Le Cercle (roman, 2013)

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Le Cercle
Auteur Dave Eggers
Pays Drapeau du Canada Canada
Genre Roman dystopique
Version originale
Langue Anglais canadien
Titre The Circle
Éditeur Knopf
Date de parution
ISBN 978-0-385-35139-3
Version française
Traducteur Emmanuelle et Philippe Aronson
Éditeur Gallimard
Collection Du monde entier
Date de parution
Nombre de pages 528
ISBN 2070147428

Le Cercle (titre original : The Circle) est un roman dystopique de science-fiction de Dave Eggers, paru en octobre 2013. Il évoque les activités de Mae Holland, embauchée par une puissante compagnie agissant sur internet — fusion de Google, Facebook et Apple — et qui découvre peu à peu les buts secrets et terrifiants de ses dirigeants qui désirent une totale transparence concernant la vie privée en utilisent le synopticon, par opposition au relais panoptique de Big Brother[1]. L'ouvrage a fait l'objet d'une adaptation au cinéma en 2017, The Circle, réalisée par James Ponsoldt, avec Emma Watson dans le rôle de Mae Holland.

Résumé[modifier | modifier le code]

Quand Mae Holland est embauchée par le Cercle, elle n’en revient pas.

Installé sur un campus californien, ce fournisseur d’accès Internet relie les mails personnels, les réseaux sociaux, les achats des consommateurs et les transactions bancaires à un système d'exploitation universel, à l’origine d’une nouvelle ère hyper-numérique, prônant la civilité et la transparence.

Alors que la jeune femme parcourt le siège social en forme de cercle, les open-spaces, les immenses cafétérias en verre, les dortoirs confortables pour ceux qui restent travailler le soir (à La Colonie), la modernité des lieux et l’intense activité la ravissent. On fait la fête toute la nuit, des musiciens célèbres jouent sur la pelouse, des activités sportives, des clubs et des brunchs sont proposés, et il y a même un aquarium contenant des poissons rares rapportés par le P.-D.G.

Mae n’en croit pas sa chance de travailler pour l’entreprise la plus influente qui soit – même si le campus l’absorbe entièrement (plusieurs écrans, plusieurs bracelets connectés), l'éloignant de plus en plus de ses proches, même si elle s’expose aux yeux du monde en participant au tout dernier projet du Cercle, d’une avancée technologique aussi considérable qu’inquiétante, la transparence totale et en direct.

Le roman ressemble d’abord au portrait euphorique d’une jeune femme ambitieuse et idéaliste, puis se transforme rapidement en suspense haletant, qui étudie les liens troubles entre mémoire et histoire, vie privée et addiction aux réseaux sociaux, et interroge les limites de la connaissance humaine et du partage.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Mae, Maebelline Renner Holland (p. 53), 24 ans, jeune femme embauchée par Le Cercle, après quelques années de travail dans une municipalité,
  • Annie Atterton, son amie d'études, cadre supérieur au Cercle, confidente,
  • Ty, Tyler Alexander Gospodinov (p. 497), le concepteur du Cercle (et de TruYou), créateur du Système opératoire unique (p. 31), premier Sage, mythique, en retrait («Où est Ty et que concocte-t-il ?», p. 31),
  • Eamon Bailey, second Sage, face visible du Cercle,
  • Tom Stenton, troisième Sage, plus politique,
  • nombreux employés, chefs d'équipe, chefs de service, récurrents ou non, anonymes ou non : Renata, Rob, Tasha, Jon, Brandon, Jared, Josiah, Denise, Josef, Sabine, Pete Ramirez (p. 239), Gus Khazeni (p. 129), Gina, Alistair (pp. 118/175/430), Vickie, Dayna, Tanya, Hillary, Dr Hampton, Dr Villalobos, Dontoe Peterson, Marion, Georgia, Terry Min, Rinku, Victor, Gino,
  • nombreux clients, du service ExpérienceClient,
  • deux personnalités devenues transparentes, Walther (p. 217) et Santos (pp. 232, 502),
  • le père et la mère de Mae (pp. 263, 372), victimes, puis bénéficiaires, puis encore plus dépassés,
  • Mercer (p. 265), un ancien petit ami, opposant,
  • Francis (p. 43), nouvel ami, proposant,
  • Kalden, personnage mystérieux, vieux (p. 102, 177, 207, 222, 245, 331, 415, 485) : Freiner la machine. Ou la casser (p. 417)...

