Chuck Yeager

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US-O7 insignia.svg Chuck Yeager
Charles Yeager dans les années 1940
Charles Yeager dans les années 1940

Surnom Chuck
Naissance (94 ans)
Myra (en) (Virginie-Occidentale, États-Unis)
Allégeance US Army Air Corps Hap Arnold Wings.svg United States Army Air Forces
Seal of the US Air Force.svg United States Air Force
Grade US-O7 insignia.svg Général de brigade
Années de service 1941-1975
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre du Viêt Nam
Distinctions Army Distinguished Service Medal (2)

Silver Star (2)
Distinguished Flying Cross (3)
Legion of Merit (2)
Bronze Star
Purple Heart
Médaille présidentielle de la Liberté
Congressional Silver Medal

Autres fonctions Instructeur
Pilote d'essai

Charles Elwood « Chuck » Yeager (né le à Myra, en Virginie-Occidentale) est un aviateur américain. Il est célèbre pour avoir été le premier à franchir le mur du son, à bord du Bell X-1, le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Charles "Chuck" Yeager entre dans l'US Army Air Corps quelques mois avant l'engagement des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, le . Affecté en Grande-Bretagne à partir de , il acquiert le statut d'as de l'aviation et termine le conflit avec le grade de capitaine et treize appareils allemands abattus à son palmarès. Il est un des premiers pilotes à avoir abattu un Me 262.

Le 4 mars 1944, aux commandes de son North-American P-51B « Mustang », baptisé Glamourus Glen, il remporte sa 1re victoire en combat aérien, sur un Messerschmitt Bf 109, mais le lendemain, pour sa 9e mission de guerre, alors qu'il fait partie de l'escorte de chasse d'une vague de 219 bombardiers B-24 allant pilonner les aérodromes du sud-ouest de la France, il est pris à partie, entre Bordeaux et Toulouse, par des Focke-Wulf Fw 190 de la Jagdgruppe West — une unité d'entraînement avancé de la Luftwaffe, basée à Cazaux[1].

P-51b du 357th Fighter Group

Son appareil est touché par une rafale et ses câbles de commande étant sectionnés, Yeager est obligé d'évacuer son avion, à une altitude de 6 000 mètres après avoir retiré son masque à oxygène. Sentant qu'il risque de s'évanouir dans sa chute, il ouvre son parachute relativement haut, à 2 500 mètres, se mettant à la merci des chasseurs allemands. Et malgré que cela soit contraire au code militaire de tirer sur un homme sous parachute et sans défense, le pilote l'ayant descendu plonge à nouveau sur lui pour une nouvelle passe. Yeager est sauvé par son ailier, le capitaine William " OBee " O'Brien, du 363rd Fighter Squadron, 357th Fighter Group (en), qui vient à son tour, abattre le Fw 190 du pilote allemand, Irmfried Klotz. Ce dernier se tue au sol, son parachute ne s'étant pas ouvert. Recueilli par la résistance française, Yeager est évacué par l'Espagne et reprend le combat dès le début de l'été 1944. Après guerre, Chuck Yeager est revenu plusieurs fois sur le site où il avait sauté en parachute, et le survola même 64 ans plus tard, à bord d'un A380, lors d'une visite qu'il fit chez Airbus, à Toulouse, en 2008. Des éléments récupérés du Mustang de Yeager, ainsi que du Focke Wulfe abattu sont exposés au musée Aeroscopia de Toulouse[1],[2].

Dans ses mémoires, Yeager, An Autobiography, il a évoqué les atrocités qu'il avait ordre de commettre contre les civils allemands : « Des atrocités furent commises par les deux camps. (…) Une zone de cinquante miles sur cinquante à l'intérieur de l'Allemagne fut assignée à nos soixante-quinze Mustangs et ils reçurent l'ordre de mitrailler tout ce qui bougeait. Le but était de démoraliser la population allemande. (…) Si quelqu'un avait refusé de participer (et, autant que je me souvienne, personne ne refusa), il aurait probablement été traîné en cour martiale. » Yeager ajoute que, lors d'un briefing, il murmura à son voisin : « Si nous faisons des choses pareilles, nous devrons vraiment nous efforcer d'être dans le camp des vainqueurs. » Il conjecture que, pour faire commettre ces atrocités, le haut commandement se donnait pour excuse l'imbrication entre armée et population civile dans l'Allemagne du temps de guerre : « Le fermier qui labourait son champ de pommes de terre nourrissait peut-être des troupes allemandes. Et parce que l'industrie allemande était détruite par les bombardements incessants, la fabrication de munitions était devenue une industrie artisanale, dispersée à travers le pays dans des centaines de maisons et de fabriques locales, ce qui était l'excuse des Britanniques pour les tapis de bombes et les bombes incendiaires sur cibles civiles. En guerre, les militaires hésiteront rarement à frapper des civils qui sont dans le chemin ou à prendre des civils pour cible pour diverses raisons stratégiques[3]. »

De Glamourus Glen à Glamorous Glennis[modifier | modifier le code]

Le nom de baptême des avions de Chuck Yeager, que l'on peut traduire littéralement par, la belle Glennis, provient du prénom de sa fiancée, Glennis Faye Dickhouse. Mais le soldat qui peignit le nose art du P-51 Mustang matricule 43-6763, fit une faute d'orthographe en inscrivant Glamourus Glen au lieu de Glamorous Glen. La faute fut ensuite corrigée sur les P-51D matricule 44-13897 et 44-14888, que Yeager pilota lors de son retour en opération, à l'été 1944 et qui furent respectivement baptisés Glamorous Glen II et Glamorous Glen III. En 1947, le Bell X-1, du record du mur du son, fut lui baptisé, Glamorous Glennis de même que le Mc Donnell Douglas F-15, qu'il pilota en octobre 1997 afin de marquer le 50e anniversaire de son exploit.

