Lawrence Dale Bell

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Lawrence Dale Bell
Description de l'image Larrybell.gif.
Naissance
Mentone (Indiana) (Drapeau des États-Unis États-Unis)
Décès (à 62 ans)
Buffalo (État de New York) (Drapeau des États-Unis États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Domaines Aéronautique
Influencé par Reuben H. Fleet (en)
A influencé Robert J. Woods
Renommé pour Bell Aircraft Corporation
Distinctions Médaille Daniel-Guggenheim
National Aviation Hall of Fame

Lawrence Dale Bell, dit « Larry », né le à Mentone dans l'Indiana, et mort le à Buffalo dans l'État de New York, était un ingénieur aéronautique américain. Il est le fondateur de la société Bell Aircraft Corporation.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Lawrence Dale Bell naît le à Mentone, comté de Kosciusko, dans l'Indiana[1], et y a vécu jusqu'en 1907, lorsque sa famille a déménagé à Santa Monica, en Californie. Il est le fils de Isaac Evans Bell (date de naissance inconnue–1930) et de Harriet Elizabeth Bell, née Sarber (1851–1917)[2], et le dernier de neuf enfants. À l'âge de seize ans, Larry eut son premier contact avec les machines volantes lors d'un meeting aérien à l'aéroport de Dominguez Field en Californie. La simple vue d'un engin qui volait produisait sur cet adolescent un effet retentissant. Peu après, avec ses deux frères aînés, il commença à construire des modèles réduits. L'intérêt qu'il portait à l'aviation le poussa à continuer ses études à l'école polytechnique. En 1912, il obtient son diplôme de Santa Monica Polytechnic[3].

Chez Glenn Martin[modifier | modifier le code]

À l'âge de 18 ans, en 1912, il rejoint son frère aîné Grover Bell (1884-1913)[2], alors pilote d'exhibitions, associé à la société Glenn L. Martin[3], et le pilote cascadeur Lincoln Beachey (en) en tant que mécanicien. Devenu contremaître, il suggère l"embauche de Donald Douglas au poste d'ingénieur[1]. Malheureusement, Grover trouve la mort le dans un accident d'avion sur le Curtiss Model D, ou « Curtiss Pusher ». Bouleversé, « Larry » décide d'abandonner l'aviation[4]. Grâce à un ami, il retourne tout de même chez Martin. En raison de ses grandes capacités, le rôle de Lawrence Bell dans la société devient de plus en plus important. Larry escalada très vite les échelons de carrière, bien que son caractère difficile ne lui facilite pas la tâche. C'est précisément à cause des différends entre lui et Donald Douglas que ce dernier résilia son contrat et quitta la firme. Douglas créa sa propre société qui connut rapidement de la notoriété[3]. En 1917, Larry se voit confier la réalisation d'une usine à Cleveland. Dès lors, sa carrière s'accélère, il accède aux postes de vice-président et de directeur général, avant de quitter l'entreprise en 1925[1] car il a la certitude qu'il ne pourra jamais accéder à la tête de la compagnie tant que son fondateur sera en vie[5]. Cette fois, il quitte l'aviation pour une période plus longue[3].

Chez Consolidated[modifier | modifier le code]

Trois ans plus tard, en 1928, il reçoit une proposition de travail dans la société Consolidated Aircraft Corporation[3] à Buffalo, dans l'État de New York. Il résidera dans cette ville jusqu'à sa mort. Le fondateur et président de Consolidated, Reuben H. Fleet (en), le nomme vice-président, fonction qu'il conservera pendant sept ans, jusqu'au départ de la firme pour San Diego[1]. En 1931, profitant des difficultés financières de la société Detroit Aircraft Corporation, il s'arrange pour que Consolidated reprenne son contrat pour la livraison de cinq avions YIP-25 pour l'US Army Air Corps. Le concepteur du YIP-25, Robert J. Woods déménagea à Buffalo pour entrer au service de « Larry » et Fleet. Le YIP-25, désigné dans sa version ultérieure P-30, puis PB-2A, fut un vrai succès pour la société, tant au niveau de marché (la commande initiale de cinq appareils fut en effet augmentée jusqu'à 50 exemplaires) qu'au niveau technique : cet avion entièrement métallique, à aile basse cantilever, propulsé par un moteur suralimenté par turbocompresseur, devint le seul avion de chasse biplace de l'USAAC. C'est Bell qui réussit à augmenter l'intérêt que l'USAAC portait à cet appareil, et en conséquence à multiplier par dix la commande initiale[3].

