La Vérité sur Bébé Donge

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La Vérité sur Bébé Donge
Image illustrative de l’article La Vérité sur Bébé Donge
Arsenic

Auteur Georges Simenon
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Genre Roman policier
Éditeur Gallimard
Lieu de parution Paris
Date de parution
Nombre de pages 221

La Vérité sur Bébé Donge est un roman policier de Georges Simenon écrit en 1940 et paru en aux éditions Gallimard.

Écriture du roman[modifier | modifier le code]

Ce roman a été écrit par Georges Simenon à la ferme-moulin du Pont-Neuf à Vouvant en Vendée, où résidait l'auteur après la défaite française, entre août 1940 et le , date de l'ultime feuillet. Il est tout d'abord publié en 12 épisodes parus dans le magazine Lectures 40 entre le 15 juin et le 1er décembre 1941 illustrés par Laszlo Fircsa avant d'être édité en intégralité aux éditions Gallimard à la fin de [1].

C'est l'un des rares romans de Georges Simenon dont il n'est pas connu d'« enveloppe jaune » associée[1].

Résumé[modifier | modifier le code]

Un après-midi de déjeuner dominical familial, François Donge, un entrepreneur d'une petite ville de province dans l'Aube, est pris de violentes douleurs à l'estomac quelque temps après avoir bu son café. Chimiste de formation, il reconnait immédiatement les symptômes d'un empoisonnement à l'arsenic et comprend que sa femme Eugénie, dite Bébé, vient de commettre l'acte. Aidé de son frère Félix, il fait appel au médecin qui réussit avec des lavages en urgence à juguler l'intoxication et l'envoyer à temps à la clinique où il est traité pour ses hémorragies multiples. Bébé Donge est immédiatement arrêtée et, dans le plus grand calme, confesse son crime et la préméditation de l'acte, bouleversant le reste de la famille.

Alors que François récupère à l'hôpital, il tente de comprendre les motivations de sa femme et refait mentalement le parcours de leur vie commune, depuis leur rencontre à Royan une dizaine d'années auparavant, le rapide mariage qui suivit et sa triste nuit de noce, et leur installation en province. François réalise qu'il a été un mari entièrement tourné vers son travail, sa réussite sociale bourgeoise, et l'assouvissement de ses envies sexuelles auprès de ses nombreuses maitresses dès le début de son mariage pour combler l'évidente absence d'entente sur ce terrain avec Bébé. Très vite le couple avait décidé d'une entière liberté au seul prix de la franchise. Ils décidèrent malgré tout d'avoir un enfant, ce qui ne combla toutefois pas le vide de la vie de Bébé. Seule la fréquentation de Mlle Lambert avait semblé enjouer Bébé Donge, jusqu'au jour où François, excédé de son omniprésence autour de sa femme, la renvoie de leur demeure. Moment décisif qui lui apparaît dès lors comme la cristallisation de la résolution prise par sa femme de le tuer.

Sur son lit d'hôpital, il en vient petit à petit à comprendre l'enfermement insupportable, la « cruauté morale » dans laquelle il a tenu sa femme et lui pardonne son acte : il se sent en réalité le seul coupable de cette situation. Son entourage ne parvient pas à comprendre ce revirement et les angoisses profondes dans lesquelles il tombe à l'approche du procès de Bébé. Justifiant au tribunal son acte par l'acculement dans lequel elle s'est trouvée et le sentiment que pour que cela cesse « c'était elle ou lui qui devait mourir » — et considérant toutefois qu'un jeune enfant à plus besoin d'une mère que d'un père —, elle est finalement condamnée à cinq années de travaux forcés. François réussit à l'entrevoir à la sortie du procès et Bébé lui déclare froidement toute la haine qu'elle éprouve pour lui. Plus aimant qu'il ne fut jamais, il décide d'attendre sa sortie de prison.

Analyse du roman[modifier | modifier le code]

Le roman se situe sur deux plans constamment enchevêtrés : l’un fait référence au temps « réel » du roman (une saison), l’autre, par une série de retours au passé, recouvre les dix années de mariage des époux Donge et explique les événements actuels[2]. L’instruction du procès est notamment évoquée sous forme d’une transcription des questions et réponses.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • François Donge, industriel aisé dans divers secteur d'activité imbriqués (tannerie, plastique, fromage, élevage de porc). Trente ans environ.
  • Eugénie « Bébé » Donge, née d’Onneville, sœur de Jeanne, épouse de François.
  • Félix Donge, frère et associé de François.
  • Jeanne Donge, née d'Onneville, sœur de Bébé, épouse de Félix.
  • Jacques, fils de François et Bébé.
  • Jeannie et Bertand, fils et fille de Félix et de Jeanne
  • Veuve Mme d'Onneville: mère de Bébé et de Jeanne.
  • Le personnel de maison : Marthe la femme de chambre, Papau le jardinier et Clo la cuisinière
  • Inspecteur Janvier de la brigade mobile
  • Docteur Pinaud, médecin de famille
  • M. Giffre, juge d'instruction

Adaptations[modifier | modifier le code]

Le roman a été adapté à l'écran par le réalisateur Henri Decoin dans un film homonyme sorti en 1952, avec Jean Gabin et Danielle Darrieux dans les rôles principaux.

Éditions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notes de La Vérité sur Bébé Donge, Pedigree et autres romans, Bibliothèque de la Pléiade, 2009, (ISBN 978-2-07-011798-7), p. 1547.
  2. L'Univers de Simenon, sous la direction de Maurice Piron avec la collaboration de Michel Lemoine.