Kyste pilonidal

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Kyste pilonidal
Description de cette image, également commentée ci-après
Deux kystes pilonidaux constitués dans le sillon inter-fessier d'un homme adulte.

Traitement
Spécialité DermatologieVoir et modifier les données sur Wikidata
Classification et ressources externes
CISP-2 S85Voir et modifier les données sur Wikidata
CIM-10 L05
CIM-9 685
OMIM 173000
DiseasesDB 31128
eMedicine 788127
MeSH D010864

Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

Le kyste pilonidal est un kyste qui se forme autour d'un poil ou d'un cheveu court. Il se développe le plus souvent sur le sillon interfessier, mais aussi parfois à la main des coiffeurs, voire à l'ombilic (le nombril). Le traitement chirurgical est simple. Toutefois, il peut demander de nombreux soins post-opératoires.

Incidence[modifier | modifier le code]

Le kyste pilonidal interfessier affecte essentiellement les adultes jeunes (fin de la deuxième décennie) avec une prédominance masculine (1 % de la population masculine et 0,1 % de la population féminine). Habituellement hirsutes, les patients sont le plus souvent d'origine européenne, rarement africaine et exceptionnellement asiatique[1].

L'apparition d'un kyste pilonidal interfessier est liée aux facteurs de risques suivants[2] :

  • obésité – 50 %
  • position sédentaire – 44 %
  • cas similaire dans la famille – 38 %
  • irritation locale ou traumatisme précédant les premiers symptômes – 34%

Le kyste pilonidal interdigital est parfois décelé chez les coiffeurs et il est reconnu comme une affection d'origine professionnelle[1],[3],[4].

Un kyste pilonidal peut également survenir à l'ombilic[5].

Physiopathologie[modifier | modifier le code]

Le kyste pilonidal, qu'il se développe au sillon interfessier, à l'espace interdigital ou à l'ombilical, provient de la réaction granulomateuse à un poil ou un cheveu court inséré dans la peau[1].

Description[modifier | modifier le code]

Le kyste pilonidal se présente généralement sous la forme d'une petite boule palpable et douloureuse lorsqu'il est inflammé[1]. De légère à très douloureuse, la gêne causée peut varier, et passe parfois inaperçue si le kyste n'est pas inflammé.

Complications[modifier | modifier le code]

Traitement[modifier | modifier le code]

Médicamenteux[modifier | modifier le code]

Le traitement de la douleur est indispensable et se fait progressivement, conformément aux préconisations de l'OMS. Une technique alternative non recommandée, mise au point dans le milieu militaire, consiste à traiter le kyste avec du phénol. Ce protocole demande beaucoup d'expertise et n'est pratiqué que dans un nombre réduit d’hôpitaux, notamment celui d'Alençon[réf. souhaitée]. De la vaseline est utilisée comme antidote. Il permettrait néanmoins une guérison très rapide, le drain ne restant que quelques jours.

Chirurgical[modifier | modifier le code]

En urgence. Si le kyste est très inflammatoire et que la douleur est intense, le chirurgien pratique une incision au bloc opératoire et réalise un drainage, la pose d'une mèche, puis prescrit un traitement antibiotique. Il programme une nouvelle intervention à froid une fois l'inflammation disparue.

En chirurgie programmée. Si le kyste n'est pas inflammé, une intervention chirurgicale est programmée. Plusieurs types d'anesthésies peuvent être proposés en fonction de chaque cas. L'intervention est simple puisqu'il s'agit de mettre un marqueur de type bleu de méthylène pour visualiser toutes les fistules (canal d'évacuation du kyste vers l'intérieur du corps) et toutes les ramifications de ce dernier. Le chirurgien pratique généralement une ablation totale de la zone[1].

Laser[modifier | modifier le code]

Le traitement au laser est une méthode plus légère qui se répand en France[6][source insuffisante]. Elle consiste à faire passer une petite sonde le long du trajet du kyste. L’extrémité de cette sonde est équipée d’un laser qui brûle la paroi du kyste. La cicatrisation est rapide et la plaie, superficielle, ne nécessite pas de pansement particulier. L'intervention non douloureuse n’entraîne une incapacité de travail que de 2 à 3 jours[7].

