Le patrimoine en questions

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Le patrimoine en questions
Anthologie pour un combat
Auteur Françoise Choay
Pays France
Genre essai
Éditeur Seuil
Collection La couleur des idées
Lieu de parution Paris
Date de parution octobre 2009
Nombre de pages 220
ISBN 978-2-02-100494-6

Le patrimoine en questions : Anthologie pour un combat est un essai publié en 2009 aux éditions du Seuil par Françoise Choay.

Résumé[modifier | modifier le code]

L'ouvrage est divisée en deux parties, une première partie intitulée Introduction synthétise différents aspects ou questions actuelles liées à la protection du patrimoine, la seconde constitue une anthologie d'auteurs et de textes importants pour la protection du patrimoine.

Introduction[modifier | modifier le code]

Monument et monument historique
« La différence et l'opposition entre les notions de monuments (sans qualificatif) et de monument historique ont été définies pour la première fois en 1903 par le grand historien de l'art Aloïs Riegl dans l'introduction du Projet de législation des monuments historiques dont l'avait chargé l'État autrichien. »[C 1]. Un monument est ainsi un artéfact conçu par une communauté humaine afin de rappeler à la mémoire vivante, organique et affective de ses membres, des personnes, des événements, des croyances, des rites ou des règles sociales constitutifs de son identité[C 2]. Le monument est un dispositif mémoriel « intentionnel »[C 3]. Le monument historique, quant à lui, ne s'adresse pas à la mémoire vivante, il a été choisi dans un corpus d'édifices préexistants, en raison de sa valeur pour l'histoire et/ou de sa valeur esthétique[C 4].

Les deux étapes de la genèse du monument historique
Françoise Choay met en avant l'importance des deux révolutions culturelles, concepts empruntés à Eugenio Garin, constituées en premier par la Renaissance et en second par la révolution industrielle[C 5].
La Renaissance nait en Italie au XVe siècle d'un « relâchement » du théo-centrisme, comme l'appelle E. Garin, qui « marque l'émergence d'un regard neuf sur l'individu humain [...] désormais investi d'un pouvoir créateur »[C 6]. « Jusqu'au XVIe siècle, l'intérêt des humanistes italiens se focalise sur les vestiges de l'Antiquité, en particulier romaine : leur valeur esthétique [...] est éclipsée par leur valeur historique. ». Malgré les protestations vigoureuses d'une poignée d'humanistes et d'artistes (Poggio Bracciolini, Flavio Biondo, Leon Battista Alberti,...), l'intérêt passionné suscité par les édifices anciens n'entraîne qu'exceptionnellement une démarche conservatoire[C 7]. Les monuments historiques sont désignés sous l'appellation d'« antiquités » étudiés par des érudits dénommés « antiquaires »[C 8]. Les antiquaires anticipent les travaux des historiens, archéologues, historiens de l'art et ethnologues du XIXe siècle[C 8]. C'est aussi à cette période que naissent les collections d'antiquités non bâties conservées dans des cabinets, ancêtres des musées nés au XVIIIe siècle[C 9].
La révolution industrielle nait en Angleterre durant le dernier quart du XVIIIe siècle. Les destructions et le bouleversement des territoires sont porteurs de nostalgie et induisent une prise de conscience réactionnelle qui expliquent en partie l'institutionnalisation de la conservation physique réelle des « antiquités », promues « monuments historiques »[C 10].
La conservation prévoit deux instruments spécifiques, une juridiction et la restauration[C 11]. Dans le domaine des législations, il y a lieu de noter l'empirisme de l'Angleterre, le soubassement théorique des pays germaniques et la dimension technique de la législation italienne dont la loi de 1902 sulla conservazione di monumenti e degli ogetti d'arte due à Camillo Boito est la plus avancée d'Europe[C 12]. On doit aux Anglais la promotion des architectures domestiques et vernaculaires (John Ruskin) et la prise en compte de l'architecture industrielle et aux Italiens la prise en compte globale des villes anciennes (Gustavo Giovannoni (it))[C 13]. Quant au domaine de la restauration, on voit a priori s'opposer deux camps, l'un interventionniste représenté par Eugène Viollet-le-Duc et l'autre non-interventionniste représenté par John Ruskin. Le premier écrit « Restaurer un édifice [...], c'est le rétablir dans un état complet qui peut n'avoir jamais existé. », tandis que le second, Ruskin, considère les monuments du passé comme sacrés et intouchables. On doit signaler les positions d'Aloïs Riegl qui propose une interprétation relativiste de la restauration en montrant que « chaque cas s'inscrit dans une dialectique particulière des valeurs en jeu »[C 14].

