Leopold Kozłowski

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Leopold Kozłowski
Leopold-Kozlowski-w-Busku.jpg
Leopold Kozłowski en 2007.
Biographie
Naissance
Décès
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CracovieVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
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Instrument
Distinctions
Liste détaillée
Médaille du Mérite culturel polonais Gloria Artis
Croix du Partisan (en)
Médaille « pour l'Oder, la Neisse et la Baltique » (d)
Medal of Victory and Freedom 1945 (en)
Médaille « Pour Varsovie 1939-1945 » (d)
Citoyen d'honneur de Cracovie (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Leopold Kozłowski-Kleinman (en yiddish : לעאָפּאָלד קאָזלאָװסקי), né le à Przemyślany non loin de Lwów et mort le à Cracovie[1], est un pianiste, compositeur, chef d'orchestre polonais. Représentant de la tradition klezmer en Pologne, il est surnommé le « dernier klezmer de Galicie »[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Leopold Kozłowski, de son véritable nom Kleinman, est le petit-fils de Pejsach Brandwein qui créa le plus célèbre ensemble musical klezmer de Galicie avec ses douze fils. Le groupe se produisait y compris devant les souverains d'Europe[3]. Un des oncles de Leopold Kozłowski, le clarinettiste Naftule Brandwein, propagea aux États-Unis la tradition klezmer[3].

Leopold Kozłowski termina des études musicales de piano au conservatoire de musique de Lwów en 1941 et de chef d'orchestre dans la Haute-école de musique de Cracovie. Pendant la Seconde Guerre mondiale il est emprisonné dans le camp de Kurowice, près de Lviv, en Ukraine, dont il finit par s'évader[2]. Avec son frère Adolf il rejoint la résistance. Le 10 avril 1944, les deux frères combattent au sein du peloton juif de l'Armia Krajowa affrontant les troupes de la 14. Waffen-Grenadier-Division der SS Galizien et la police ukrainienne près de Hanaczów (pl), un lieu-dit à environ 28 km au sud-est de Lviv. Son frère y trouve la mort[4].

Nommé colonel dans l'armée polonaise, Leopold Kozłowski fonda un groupe militaire de chants et de danse à la fin des années 40, l’Ensemble de chants et de danses de la région militaire de Varsovie et de Cracovie, qu'il dirigea pendant 23 ans. Sa carrière militaire se termine à la suite de la campagne antisémite de mars 1968 : Leopold Kozłowski est mis dans la réserve. Contrairement à d’autres il refusa d’émigrer.[5]

Dans les années 70, Leopold Kozłowski fut directeur musical du Théâtre juif de Varsovie (en) et du groupe tsigane Roma, consultant musical du groupe folklorique polonais Rzeszowiacy. Il composa la musique de plusieurs films, dont Austeria réalisé par Jerzy Kawalerowicz (1983).

C'est la chute du communisme en Pologne en 1989 qui lui permet de participer pleinement à la renaissance de la musique klezmer à l’ère post-communiste. Il se consacre à la musique juive en commençant en 1989 par des concerts avec Sława Przybylska. C’est en 1991 qu’il donna son premier concert de chansons juives à la synagogue Tempel dans le quartier de Kazimierz à Cracovie avec l’orchestre de la radio et télévision polonaises.[5] Un an plus tard il donna son premier concert klezmer au piano à l’auberge Klezmer-Hois, dans le même quartier, où il se produisit pratiquement jusqu’à sa mort. Il se produisit en tournées en Europe, aux États-Unis, en Israël. Leopold Kozłowski participa surtout très régulièrement au festival des cultures juives de Cracovie.

Il est consultant musical pour la musique du ghetto dans le film La Liste de Schindler de Steven Spielberg où il apparaît dans un petit rôle. Il travailla sur les six versions polonaises de la comédie musicale Un violon sur le toit.

En 2000, il joue à la basilique jésuite de Cracovie lors de « La Journée du judaïsme dans l'Église catholique »[6]. Au début des années 2000, il joue dans le quartier de Kazimierz[7]. En 2008, il reçoit la Médaille d'or du Mérite culturel polonais Gloria Artis[8].

Deux films documentaires lui sont consacrés : The Last Klezmer (réalisateur Yale Storm, 1994) et Ostatni klezmer (réalisateur Janusz Majewski, 2017).

Un livre lui est également consacré par Jacek Cygan : "Klezmer. Opowieść o życiu Leopolda Kozłowskiego-Kleinmana" (Klezmer. Récit de la vie de Leopold Kozłowski -Kleinman" (2015) Edition Austeria.

Le 18 mars 2019, Leopold Kozłowski a été enterré dans le nouveau cimetière juif de Cracovie. Les funérailles ont été conduites par Michael Schudrich, grand rabbin de Pologne, et Eliezer Gurary, rabbin hassidique du mouvement Chabad-Lubawicz. Figuraient parmi les participants à la cérémonie Tadeusz Jakubowicz, président de la communauté juive de Cracovie, l'archevêque cardinal Stanisław Dziwisz, l'archevêque de l'église Sainte-Marie Dariusz Raś, le sénateur Jerzy Fedorowicz, Janusz Makuch, Jacek Cygan et Don Vasyl.

Discographie et DVD[modifier | modifier le code]

  • The Last Klezmer of Galicia, Jewish songs (2002) Deux disques de chanson juives, un avec des paroles en yiddish, l'autre avec les mêmes chansons avec des paroles en polonais
  • Rodzynki z Migdałami (DVD) (2008)
  • Memento Moritz - Leopold Kozłowski-Kleinman et ses amis (2016) (double disque) Enregistrements de concerts donnés à la synagogue Tempel entre 2002 et 2014.

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Médaille pour Varsovie 1939-1945 (Medal za Warszawę 1939–1945)
  • Médaille pour l'Oder, la Neisse, la Baltique (Medal za Odrę, Nysę, Bałtyk)
  • Médaille de la Victoire et de la Liberté 1945 (Medal Zwycięstwa i Wolności 1945)
  • Croix de partisan (Krzyż Partyzancki)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Katarzyna Markusz, « Pianist and composer Leopold Kleinman-Kozłowski dies at 100 », sur Cleveland Jewish News, (consulté le 14 mars 2019)
  2. a et b Justyna Kopinska, « Pologne. Leopold Kozlowski : le dernier des klezmers », sur courrierinternational.com, (consulté le 29 juin 2017)
  3. a et b (en) Joel Rubin, « Notes from the Field: Jewish Cultural Festivals in Europe », Jewish Folklore and Ethnology Review,‎ , p. 32-33 (lire en ligne)
  4. (en) Joshua D. Zimmerman, The Polish Underground and the Jews, 1939–1945, Cambridge University Press, (ISBN 9781316298251, lire en ligne), p. 315
  5. a et b (pl) Marian Fuks, Muzyka ocalona- Judaica Polskie, Varsovie, Wydawnictwa Radia i Telewizji, , 269 p. (ISBN 83-212-0541-0), p.71, p.82-84, p.175, p.179
  6. (en) Magdalena Waligorska, Klezmer's Afterlife: An Ethnography of the Jewish Music Revival in Poland and Germany, OUP USA, (ISBN 9780199314744, lire en ligne), p. 116-117
  7. (pl) klezmer-hois.cracow.pl
  8. (pl) Bożena Pierga, « Leopold Kozłowski wyróżniony Złotą Glorią Artis », sur histmag.org, (consulté le 29 juin 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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