Bell Aircraft Corporation[modifier | modifier le code]

Néanmoins, chez Consolidated, la majeure partie du temps et de l'énergie étaient consacrés sur la construction d'hydravions, comme le célèbre PBY Catalina, plutôt que sur les chasseurs. Cependant, le climat de Buffalo n'était pas vraiment favorable à cette activité : les hivers longs et rudes de cette partie des États-Unis limitaient considérablement les possibilités de tester les nouvelles constructions d'hydravions. Dans le souci de développement de la société, Reuben Fleet décida de délocaliser son activité à San Diego en Californie. Bell choisit de rester à Buffalo et fonda sa propre compagnie, la Bell Aircraft Corporation, le . Il débute modestement, avec seulement 56 employés. L'idée ne suscita pas un grand enthousiasme chez Fleet, néanmoins ce dernier promit à Larry de lui passer une commande d'une valeur totale de 2 millions de dollars pour la production de différents sous-ensembles pour Consolidated. En revanche, il attendait de la loyauté de la part de Larry, et lui demanda de ne pas essayer de retenir à Buffalo les employés que lui-même voulait emmener en Californie. Près de 60% des effectifs de Consolidated devait rester à Buffalo. Par ailleurs, tout l'équipement technique serait laissé à Buffalo[3].

Bell y voyait sa chance pour un développement rapide. Afin de payer l'émission d'actions de la nouvelle société, il réussit à trouver 150 000 dollars US au 1er septembre, montant qu'il doubla à la fin de novembre. Bell profita de l'opportunité que représentaient les locaux loués par Consolidated à l'American Radiator Company (en), et proposa au propriétaire, en guise de loyer, 100 actions de sa société. Pour l'achat des machines, Larry mobilisa 35 000 dollars, dont 17000 pour le rachat de l'équipement de Fleet. Mais en homme d'affaires habile, il présenta une offre pour un montant de un dollar, qui fut acceptée. Par contre, en dépit de ses promesses, il réussit à convaincre Robert Woods et deux membres de l'équipe de direction de rester avec lui à Buffalo[3].

En 1938 il est invité par le gouvernement, en même temps que 44 autres industriels américains, à participer à un voyage d'étude en Allemagne, alors en plein réarmement. Il vit le Focke-Wulf Fw 61, un des premiers hélicoptères au monde, et s'inspira du plan d'une usine aéronautique allemande pour réaliser sa propre usine de Niagara Falls.

Chaîne d'assemblage des P-39 Airacobra à l'usine Bell de Niagara Falls, état de New York

Bell Aircraft conçoit le Bell FM-1 Airacuda, un chasseur lourd bimoteur raté, puis le Bell P-39 Airacobra[1] et son successeur le Bell P-63 Kingcobra[1], un chasseur monomoteur qui aura une utilisation intensive durant la Seconde Guerre mondiale. En pleine guerre, Bell construit le Bell P-59 Airacomet, le premier avion à réaction américain[1]. Après-guerre, la compagnie produit le Bell X-1, le premier avion au monde à briser le mur du son[1] en vol horizontal[4]. À partir de 1941, la firme se spécialise dans la fabrication d'hélicoptères[1], débutant avec le Bell modèle 30 qui fit son vol inaugural en 1943[1]. Ce premier modèle fut amélioré pour aboutir en 1945 au Bell 47[1], l'un des aéronefs les plus aisément reconnaissables de l'histoire de l'aviation, puis le Bell UH-1 Iroquois qui eut un emploi intensif durant la Guerre du Viêt Nam[1], le Bell 209 « Huey Cobra », le 206A JetRanger, l'un des hélicoptères légers les plus vendus au monde, le Bell 309 KingCobra (en), et le Bell 206L LongRanger qui fut, en 1982, le premier hélicoptère à accomplir un tour du monde, performance réussie en 29 jours et 3 heures.

Lawrence Bell a subi un accident vasculaire cérébral en 1956, et a agonisé pendant plusieurs mois avant de mourir[5] le , à l'âge de 62 ans, à Buffalo. Il est inhumé au cimetière de Forest Lawn (en) à Buffalo[2].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k et l Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 89
  2. a b et c (en) « Lawrence Dale Bell », sur Find A Grave, (consulté le 22 mars 2019).
  3. a b c d e f g et h Jacek Tomalik, Bell P-39 Airacobra, vol. 1, Toulouse, éditions Drivers collection les carnets de l'aviation, , 80 p. (ISBN 2-95163-577-X, EAN 978-2-95163-577-7), p. 39.
  4. a et b (en) « Lawrence Dale Bell. American aircraft designer », sur Encyclopaedia Britannica (consulté le 22 mars 2019).
  5. a b c d e et f (en) « Lawrence Bell », sur NNDB (consulté le 22 mars 2019).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]