La révolution électro-télématique : mondialisation et patrimoine
Muséification et marchandisation du patrimoine
Conclusion : résistance et combat
Partis pris et mode d'emploi de l'anthologie

Anthologie[modifier | modifier le code]

L'abbé Suger (1081-1151)

Mémoires sur la consécration de l'église de Saint-Denis et sur son administration abbatiale
État des lieux et leur réparation[B 1]
Insuffisance de ces mesures. Comment en justifier de plus radicales ?[B 2]
Premiers travaux[B 3]
Utilisation de monuments antiques comme matériaux de construction[B 4]
Portes et inscriptions commémoratives[B 5]

Poggio Bracciolini, dit « Le Pogge » (1380-1459)

De l'inconstance de la Fortune (livre I : « Les ruines de Rome »)

Pie II Piccolomini (1405-1464)

Bulle Cum almam nostram urbem (28 avril 1462)

Baldassare Castiglione (1478-1529), Raffaello Sanzio, dit « Raphaël » (1483-1520), Léon X (1475-1521)

Lettre à Léon X
Bref de Léon X en faveur de Raphaël (27 août 1515)

Jacob Spon (1647-1685)

Voyage d'Italie, de Dalmatie, de Grèce et du Levant, fait aux années 1675 et 1676 par Jacob Spon, docteur-médecin agrégé à Lyon et Georges Wheler, gentilhomme anglais (tome I)

Bernard de Montfaucon (1655-1741)

L'antiquité expliquée et représentée en figures (préface)[B 6]

Aubin-Louis Millin (1759-1818)

Le Moniteur universel (11 décembre 1790)[B 7]
Antiquités nationales ou recueil de monuments[B 8]

Félix de Vicq d'Azyr (1748-1794)

Instruction sur la manière d'inventorier et de conserver, dans toute l'étendue de la République, tous les objets qui peuvent servir aux arts, aux sciences, et à l'enseignement, proposée par la Commission temporaire des arts, et adoptée par le Comité d'instruction publique de la Convention nationale[B 9]

La notion de monument perçue par les correspondants de la Commission des travaux publics[B 10]

Antoine-Chrysostome Quatremère de Quincy (1755-1849)

Considérations morales sur la destination des ouvrages de l'art[B 11]

Victor Hugo (1802-1885)

« Guerre aux démolisseurs ! »
1825[B 12]
1832[B 13]
Notre-Dame de Paris « Ceci tuera cela »[B 14]
Lettre au capitaine Butler[B 15],[1]

John Ruskin (1819-1900)

Les sept lampes de l'architecture[B 16]
Chapitre 6. « La lampe de la mémoire »
Chapitre 7. « La lampe d'obéissance »
« L'ouverture du Crystal Palace envisagée du point de vue de ses rapports avec l'avenir de l'art »[B 17]
Les pierres de Venise « De la nature du gothique »[B 18]
Karl Marx (1818-1883). Manifeste du Parti communiste

Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879)

« Entretien et restauration des cathédrale de France »[B 19]
Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle. Article « Restauration »[B 20]
Entretiens sur l'architecture[B 21]

Aloïs Riegl (1858-1905)

Le culte moderne des monuments

Gustavo Giovannoni (it) (1873-1947)

« L'urbanisme face aux villes anciennes »
« L'éclaircissage urbanistique des centres anciens »
« Reconstruction du centre ancien [de Rome] ou décentralisation »

