Lari (peuple)

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Lari

Populations significatives par région
Drapeau de la république du Congo République du Congo 1 200 000
Drapeau de l'Angola Angola 900 000
Drapeau de la république démocratique du Congo République démocratique du Congo 500 000
Population totale 2 600 000
Autres

Les Lari (Laadi ou Ladi) sont un groupe ethnolinguistique de la République du Congo qui est lui-même un sous-groupe des Kongo, à l'instar des Vili ou des Yombé. Né vers la fin du XIXe siècle[1], il représente aujourd'hui entre 20 et 25 % de la population totale du Congo.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'établissement par le colonisateur français de la capitale Brazzaville tout près des zones d'habitations des Kongos a entraîné la fusion de plusieurs sous-groupes kongos pour former un nouveau groupe doté d'une identité nouvelle.

Des Sundis et d'autres se sont en outre identifiés par l'usage de la langue lari dès les années 1910.

Géographie[modifier | modifier le code]

Au Congo-Brazzaville[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, leur nombre est estimé dans le pays à 1,2 million d'individus. Ils vivent dans les villes de Brazzaville et Pointe-Noire ainsi que dans le département du Pool, où ils constituent la quasi-totalité de la population.

Langue[modifier | modifier le code]

Le lari est une langue qui appartient à la culture kongo et est une forme de kikongo parlée à Brazzaville. Le lari a toute de suite servi de relais à l'administration coloniale. Il est surtout utilisé par les instituteurs, les infirmiers, les administrateurs civils, les militaires, les policiers et les commerçants. Cette langue a permis le développement de la culture urbaine kongo. Cette culture se caractérise par le goût pour les apparats mondains, la musique, l'artisanat ou encore et surtout par la SAPE, culte de l'habillement de classe.

L'établissement de la population lari dans des grandes villes comme Brazzaville et Pointe-Noire a permis un ancrage et un développement de la langue lari.

Politique[modifier | modifier le code]

Si les premiers administrateurs congolais étaient issus du groupe Kongo/Lari, tout comme le premier président du Congo, Fulbert Youlou (le second étant assimilable à un mukongo), ce groupe a finalement été marginalisé et, avec la résurgence des antagonismes ethniques, est devenu la cible des exactions et de la répression, notamment entre 1993 et 2000.

La guerre du Pool de 1999 à 2003 a ainsi massivement impliqué les Lari.

Aujourd'hui, s'il est toujours relativement majoritaire avec 20 à 25 % de la population totale du pays, il est peu représenté dans les hautes fonctions civiles et militaires.

Personnalités laris[modifier | modifier le code]

  • Mi Mpanzu alias Bueta (Boueta en français) Mbongo, héros national puis a emmené depuis le pays Kongo un sous-groupe Nsundi dont les Lari sont issus et s’est rebellé contre les colons français.
  • André Matswa (ou Matsua; Matsoua en français) homme politique congolais.
  • Abbé Fulbert Youlou (Yulu) (le premier président de la république du Congo).
  • Franklin Boukaka (Bukaka) (chanteur engagé), guitariste et auteur-compositeur.
  • Monseigneur Nkounkou (Nkunku) (le premier monseigneur catholique de la république du Congo).
  • Cardinal Emile Biayenda (le premier cardinal catholique de la république du Congo).
  • Monseigneur Bantatou (Bantatu) (auteur et compositeur de plusieurs chansons religieuses).
  • Rapha Bounzeki (Bunzeki) auteur compositeur.
  • Colonel Nzalakanda (chef de la legion étrangère).
  • Jean Claude Nganga (ancien ministre de sport organisateur de premier jeux olympique au congo).
  • Bernard Kolelas (président du parti politique MCDDI, député et maire de Brazzaville, médiateur de la crise en 1977).
  • Sony Zabountatsi (Zabuntatsi) (écrivain, artiste).
  • Mbemba Tostao (ancien footballeur congolais. Champion d'Afrique en 1972).
  • Zoba Casmire (auteur compositeur et chanteur de la chanson Ancien combattant (reprise-adaptation de la chanson Petit n’imprudent d’Idrissa Soumaoro)).
  • Ndoudi (Ndudi) Philip (l'un des prémiers missionnaires chrétiens congolais ayant enseigné le message de Dieu du Prophète William Marion Branham)
  • Tsibambéléla (sénateur, ancien ministre pendant la transition de 1991 à 1992).
  • Maître Mbemba (avocat à la cour suprême et ancien député de Ngoma tsé-tsé)
  • Edgard Mouhani (Muhani) (ancien maire de Brazzaville allié du régime).
  • Jacques Loubelo (Lubelo) (auteur compositeur).
  • Raphaël Salabanzi (chef de service de renseignements généraux allié du régime).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Missié, « Ethnicité et territorialité », Cahiers d’études africaines, no 192,‎ , p. 835-864 (lire en ligne, consulté le 3 octobre 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dia Nkuka Diamoneka, Subjectivité et interrelationnalité dans une société négro-africaine : lecture herméneutique du mukisi des Koongo-Lari, Université de Strasbourg 2, 1989 (Thèse)
  • Pascal Makambila, Croyances et pratiques magiques des Kongo-Lari de la République populaire du Congo, "Kindoki", Université de Bordeaux 2, 1976, 338 p. (Thèse)
  • Pascal Makambila, L'imaginaire dans la vie sociale des Kongo-Lari de la République du Congo des origines à nos jours, Université de Bordeaux 3, 1995 (Thèse)
  • Estelle Nkounkou-Hombessa, Le développement psycho-moteur du bébé Kongo-Lari : environnement culturel et aspects cognitifs, Université de Paris 5, 1988 (Thèse)
  • Isidore Leroy Louengo, Boueta Mbongo, héros des premières heures, Paari-éditeur, 2020

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Congo : Lari, Mbochi (enregistrements réunis et commentés par Charles Duvelle), Universal Division Mercury, Collection Prophet, vol. 18, 2000, 1 CD (55 min 39 s) + 1 brochure (19 p.)