Kōji Wakamatsu

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Kōji Wakamatsu
Nom de naissance Takashi Itō
Naissance
préfecture de Miyagi (Japon)
Nationalité Drapeau du Japon Japonaise
Décès (à 76 ans)
Tokyo (Japon)
Profession Réalisateur
Films notables Quand l’embryon part braconner
Les Anges violés
Le Fou de Shinjuku
L’Extase des anges
United Red Army

Kōji Wakamatsu (若松 孝二, Wakamatsu Kōji?), nom d'artiste de Takashi Itō (伊藤孝, Itō Takashi?), né le dans la préfecture de Miyagi et mort le à Tokyo, est un réalisateur japonais important des années 1970.

Biographie[modifier | modifier le code]

Kōji Wakamatsu grandit dans un village de la campagne japonaise. Adolescent, il est renvoyé du lycée agricole à la suite d'une bagarre, et décide de partir s'installer à Tokyo à l'âge de 17 ans. Il y fait différents métiers, mais se retrouve bientôt sous les verrous pour avoir participé à une rixe. À sa sortie de prison après 5 mois d'incarcération, il rejoint un clan de Yakuzas. C'est par ce biais qu'il découvre le monde du cinéma en surveillant les plateaux de tournage pour le compte de son organisation.

En 1959, il entame une carrière de réalisateur à la télévision avant de tourner, quatre ans plus tard, ses premiers films pour le cinéma. Il fait ses débuts dans le pinku eiga, genre érotique japonais qui lui laisse une totale liberté de ton. Ses films sont ainsi souvent très politiques et traitent des rapports de domination, qu'il soit homme/femme, étatique, ou autre.

En 1965, il fonde sa propre maison de production Wakamatsu Production, et réalise Les Secrets derrière le mur qui provoque l'indignation quasi générale et un incident diplomatique entre le Japon et l'Allemagne lorsque le film est sélectionné au Festival de Berlin.

Kōji Wakamatsu, qui coécrit la plupart de ses films avec Masao Adachi, réalise une dizaine de longs-métrages par an, souvent tournés dans l'urgence. Certains de ses films sont des brûlots anarchistes qui sont encore aujourd'hui censurés dans de nombreux pays tels que les États-Unis, la Russie ou la Chine. Réalisateur radical, il s'intéresse au mouvement d'extrême gauche japonais, ainsi qu'à la cause palestinienne.

En 1971, il obtient enfin une reconnaissance internationale à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes avec Les Anges violés et Sex Jack, et ralentit en même temps son rythme de production. Il produit cinq ans plus tard le controversé L'Empire des sens de Nagisa Oshima.

Kōji Wakamatsu est considéré comme « le réalisateur le plus important ayant émergé du pinku eiga »[1] et « l'un des plus grands réalisateurs japonais des années 1960 »[2].

Ses deux derniers films United Red Army et Le Soldat dieu sont récompensés au Festival de Berlin en 2008 et en 2010.

Le , il est invité au Festival international du cinéma de Venise où il déclare : « Maintenant je veux vraiment faire un film sur la Tokyo Electric Power Company. Personne ne veut en faire un, alors je vais sérieusement me battre contre Tepco. »

Il meurt un mois et demi plus tard après avoir été renversé, le , par un taxi dans le quartier de Shinjuku à Tokyo [3],[4], alors qu'il rentrait d'une réunion consacrée au budget de son prochain film sur le lobby nucléaire et Tepco[5].

Opinions[modifier | modifier le code]

Koji Wakamatsu était communiste et partisan des guérillas armées dans les années 1970. Il a peu à peu changé de point de vue jusqu'à critiquer les groupes armés dans United Red Army. En 2010, il indique ne plus supporter « les militants qui appelaient à la guerre, à une révolution mondiale. […] Tout ce qu'ils savent faire c'est proférer des théories sans même accepter le fait que les temps ont changé. »[6].

Dans Le Soldat-dieu, il exprime clairement des positions pacifistes, condamnant les horreurs de la guerre.

En 2010, il explique que le cinéma est pour lui un outil lui permettant d'exprimer ce qu'il ressent, et que le point de départ de ses films est la colère[6].

Méthodes[modifier | modifier le code]

Les films de Koji Wakamatsu sont pour beaucoup tournés avec peu de moyens, ce qui constitue le mode de fonctionnement de Wakamatsu Production. Ses tournages sont courts, les prises sont peu nombreuses voire uniques. Il estime qu'en ne laissant « qu'une seule chance, vous n'avez pas besoin de répétition »[6].

Filmographie sélective[modifier | modifier le code]

Cette liste, non exhaustive, regroupe les films de Kōji Wakamatsu ayant fait l'objet d'une rétrospective à la Cinémathèque française[7] ainsi que certains de ses titres plus récents (comme 25 novembre 1970 : le jour où Mishima choisit son destin et The Millennial Rapture).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. David Desser, Eros Plus Massacre: An Introduction to the Japanese New Wave Cinema, 1988, Bloomington and Indianapolis, Indiana University Press, p. 99 (ISBN 0-253-31961-7).
  2. Tadao Sato, Currents in Japanese Cinema, traduction Gregory Barret, 1982, Tokyo, Kodansha International Ltd. (ISBN 0-87011-815-3).
  3. « Le cinéaste japonais Koji Wakamatsu est mort accidentellement » sur lemonde.fr.
  4. « Décès accidentel du réalisateur japonais Koji Wakamatsu » sur romandie.com.
  5. « Wakamatsu e l’Impero senza veli ».
  6. a b et c Bich-Quân Tran et Mathieu Col, Le Soldat-Dieu un film de Koji Wakamatsu (Livret du DVD), 18 p.
  7. Voir sur le site de la Cinémathèque française.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Julien Sévéon, « Kōji Wakamatsu : Portrait, carrière et interview » in Le Cinéma enragé au Japon, 310 p., Rouge Profond, 2010
  • Kōji Wakamatsu, cinéaste de la révolte, avec des textes de Jean-Baptiste Thoret, Kōji Wakamatsu, Nagisa Oshima et Go Hirasawa, 194 p., Éditions IMHO, 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]