Les Mains du miracle
| Les Mains du miracle | |
| Auteur | Joseph Kessel |
|---|---|
| Pays | |
| Genre | Roman |
| Éditeur | Gallimard |
| Collection | L'Air du temps |
| Date de parution | 1960 |
| Nombre de pages | 317 |
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Les Mains du miracle est un récit de Joseph Kessel paru en 1960 aux éditions Gallimard. Le livre est préfacé par l'historien anglais Hugh Trevor-Roper qui en a validé les éléments historiques.
L'ouvrage a été réédité en dans la collection Folio, après avoir été indisponible pendant plusieurs années.
Résumé
[modifier | modifier le code]Il s'agit de la biographie romancée[1] du thérapeute finlandais Felix Kersten, spécialisé dans les massages thérapeutiques[2], qui a soigné Heinrich Himmler et a obtenu de lui, en échange, la libération de milliers de prisonniers des camps de concentration nazis durant la Seconde Guerre mondiale[3]. Cette influence sur le chef suprême des SS lui vaudra la haine d'autres hauts dignitaires nazis, en particulier Heydrich et Kaltenbrunner.
Félix Kersten, né en Estonie, a découvert très jeune qu’il possédait un talent rare : une capacité à soulager des douleurs profondes grâce à une technique de massage héritée d’un maître tibétain. Sa réputation grandit en Europe : princes, industriels, diplomates viennent le voir.
Un jour, il reçoit une convocation inquiétante : Heinrich Himmler, chef de la SS, Kersten refuse d’abord — il ne veut rien avoir à faire avec le régime nazi — mais la pression devient telle qu’il finit par accepter. Dès la première séance, il parvient à soulager Himmler. Le dignitaire nazi, impressionné et dépendant, exige que Kersten devienne son thérapeute personnel. Kersten se retrouve alors prisonnier d’un rôle qu’il n’a pas choisi, au cœur du pouvoir le plus meurtrier du Reich[4].
Himmler, personnage fanatique, cruel mais fragile, devient totalement dépendant des mains de Kersten. Kersten comprend qu’il peut négocier, insister, faire pression pour obtenir des faveurs humanitaires. Il commence par de petites demandes : libérer un prisonnier, épargner une famille, adoucir le sort d’un détenu. Himmler accepte, souvent pour garder Kersten à ses côtés. Peu à peu, Kersten prend confiance et élargit ses demandes. Il devient un intermédiaire clandestin entre les victimes et le bourreau.
Kersten utilise chaque séance pour arracher des concessions. Il joue sur les douleurs d’Himmler, sur son besoin de reconnaissance, sur ses obsessions mystiques. Il parvient à obtenir : la libération de milliers de prisonniers politiques, l’annulation de déportations, la protection de populations entières, des listes de personnes à épargner. Il agit souvent seul, sans armes, sans soutien, uniquement avec son courage et son intelligence. Cette lutte est dangereuse : il risque d’être dénoncé, il est surveillé, il doit constamment feindre la loyauté pour ne pas être éliminé.
À mesure que la guerre tourne en faveur des Alliés, Himmler devient plus nerveux, plus instable. Kersten redouble d’efforts pour sauver ce qui peut encore l’être. Il participe notamment à des négociations cruciales avec la Croix-Rouge et des diplomates scandinaves pour empêcher l’extermination totale des prisonniers des camps à l’approche de la défaite.
Dans les derniers mois du Reich, il obtient de Himmler des engagements décisifs qui permettent de sauver des dizaines de milliers de personnes, notamment des femmes et des enfants.
Après la capitulation allemande, Kersten doit prouver qu’il n’a jamais collaboré avec les nazis. Ses actions, longtemps secrètes, sont enfin révélées. Des témoignages, des documents et des survivants confirment qu’il a sauvé un nombre immense de vies. Il reçoit la reconnaissance de plusieurs gouvernements européens. Kessel conclut sur l’idée que le courage peut prendre des formes inattendues : ici, celui d’un homme sans armes, sans pouvoir officiel, qui a résisté par la ruse, la patience et l’humanité.
Autour de l'œuvre
[modifier | modifier le code]Dans son œuvre Les Bienveillantes (édité chez Gallimard), Jonathan Litell évoque succinctement (page 868) le rôle de Félix Kersten (et de Schellenberg) auprès de Himmler dans les négociations humanitaires de la fin de la guerre : « Je savais par Thomas, qui s'était tout de suite replongé dans ses intrigues, que Himmler, aiguillé par Schellenberg et son masseur finlandais Kersten, continuait à faire des gestes — plutôt incohérents à vrai dire — en direction des Anglo-américains […] ».
En 2021, l'historien français François Kersaudy publie un ouvrage approfondi qui corrobore l'essentiel des actes attribués à Kersten et des affirmations de celui-ci.
Les Personnages
[modifier | modifier le code]Félix Kersten : Masseur exceptionnel et thérapeute finlandais, talent rare. Homme discret, humaniste et courageux. Pris dans l’engrenage nazi et il utilise son influence pour sauver des vies.
Heinrich Himmler : Chef de la SS, principal responsable de la Shoah. Cruel mais fragile et psychologiquement instable.
Personnages secondaires : Diplomates scandinaves, membres de la Croix-Rouge, collaborateurs de Himmler, prisonniers et familles sauvées.
Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- François Kersaudy, La liste de Kersten - Un juste parmi les démons, Paris, Fayard, , 350 p. (ISBN 978-2213713274).

Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Babelio : Extrait de Les mains du miracle par Joseph Kessel », sur www.babelio.com (consulté le )
- ↑ « Les Mains du miracle, de Joseph Kessel / France Inter », sur France Inter (consulté le )
- ↑ Slate.fr, « Notre sélection des meilleurs livres de 2013 », sur Slate.fr, (consulté le )
- ↑ « Les Mains du Miracle » [PDF], sur Monvoisin, (consulté le )