Slogans[modifier | modifier le code]

  • Savoir c'est bien, tout savoir c'est mieux.
  • La communauté d'abord.
  • Aucun robot ne travaille ici.
  • Des êtres humains travaillent ici.
  • Tout ce qui se produit doit être su.
  • Les secrets sont des mensonges.
  • Partager, c'est aimer.
  • Garder pour soi, c'est voler.
  • Pour guérir, nous devons savoir. Pour savoir, nous devons partager.
  • Le cercle doit être complet.

L'auteur[modifier | modifier le code]

Dave Eggers met en scène dans cet ouvrage nos peurs en tant qu'internaute. Au lieu de se projeter plusieurs décennies en avant, comme Georges Orwell dans 1984, il inscrit son cauchemar totalitaire dans un futur immédiat[2].

Au contraire de Kalden, Mercer, Annie, et de quelques autres, le personnage principal (Mae) est fascinée («C'est le paradis.», p. 11), refuse de voir le potentiel de totalitarisme de cette entreprise mondiale (avec près de 15.000 employés), et participe activement à la complétude du cercle : tous connectés à un réseau unique (privé), en remplacement de toutes les procédures publiques de l'ancien monde, en démocratie directe à base de Like et Dislike.

Différences avec le film[modifier | modifier le code]

Dans le roman, le troisième « Sage » de l'entreprise est Tyler (« Ty ») Alexander Gospodinov, d'origine russe et Blanc, tandis que dans le film il s'appelle Ty Lafitte et est Noir.

Le roman évoque deux liaisons sentimentales (et les relations sexuelles induites) de Mae avec, d'une part Francis, d'autre part Kalden (Ty), alors que le film n'en évoque aucune.

Dans le roman, Mercer se suicide avec sa voiture en la jetant dans le vide, alors que dans le film il est victime d'un accident de la route.

À la fin du roman, Mae, qui a entièrement intégré et accepté les buts stratégiques de l’entreprise, dénonce la proposition de Ty aux deux autres Sages, qui évincent immédiatement Ty de toute responsabilité dans l'entreprise ; contrairement au film, Mae ne demande pas sournoisement à Eamon Bayley et à Tom Stenton de porter sur eux une mini-caméra afin qu'ils deviennent à leur tour « transparents ». De manière plus globale, Mae apparaît dans le roman comme acceptant totalement les visées hégémoniques du Cercle.

Les critiques[modifier | modifier le code]

Dans le New York Times, il est reproché à Eggers d'avoir sous-dimensionné le personnage de Mae Holland pour en faire un personnage sans substance, digne d'un dessin animé[3].

Le magazine Wired lui reproche son manque de recherches dans le domaine d'internet et des nouvelles technologies, qui rendent certains chapitres de son livre irréalistes[4].

Les récompenses[modifier | modifier le code]

Le livre a été présélectionné pour le prix littéraire international IMPAC de Dublin en 2015, sans toutefois obtenir la récompense[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nathalie Collard, « The Circle: Big Brother, c'est un peu nous », sur lapresse.ca, .
  2. Ph V-D, « The Circle, le roman d’un monde totalitaire inspiré par Google », L'Obs, (consulté le 17 juillet 2017)
  3. (en) Ellen Ullman, « Ring of Power: The Circle, by Dave Eggers », The New York Times, (consulté le 17 juillet 2017)
  4. (en) Graeme McMillan, « Dave Eggers' The Circle: What the Internet Looks Like if You Don't Understand It », Wired, (consulté le 17 juillet 2017)
  5. (en) « 2015 Printable Longlist », International IMPAC Dublin Literary Award, (consulté le 17 juillet 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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En anglais