Kinsky (cheval)

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Kinsky
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Kinsky de robe isabelle
Kinsky de robe isabelle

Région d’origine
Région Drapeau de la République tchèque République tchèque
Caractéristiques
Morphologie Cheval de selle
Taille De 1,60 m à 1,75 m
Robe Souvent dorée
Autre
Utilisation steeple-chase, puis dressage et saut d'obstacles

Le Kinsky est une race chevaline originaire de l'actuelle république tchèque. Il fut l'un des chevaux de races les plus populaires dans le monde à l'époque de son succès dans les steeple-chase, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. L'arrivée du communisme entraîne la dispersion de ces chevaux dans toute l'Europe avec la saisie du haras de la famille Kinsky. La race est néanmoins préservée et perdure jusqu'à nos jours, sous l'influence de nombreux croisements. Le Kinsky est caractérisé par ses capacités athlétiques, et par l'éclat doré de sa robe, dû au gène crème.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ferdinand Bonaventura Kinsky avec l'un de ses chevaux, d'après une lithographie de Josef Kriehuber, 1846

La race était surnommée autrefois le « cheval doré de la Bohême »[1]. Elle doit son nom à la famille Kinsky, dont on retrouve trace à partir de 1205[2]. Bien que l'élevage soit une tradition ancienne[2], elle est issue de très nombreux croisements récents[3]. En 1776, le comte Kinsky voyage en Angleterre pour y acquérir les meilleurs Pur Sangs qu'il puisse trouver. En 1813, la comtesse Kristina Kinsky-Liechtenstein se rend à un congrès international à Vienne sur le dos d'un cheval doré de l'élevage familial. L’événement, largement signalé et commenté dans les sources de l’époque, entraîne une grosse demande de chevaux auprès de la famille Kinsky, y compris en dehors de la Bohême. C'est finalement le comte Oktavian Kinsky qui, dans les années 1830, créé un réel haras de « chevaux dorés »[2]. Grâce à ses fonctions de diplomate[4], il importe également les traditions anglaises, telles que la chasse au renard et les courses de steeple-chase en 1846. En 1874, la création du Grand steeple chase de Pardubice donne l'occasion à la famille de faire briller les chevaux de son haras, qui remportent neuf fois la compétition. En 1883, la jument Zoedone voyage en Angleterre à Aintree et remporte le Grand National, montée par le comte Karel (Charles) Kinsky[2]. En 1937, le steeple-chase de Pardubice est remporté pour la première fois par une femme, la comtesse Lata Brandisova, qui monte un Kinsky[2].

L'arrivée du communisme en 1948 est un désastre pour cet élevage, car les autorités de l'URSS saisissent tous les chevaux de la famille Kinsky et interdisent la chasse au renard[2]. Un grand nombre de chevaux sont vendus à des pays étrangers, en particulier l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse, l'Angleterre, les Pays-Bas et la Belgique[5]. certains représentants sont absorbés dans la race du Selle tchèque[1]. Les effectifs se réduisent au point que le Kinsky a presque disparu dans les années 1950. Quelques chevaux subsistent grâce à des sympathisants de la famille, et remportent même certaines courses d'obstacles dans les années 1960 et 1980[2]. La chute du communisme en 1989 entraîne l'érection de la race Kinsky au statut de trésor national[2].

Pierre et Libuse Půlpánovým deviennent les propriétaires du troupeau reproducteur de référence en 1991[5]. Le stud-book du Kinsky est créé en 2005[3].

Description[modifier | modifier le code]

La taille moyenne va de 1,65 m à 1,70 m selon le site web tchèque de l'association de la race[5], ou de 1,62 m à 1,75 m selon CAB International[1]. Le Kinsky ressemble extérieurement à un cheval de sport typique, et présente le patrimoine génétique classique des autres races sportives, n'étant distingué que par la couleur « dorée » de sa robe[1]. Bien qu'il soit surnommé le « cheval doré de la Bohême », seuls 40 % des chevaux portent en réalité cette robe « dorée », due à la présence du gène crème[2]. La couleur la plus classique est le palomino, caractérisé par une robe dorée et une crinière blanche[5].

Utilisations[modifier | modifier le code]

C'est désormais un cheval de sport, adapté au dressage et au saut d'obstacles. Il se retrouve aussi en polo[2], à l'attelage et pour la chasse. Réputés faciles à monter, les Kinsky sont souvent utilisés comme chevaux d'école[5].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

Le Kinsky est protégé par les lois de conservation des races à faibles effectifs dans la république tchèque. Les relevés de populations transmis à la FAO en 2013 comptent entre 360 et 400 animaux, avec une tendance à la stabilité[3]. En 2016, les effectifs sont estimés être sous les 400 individus[1]. On compte 55 étalons reproducteurs et 275 juments inscrites au stud-book. Les propriétaires tchèques détiennent en moyenne deux chevaux[3].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

La jument Zoedone, vainqueur du Grand National en 1883, est citée dans un roman de Claude Beddington[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Porter et al. 2016, p. 459.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j « Equus kinsky history », sur www.equus-kinsky.com (consulté le 29 octobre 2015).
  3. a, b, c et d (en) « Kun Kinsky/Czech Republic », Domestic Animal Diversity Information System of the Food and Agriculture Organization of the United Nations (DAD-IS) (consulté le 29 octobre 2015)
  4. Hope et Jackson 1973, p. 166.
  5. a, b, c, d et e (cs) « Kůň Kinský - konicci.cz », sur konicci.cz (consulté le 30 octobre 2015)
  6. (en) Claude Beddington, All that I have met, Cassell and Co., , p. 129.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Hope et Graham 1973] (en) Charles Evelyn Graham Hope et Noel Jackson, The encyclopedia of the horse, Viking Press, , 336 p.
  • [Porter et al. 2016] (en) Valerie Porter, Lawrence Alderson, Stephen J.G. Hall et Dan Phillip Sponenberg, Mason's World Encyclopedia of Livestock Breeds and Breeding, CAB International, , 6e éd., 1 107  p. (ISBN 1-84593-466-0, OCLC 948839453), « Kinsky », p. 459. Voir et modifier les données sur Wikidata