Louis-Joseph Doucet

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Louis-Joseph Doucet
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité

Louis-Joseph Doucet (1874-1959) fut désigné « Prince des poètes » du Québec en 1924. Il a bien connu Émile Nelligan (1879-1941), notamment au sein de l’École littéraire de Montréal (1895-1935) dont les membres se réunissaient au Château Ramezay.

Louis-Joseph Doucet a fait ses études classiques au Collège de Joliette de 1894 à 1901. En 1902, à l'âge de 28 ans, il est admis au sein de la célèbre École littéraire de Montréal dont les 30 membres doivent avoir démontré leur talent et leur notoriété à leurs collègues.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis-Joseph Doucet est né à Lanoraie (Québec) le 30 octobre 1874 et mourut à Montréal (Québec) le 15 avril 1959. Il est le fils de Louis Doucet, cultivateur, et de Félonise Harnois. Louis-Joseph Doucet épousa en 1906 Yvonne Yon, fille de Joseph-Georges Yon (1857-1945) et de Rosa Lasnier. Le couple a eu cinq enfants : Laurette-Isabelle (1907-1993), Georges-Étienne (1911-1935), Desneiges-Jeanne-Estelle (1913-1914), Cécile-Jeanne-Estelle (1916-1921) et Bernadette-Angéline (1921- ?). Yvonne Yon Doucet fut membre de la Société généalogique canadienne-française. Elle a également administré le magasin de musique de son père (Magasin J.G. Yon), acquis par Louis-Joseph Doucet en 1921. Elle meurt en 1967. Le seul fils de Louis-Joseph Doucet, Georges-Étienne, s’est noyé tragiquement à Lanoraie à l’âge de vingt-trois ans.

Louis-Joseph Doucet rendit visite à Émile Nelligan pendant de nombreuses années (1899-1925) à la Retraite Saint-Benoît, un asile tenu par les Frères de la Charité dans l'est de l'île de Montréal, puis à l'asile de Saint-Jean-de-Dieu (1925-1941). Émile Nelligan avait été interné avant ses vingt ans à la demande de son père anglophone, David Nelligan, qui n'acceptait pas que son fils poète ne veuille pas devenir comptable et qu’il refuse, à partir de l'âge de quinze ans, de parler anglais dans la résidence familiale (sa mère était francophone). Louis-Joseph Doucet raconta à sa sœur Éva Doucet qu’Émile Nelligan avait encore, malgré son indicible internement, de magnifiques moments de poétique lucidité. Un jour, au retour d’une de ces visites, Louis-Joseph, particulièrement ému, relata à Éva qu’Émile Nelligan lui avait déclamé de mémoire et avec une grande intensité Le Vaisseau d’or mais que son esprit s’était échappé au moment où il aborda la dernière strophe (« Hélas! Il a sombré dans l'abîme du Rêve! »).

On fêta en 1974 à Montréal et à Lanoraie (son village natal) les 100 ans de Louis-Joseph Doucet. Lors de la cérémonie qui se déroula à Lanoraie, en face de la maison qui lui avait appartenu, plusieurs poètes, dont Gaston Miron, prononcèrent d'élogieux discours sur l’imposante et magnifique œuvre du Prince des poètes québécois. Ils dévoilèrent aussi une plaque commémorative à sa mémoire qui fut fixée sur cette maison (9, rue Louis-Joseph-Doucet).

Louis-Joseph Doucet a écrit que le passé était intéressant parce qu'il avait déjà été le futur. Un homme qui avait le sens de l'humour et de l'histoire... Il posséda trois maisons qu'il surnomma respectivement "La Grande Hermine", "La Petite Hermine" et 'L'Émérillon" (les noms des trois navires de Jacques Cartier lors de sa seconde expédition en Nouvelle-France en 1535).

Louis-Joseph Doucet maniait le verbe et l'esprit avec suffisamment d'adresse pour écrire des livres de poésie en alexandrins. Les œuvres poétiques de Louis-Joseph Doucet sont nombreuses. Plus d'une trentaine de recueils de poésie, dont : La Chanson du passant (1908)(http://laurentiana.blogspot.ca/2009/04/la-chanson-du-passant.html) La Jonchée nouvelle (1910), Sur les remparts (1911), Les Palais chimériques (1912), Les Grimoires (1913), Près de la source (1914), Palais d'argile (1916), Au Vent qui passe (1917), Idylles symboliques et Vers les heures passées (1918). Il a aussi publié des textes en prose, notamment les Contes du vieux temps (1910)(http://jeanprovencher.com/2015/06/13/petit-poeme-en-prose-de-louis-joseph-doucet/) et Pages d'histoire (1914).

Louis-Joseph Doucet a entretenu une abondante correspondance avec de nombreux poètes, dont le poète et peintre Charles Gill (1871-1918), qui ne lui écrivit pas moins de deux cent soixante-sept lettres. Il collabora à plusieurs revues littéraires, dont Le Terroir et le journal Le Passe-temps (Montréal). Il a également écrit et publié des poèmes sous différents pseudonymes : Pierre De Blanque, Sophie Faust, Lanor Harnois, Miroe Harnois et Pierre Harnois.

Les ouvrages littéraires de Louis-Joseph Doucet abordent de nombreux thèmes dont les suivants : le temps qui fut, la difficulté de vivre dans la société des hommes, et la mort. Il fut un précurseur de la science-fiction québécoise. Sa « Lettre écrite de la lune » (1911) le place dans la mouvance de L'autre monde de Cyrano de Bergerac et du De la terre à la lune de Jules Verne. Dans Contes du vieux temps (1910), il projette çà et là avec humour sa pensée vers une vision de l’avenir: http://culturedesfuturs.blogspot.ca/2006/08/le-progrs-vu-par-louis-joseph-doucet.html

« Le Vieux pont », extrait de La Jonchée nouvelle (1910), de Louis-Joseph Doucet est classé par Pierre Graveline comme un des « Cent plus beaux poèmes québécois » (une anthologie de la poésie québécoise, Biblio-Fides, 2013).

Une rue à Montréal et une autre à Lanoraie portent le nom de Louis-Joseph Doucet.

De nombreux documents concernant la vie et les œuvres de Louis-Joseph Doucet sont regroupés au sein du Fonds Louis-Joseph Doucet des Archives Lanaudière: http://www.crccf.uottawa.ca/fonds/P90.html

Google a numérisé de nombreuses œuvres de Louis-Joseph Doucet à partir des originaux de livres appartenant à la bibliothèque de l'Université du Michigan.

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