Les Olympiques

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Édition de luxe (1943) illustrée de 25 lithographies de Charles Despiau.

Les Olympiques est un ensemble de textes de Henry de Montherlant sur le thème du sport et rassemblés en 1924 pour la première parution en volume chez Bernard Grasset.

Genèse et organisation des textes[modifier | modifier le code]

Montherlant a 22 ans en 1918 quand il revient à la vie civile après s'être porté volontaire et avoir voulu « aller au front pour mourir »[1]. Il ne sera que blessé mais conservera une nostalgie de la camaraderie virile des tranchées[2] . Il publie ses premiers textes L'Exil et Le Songe en 1922, imprégnés des tourments moraux d'un jeune hommes face à la guerre et au devoir. Le sport devient alors pour lui un exutoire qui peut donner une suite à ses idées de dépassement de soi et d'esthétisme de l'effort. Déjà, adolescent, il avait pratiqué la tauromachie, maintenant il pratique le football comme gardien de but et fréquente assidument les stades et leurs athlètes, il évoque « les heures de poésie que le sport nous fit vivre, dans la grâce — la beauté parfois — des visages et des corps de jeunesse, dans la nature et dans la sympathie »[3]. L'approche des Jeux olympiques d'été de 1924 à Paris focalise son intérêt.

Il avait, depuis quelques années, écrit et publié dans des revues plusieurs articles sur le sport, il s'en inspire et quitte le factuel pour la relation romancée et poétique de ses expériences sportives. Il organise ces textes en deux petits volumes publiés dans la collection Les Cahiers verts dirigée par Daniel Halévy chez Bernard Grasset : en 1924, le numéro 31 regroupe La Première Olympique sous-titrée Le Paradis à l'ombre des épées, puis quelque temps plus tard, numéro 41, La Deuxième Olympique, Les Onze devant la porte dorée. Avec La Première Olympique, Montherlant participe au concours de littérature des Jeux olympiques mais ne reçoit pas de médaille[4]. Traitant de l'athlétisme, du football, de la boxe, ces volumes sont réunis en 1926 sous le titre Les Olympiques qui reparaîtra alors régulièrement chez divers éditeurs en éditions courantes ou de luxe.

En 1929, Montherlant publie en tirage limité Earinus, Troisième Olympique (éditions Émile Hazan) où l'on trouve, entre autres textes contemporains, ses Notes sur le sentiment de la beauté chez les Grecs, écrits de 1915[5]. Ce troisième volet des Olympiques ne sera pas repris dans les éditions ultérieures, sauf quelques textes comme Les bras abaissés, Incertitude, Odeur du citron.

Analyse[modifier | modifier le code]

Jugements[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Première olympique - Le Paradis à l'ombre des épées, collection Les Cahiers verts, Grasset 1924.
  • Deuxième olympique - Les Onze devant la porte dorée, collection Les Cahiers verts, Grasset 1924.
  • Les Olympiques, éditions Grès et Cie, 1926. Illustrations de Yves Alix.
  • Les Olympiques, éditions Larousse, collection Contes & romans pour tous, 1931, jaquette illustrée. Choix de textes pour la jeunesse.
  • Les Olympiques, Bernard Grasset, 1938.
  • Les Olympiques, NRF, 1943. Édition de luxe avec 25 lithographies de Charles Despiau, 200 exemplaires.
  • Les Olympiques, avec Mort et Vita, Encore un instant de bonheur et Pasiphaé, NRF, Gallimard, 1946.
  • Les Olympiques, Sapienta, Paris, 1947, avec des burins d’Éliane Beaupuy-Manciet, 270 exemplaires.
  • Les Olympiques, Collection Blanche, Gallimard, 1954.
  • Les Olympiques, Collection Soleil, Gallimard, 1954, relié, tirage environ 3500 exemplaires.
  • Les Olympiques, Le Livre de Poche, collection pourpre, 1955.
  • Les Olympiques, L'Œuvre romanesque, tome II, éditions Lidis, 1963, lithographies de Guy Bardone, 4000 exemplaires.
  • Les Olympiques, Le Livre de Poche, édition brochée, 1965.
  • Les Olympiques, Gallimard, Folio, no 323, 1973.
  • Bibliothèque de la Pléiade, Montherlant, tome I Romans et Œuvres de fictions non théâtrales, 1974.

En 1940, chez Bernard Grasset, est publié un album de 87 photographies de Karel Egermeier : Paysage des Olympiques précédé d'un texte de Montherlant de 40 pages écrit en 1939 où il revient sur Les Olympiques. Chaque photo est agrémentée d'une citation extraite du livre. Tirage environ 250 exemplaires.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sous la dir. de Philippe Baudorre, Myriam Boucharenc et Michel Brousse, Écrire le sport, Presses universitaires de Bordeaux, 2005. (ISBN 9782867813580). - Pierre Charreton, chapitre Sport et littérature, sous-chapitre Le culte du corps dans Le Songe et Les Olympiques de Montherlant, pp:163-180. [lire en ligne] sur le site Google Books.
  • Jean-François Domenget, Montherlant critique, éditions Droz, Genève, 2003. (ISBN 9782600008600). Deuxième partie, chapitre II, Montherlant et la modernité, sous-chapitre La littérature sportive, pp:85-96. [lire en ligne] sur le site Google Books.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lettre à F. Mauriac du 22 février 1918, citée in François Mauriac, Lettres d'une vie (1904 - 1969), p. 386, Grasset, Paris, 1989.
  2. Démobilisé « et si désolé de l'être que, redevenu civil, je continuais de porter l'uniforme durant quatre ou cinq mois, bravant toutes les gendarmeries France. » Dans l'introduction au chapitre Les Onze devant la porte dorée, note rédigée en 1938.
  3. Préface de Montherlant aux Olympiques, Bibliothèque de La Pléiade, 1975, p. 227.
  4. « Rapport officiel des Jeux de 1924 » [PDF], p. 607
  5. Pierre Duroisin, Montherlant et les Grecs, Société d'édition Les Belles Lettres, 1987, page 70. [lire en ligne] sur le site Google Books
  6. met en scène Peyrony jeune footballeur de 15 ans, surnommé Dents de chien
  7. Ces textes sont soit des poèmes, soit de la prose, soit les deux entremêlés.
  8. Précédé d'une présentation rédigée en 1938, répondant à deux questions critiquant le texte. Les Onze est une petite pièce à 5 personnages, joueurs dans une équipe, qui dialoguent : Le demi-aile (Montherlant lui-même comme il se décrit ?), L'extrême droit : Jacques Peyrony, lycéen, L'arrière : Beyssac, vendeur dans un magasin, le demi-centre : Ramondou, lycéen et Le chef jardinier du stade. En 1963, il amplifiera cette saynète pour en faire un programme d'un quart d'heure présenté en complément de Fils de Personne sous le titre de L'Embroc au théâtre des Mathurin. Note 61 dans la thèse de Marie Sorel, Le Jeu dans l’œuvre de Henry de Montherlant. Littératures. Université de la Sorbonne nouvelle - Paris III, 2013.
  9. Philippe Baudorre, Myriam Boucharenc, Michel Brousse, Écrire le sport, Presses universitaires de Bordeaux, 2005, (page 164) (ISBN 978-2867813580).

Articles connexes[modifier | modifier le code]