pu répertorier des personnes qui proviennent de 78 pays : 24 d'Europe, 26 d'Afrique, 16 d'Amérique, 10 d'Asie et 2 d'Océanie. Il y en a de toutes les régions de France et d'Italie. Au mois d'avril, nous recevions un car de Philippins. Parmi les derniers pays inscrits, nous avons noté cette année : la Namibie, le San Salvador et la Turquie[6]." En dehors de la dévotion, le site attire également les simples curieux et les touristes : un site touristique international commente ainsi la visite du musée : "Nous avons apprécié la visite (...), véritable témoignage d'une vie sainte et religieuse, et humble hommage à un grand homme[7]." Le , la poste belge a édité un timbre portant l'effigie du Frère[8]. Et, depuis le , parmi les bannières des saints ornant la basilique St-Pie X à Lourdes[8], on trouve "Le Frère Mutien" [9]...

Citation[modifier | modifier le code]

Du frère Mutien-Marie :

« J'ai demandé à la Bonne Mère de m'accorder sa présence et de m'accompagner partout et toujours, de sorte que je me sente toujours à ses côtés, et Elle m'a fait cette grâce »

Sources[modifier | modifier le code]

  • Osservatore Romano : 1989 n.51
  • Documentation Catholique : 1977 p.954 - 1990 p.59-60

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site officiel du Vatican
  2. a et b « Saint Mutien Marie Wiaux », sur nominis.cef.fr (consulté le 2 février 2021)
  3. La première des pratiques évoquée ici est signalée notamment par Olivier Schmitz dans : "Soigner par l'Invisible, Enquête sur les guérisseurs aujourd'hui", Editions Imago, 2006 (Sur base de sa thèse de doctorat de 2003 récompensée par le prix Amades). De manière générale, à propos des pratiques dévotionnelles associées au culte du Frère Mutien-Marie, on lira avec intérêt les milliers de témoignages disséminés dans les ouvrages qui lui sont consacrés et également dans la revue trimestrielle "Les Amis du Frère Mutien" publiée depuis 1981 (Fond de Malonne, 117, 5020 Malonne).
  4. « Lire : "La grotte à Notre Dame de Lourdes à Malonne" », dans : "Les Amis du Frère Mutien", n°149, Malonne, 2018,‎ octobre, novembre, décembre 2018, p. 45 à 47
  5. « L'ancienne abbaye de Malonne est classée », sur Cathobel,
  6. Extrait de "Les Amis du Frère Mutien", n°149, Malonne, 2018
  7. « Le Musée du Frère Mutien Marie », sur duvoyage.com
  8. a et b Brochure "450 ans du Diocèse de Namur" consacrée au saint. Brochure éditée en collaboration avec les Frères des Ecoles Chrétiennes et le Comité du 450e, introduite par un message de André-Mutien Léonard, à l'époque Evêque de Namur (15 décembre 2009) - Se renseigner au magasin du sanctuaire.
  9. Cette appellation concise qui désigne "Le Saint Frère Mutien-Marie" est fréquemment utilisée par la population locale et dans de nombreux écrits.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frère Mélage, Le Bienheureux Frère Mutien-Marie, Par la voie étroite, La Procure, Namur, 1927.
  • Anonyme, L' Apôtre de l'Ave Maria - Vie Intime Du Serviteur De Dieu Frère Mutien Marie, Imprimerie Duculot-Roulin, Tamines, 1929.
  • Alphonse M. Hermans FSC, Le Frère Mutien-Marie 1841-1917, Éditions de la Cause du Frère Mutien, Malonne, 1982, 177pp.
  • Henri Smullenberg, Frère Mutien-Marie, Éditions L'Inconnu, 1986.
  • Frère Jean Huscenot, La Sainteté par l'école. Sept Religieux-Éducateurs Lasalliens, Éditions Guéniot, Langres, 1989.
  • Xavier Lecœur, « Saint Mutien-Marie Wiaux, la grandeur de l'humilité », La Croix, 25-, p. 16.

Liens externes[modifier | modifier le code]