Pilote d'essai[modifier | modifier le code]

Chuck Yeager dans le cockpit du Bell X-1 supersonic research aircraft baptisé "Glamorous Glennis" ; photo du Department of the Air Force prise en mai 1948.

Après la guerre, il reste dans l'US Air Force nouvellement créée et devint pilote-instructeur, puis pilote d'essai à partir de juillet 1945. Transféré sur la base de Muroc Field en Californie (aujourd'hui la base Edwards), il est le premier homme à franchir le mur du son le à 10 h 18, à bord du prototype Bell X-1, avion fusée dessiné d'après la balle de calibre 12,7 mm qui sort du canon d'un fusil à vitesse supersonique[4]. La veille de ce vol historique, Chuck fait une chevauchée dans le désert et chute, se brisant deux côtes. Résolu à ne pas déclarer forfait pour ce vol d'essai, il tait son accident et monte le lendemain, blessé, à bord de l'appareil : pour fermer le baie vitrée de son cockpit, il doit improviser un levier de fortune avec un morceau de manche à balai dissimulé dans son blouson de cuir.

En , Chuck Yeager est l'un des premiers américains à piloter un MiG-15 qu'un pilote déserteur Nord-Coréen, No Kum-Sok, a remis à l'armée américaine.

En mai 1955, il retourne en Europe avec le grade de lieutenant-colonel pour prendre le commandement du 417th Fighter-Bomber Squadron sur la base de Hahn en RFA, puis sur la base de Toul-Rosières en France, de juillet 1956 à juillet 1957.

Le , Yeager échappe de justesse à la mort, alors qu'il perd le contrôle du prototype Lockheed NF-104A à l'altitude de 108 700 pieds (33 131 mètres). Parvenant à s'éjecter après une chute vertigineuse de 100 200 pieds (30 540 mètres), il s'en sortira gravement brûlé.

Les deux vols sont racontés dans le livre de Tom Wolfe et le film du même nom de Philip Kaufman, L'Étoffe des héros (The Right Stuff).

En , il prend le commandement du 405th Fighter Wing sur la base aérienne américaine de Clarke, aux Philippines, et effectue 127 missions au-dessus du Viêt Nam.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Après avoir été promu brigadier-général en , Yeager occupe divers postes avant de prendre sa retraite de l'US Air Force le .

En 1986, il fit partie de la Commission Rogers chargée d'enquêter sur l'accident de la navette spatiale Challenger, détruite au lancement le . Le , pour fêter l'anniversaire des 50 ans du passage du mur du son, il vole à bord d'un F15 Eagle et le repasse symboliquement.

En 2003, alors âgé de 80 ans, il vole à Oshkosh sur un P-51 Mustang, en duo avec son camarade d'escadrille de l'époque, le colonel Bud Anderson.

Pour le 65e anniversaire de son exploit, le , Felix Baumgartner devient le premier homme à passer le mur du son en chute libre.

Divers[modifier | modifier le code]

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  • Pour son vol à bord du Bell X-1, Chuck Yeager porte une Rolex Oyster ; la marque ne manque pas de le rappeler dans des campagnes publicitaires.
  • Il est membre honoraire de Wings of hope.

Décorations[modifier | modifier le code]

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Chuck Yeager apporte son expertise technique et prête son nom, son image et sa voix à deux jeux vidéo d'Electronic Arts :

Au cinéma[modifier | modifier le code]

  • Dans le film L'Étoffe des héros, dont il est un des personnages principaux (son personnage est interprété par l'acteur Sam Shepard), il joue lui-même un tout petit rôle : celui d'un vieil homme qui sert des boissons dans le bar de Pancho Barnes, près de la base Edwards, et qui s'offusque qu'un des aviateurs soit refusé comme astronaute pour le motif qu'il n'a pas fait d'études supérieures (critique souvent formulée à son encontre).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gilles Collaveri, « "Chuck" Yeager au combat en France », Le Fana de l'Aviation, no 575,‎ , p. 27-30 (lire en ligne)
  2. Emmanuelle Rey, « Une pièce de Chuck Yeager à Aéroscopia », La Dépêche du Midi, (consulté le 15 janvier 2015)
  3. Yeager et Janos 1986, p. 79-80.
  4. Yeager et al. 1997, p. 14.
  5. Yeager et Janos 1986, p. 73.
  6. Yeager et Janos 1986, p. 76.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Jay Miller, The X-Planes: X-1 to X-45, United Kingdom, Hinckley, (ISBN 1-85780-109-1)
  • (en) Tom Wolfe, The Right Stuff, New York, Farrar, Straus and Giroux, (ISBN 0-374-25033-2)
  • (en) Chuck Yeager et Leo Janos, Yeager : An Autobiography, New york, Bantam, (ISBN 0-670-87460-4)
  • (en) Chuck Yeager, Bob Cardenas, Bob Hoover, Jack Russell et Young, The Quest for Mach One : A First-Person Account of Breaking the Sound Barrier, New York, Penguin Studio, (ISBN 0-670-87460-4)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]