La Conférence d'Athènes sur la conservation des monuments d'art et d'histoire (1931)

La conservation des monuments d'art et d'histoire

André Malraux (1901-1976)

Interventions d'André Malraux au Parlement

La Conférence de Venise sur la conservation des monuments et des sites de Venise (1964)

Charte internationale de Venise sur la conservation et la restauration des monuments et des sites

Unesco (1972-2008)

Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel (1972)
Critères pour l'évaluation de la valeur universelle exceptionnelle (2008)[B 22]

L'avenir[B 23]

Réception de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Ouvrage de Françoise Choay :

  1. Choay, 2009, p. III-IV
  2. Choay, 2009, p. IV
  3. Choay, 2009, p. V
  4. Choay, 2009, p. VII
  5. Choay, 2009, p. VIII-X
  6. Choay, 2009, p. X
  7. Choay, 2009, p. XI-XII
  8. a et b Choay, 2009, p. XIII
  9. Choay, 2009, p. XV
  10. Choay, 2009, p. XVII
  11. Choay, 2009, p. XIX
  12. Choay, 2009, p. XX
  13. Choay, 2009, p. XXI
  14. Choay, 2009, p. XXI-XXV

Sources des extraits de l'anthologie :

  1. Ouvrage De rebus in administratione sua gestis, chap. XXIV et XXV.
  2. Ouvrage De consecratione ecclesiæ Sancti Dionysii, chap. II.
  3. Ouvrage De rebus in administratione sua gestis, chap. XXIX.
  4. Ouvrage De consecratione ecclesiæ Sancti Dionysii, chap. II et III.
  5. Ouvrage De rebus in administratione sua gestis, chap. XXVII.
  6. L'ouvrage se compose de cinq tomes répartis en dix volumes. Lire en ligne la préface.
  7. Reproduction de l'intervention de Millin à la barre de l'Assemblée nationale constituante présidée par Pétion.
  8. Titre complet : Antiquités nationales ou Recueil de monumens pour servir à l'histoire générale et particulière de l'empire françois, tels que tombeaux, inscriptions, statues... : tirés des abbayes, monastères, châteaux et autres lieux devenus domaines nationaux.
  9. An II (1793-1794) - Texte intégral.
  10. Enquête lancée par la Commission des travaux publics le 5 août 1794 - Extraits tirés de l'ouvrage de Lauren O'Connell Architecture and the french revolution.
  11. Publié en 1815 - Titre complet : Considérations morales sur la destination des ouvrages de l'art, ou de l'influence de leur emploi sur le génie et le goût de ceux qui les produisent ou qui les jugent, et sur le sentiment de ceux qui en jouissent et en reçoivent les impressions - Texte complet
  12. Article écrit en 1825 et publié en 1829 dans la Revue de Paris.
  13. Article publié en 1832 dans la Revue des deux Mondes.
  14. Chapitre ajouté dans la 5e éd. de Notre-Dame de Paris.
  15. Lettre ouverte écrite le depuis son exil de Hauteville House.
  16. The Seven Lamps of Architecture est un ouvrage publié en 1849, non traduit en français (les traductions des extraits sont de F. Choay). Les sept « lampes » sont celles de sacrifice, vérité, force, beauté, vie, mémoire et obéissance.
  17. Titre originel : The opening of the Crystal Palace, considered in some of its relations to the prospects of art - Publié en 1854 - Texte originel intégral.
  18. Extrait tiré du chap. VI du 2e volume - Texte originel intégral.
  19. Articles publiés dans la Revue de l'architecture et des travaux publics en 1851.
  20. L'article ouvre le 8e volume publié en 1866.
  21. Ouvrage en deux tomes publiés en 1863 et en 1872.
  22. Texte de la Discussion sur la valeur universelle exceptionnelle.
  23. Conclusion de Françoise Choay.

Autres références

  1. « La lettre de Victor Hugo au capitaine Butler sur le sac du Palais d’Été (1860) », sur www.reseau-canope.fr/planete-chinois, Planète Chinois (consulté le 10 janvier 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]