Traitement endoscopique. Ce traitement a été développé en 2014[8] afin de réduire le temps de cicatrisation. Il consiste à réaliser une fistuloscopie (insertion d'un endoscope de petit calibre dans les pertuis cutané) afin de réséquer les poils, les débris cutanés et de coaguler la paroi du kyste[9]. La cicatrisation dure en moyenne une dizaine de jours. Le taux de récidive est de 5 % et est comparable aux techniques standards[10],[11],[12],[13].

Surveillance post-opératoire. La durée de cicatrisation, et donc de convalescence, peut être longue (3 à 8 semaines environ[1]) car il est généralement déconseillé de refermer la plaie (risque de récidive).

Diagnostic différentiel[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f S Guichard, « Kyste pilonidal », Thérapeutique Dermatologique,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. « Pilonidal sinus disease », sur www.worldwidewounds.com (consulté le )
  3. (de) Jochims J, Brandt KA, « [Interdigital pilonidal sinus ("barber's disease")--a rare occupational disease] », Chirurg., vol. 69, no 11,‎ , p. 1280-1. (PMID 9864643)
  4. (en) Efthimiadis C, Kosmidis C, Anthimidis G, Grigoriou M, Levva S, Fachantidis P, Psihidis G, « Barber's hair sinus in a female hairdresser: uncommon manifestation of an occupational disease: a case report », Cases J, vol. 1, no 1,‎ , p. 214. (PMID 18837967, PMCID PMC2567301, DOI 10.1186/1757-1626-1-214, lire en ligne [html]) modifier
  5. (en) McClenathan JH, « Umbilical pilonidal sinus », Can J Surg., vol. 43, no 3,‎ , p. 225 (PMID 10851419, PMCID PMC3695167)
  6. « Tout savoir sur l'opération au laser du kyste pilonidal - https://kyste-pilonidal.fr », https://kyste-pilonidal.fr (consulté le ).
  7. « Traitement du kyste pilonidal : une révolution! - CHU Tivoli », CHU-Tivoli.be, (consulté le ).
  8. P. Meinero, L. Mori et G. Gasloli, « Endoscopic pilonidal sinus treatment (E.P.Si.T.) », Techniques in Coloproctology, vol. 18, no 4,‎ , p. 389–392 (ISSN 1128-045X, PMID 23681300, DOI 10.1007/s10151-013-1016-9, lire en ligne, consulté le )
  9. J. Cahais, « Endoscopic pilonidal sinus disease treatment (EPSiT) », Journal of Visceral Surgery,‎ (ISSN 1878-7886, PMID 33962899, DOI 10.1016/j.jviscsurg.2021.02.008, lire en ligne, consulté le )
  10. T. Tien, R. Athem et T. Arulampalam, « Outcomes of endoscopic pilonidal sinus treatment (EPSiT): a systematic review », Techniques in Coloproctology, vol. 22, no 5,‎ , p. 325–331 (ISSN 1128-045X, PMID 29850944, DOI 10.1007/s10151-018-1803-4, lire en ligne, consulté le )
  11. P. Meinero, A. Stazi, A. Carbone et F. Fasolini, « Endoscopic pilonidal sinus treatment: a prospective multicentre trial », Colorectal Disease: The Official Journal of the Association of Coloproctology of Great Britain and Ireland, vol. 18, no 5,‎ , O164–170 (ISSN 1463-1318, PMID 26946340, DOI 10.1111/codi.13322, lire en ligne, consulté le )
  12. Alessio Pini Prato, Cinzia Mazzola, Girolamo Mattioli et Maria Escolino, « Preliminary report on endoscopic pilonidal sinus treatment in children: results of a multicentric series », Pediatric Surgery International, vol. 34, no 6,‎ , p. 687–692 (ISSN 1437-9813, PMID 29675752, DOI 10.1007/s00383-018-4262-0, lire en ligne, consulté le )
  13. Piercarlo Meinero, Marco La Torre, Giorgio Lisi et Alessandro Stazi, « Endoscopic pilonidal sinus treatment (EPSiT) in recurrent pilonidal disease: a prospective international multicenter study », International Journal of Colorectal Disease, vol. 34, no 4,‎ , p. 741–746 (ISSN 1432-1262, PMID 30719564, DOI 10.1007/s00384-019-03256-8, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]