Jules Delafosse

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Jules Delafosse
Illustration.
Fonctions
Député de la circonscription de Vire
Prédécesseur Arsène Picard
Successeur Émile Chenel
Député de la circonscription de Vire
Prédécesseur Émile Chenel
Successeur Camille Cautru
Biographie
Nom de naissance Jules-Victor Delafosse
Date de naissance
Lieu de naissance Pont-Farcy (Calvados)
Date de décès
Lieu de décès Paris
Nationalité française
Parti politique bonapartiste

Jules-Victor Delafosse, né le à Pont-Farcy et mort le à Paris, est un homme politique français.

Le journaliste[modifier | modifier le code]

Après ses études à Vire, Delafosse fut reçu licencié ès-lettres à la Faculté des lettres de Paris. Après avoir sillonné l’Europe, il passa le siège de Paris dans la garde nationale. Entré au Journal de Paris en 1871, il remplaça Weiss au Paris-Journal après le 24 mai 1873. En 1876, il fut l’un des fondateurs, avec Albert Duruy, du journal bonapartiste La Nation qui fusionna avec L'Ordre, dont il resta l’un des rédacteurs principaux. À la disparition de cette dernière publication, il lança l’Ami de l’ordre à Caen.

Le politicien[modifier | modifier le code]

Son entrée en politique aux élections du 20 février 1876, dans l’arrondissement de Vire, sous l’étiquette bonapartiste, se solda par un échec lorsqu'il ne réunit que 3 692 voix contre 7 477 à son adversaire républicain, Arsène Picard. À nouveau candidat officiel et bonapartiste, le 14 octobre 1877, il battit, cette fois, Arsène Picard par 8 504 voix, contre 8 403 mais, cette élection ayant été invalidée par la Chambre, il fut définitivement réélu, à l’issue d’un nouveau suffrage, le 17 juillet 1878, par 8 464 voix contre 8 198. Siégeant au sein du groupe de l’Appel au peuple, il en devint bientôt un de ceux dont la parole faisant le plus autorité, surtout sur les questions de politique extérieure, et spécialement en juin 1880, lorsqu'il condamna l'empressement avec lequel Freycinet s’était exprimé en faveur d’une neutralité absolue dans la guerre de Trente Jours opposant le royaume de Grèce à l'Empire ottoman.

Reconduit, le 21 août 1881, par 8 760 voix sur 17 297 votants et 20 843 inscrits, contre 8 317 au candidat républicain, Victor Hébert, il reprocha, le 23 février 1882, son animadversion envers la Turquie au ministre des affaires étrangères. Parmi ses autres interventions, on compte celle du 1er juin au sujet de la question égyptienne, celle de juillet dans la discussion touchant au protectorat à Tunis. Le 15 mai 1883, il attaqua l’expédition de Chine et il critiqua, le 10 juillet, le démenti administré par le gouvernement à Bourée dans ses pourparlers avec l’Empire du Milieu. Le 26 juin 1884, il s’en prit au cabinet Ferry sur la réserve dont il faisait preuve envers l’Angleterre sur la matière de l’invasion de l’Égypte et désapprouva ardemment, en novembre, les hésitations et les tromperies du cabinet sur le sujet du Tonkin. Le 26 mars 1885, il interrogea le premier le cabinet sur l’affaire de Lang-Son et demanda le 30 mars que le ministère fût mis en accusation. Au cours du débat sur cette proposition, il attaqua, le 4 juin, l’ancienne majorité qui « a permis au cabinet, habile à exploiter son dévouement et sa complaisance, de tout oser impunément contre la patrie et contre la loi. » Delafosse fut élu, sur la liste conservatrice du Calvados, le 1er sur 7, avec 53 054 voix sur 89 064 votants et 117 207 inscrits aux élections du 4 octobre 1885. Le 22 décembre suivant, il s’opposa, aux fonds supplémentaires requis sollicités pour le Tonkin, et ne cessa de se plaindre en toute circonstance de la politique coloniale.

Le putschiste[modifier | modifier le code]

Lorsque le nom de Delafosse fut associé, en juillet 1887, aux ouvertures de putsch qui, selon Francis Laur, auraient été faites au général Boulanger, par quatre-vingt-quatorze généraux d’un côté, et par une délégation de la droite d'autre part, ce dernier ne fit aucune difficulté à admettre l’entretien qu’il avait eu en privé avec le général, après l’affaire Schnæbelé du 20 avril 1887 : « Si le général comprit, dit-il, que je préférais une dictature militaire, à défaut d’un régime plus régulier, au parlementarisme, je ne conteste pas qu’il ait eu raison. » Comme journaliste, Delafosse soutenait, dans le journal le Matin, auquel il collaborait régulièrement, les mêmes opinions qu’à l’Assemblée. Il a été membre du comité des Douze chargé de la direction politique de la droite parlementaire. Dans la dernière session de la législature, le 11 février 1889, il s’abstint sur le sujet de la restauration du scrutin d’arrondissement et il se prononça en faveur de l’ajournement sine die de la réforme de la Constitution, contre les poursuites contre trois députés adhérents à la Ligue des patriotes, contre le projet de loi Lisbonne limitant la liberté de la presse, contre les poursuites contre le général Boulanger. En avril 1889, il lutta à la tribune contre la proposition de loi organisant le Sénat en haute cour de justice pour juger le général Boulanger.

En 1895, il est candidat à l'Académie française[1].

Il meurt le 31 janvier 1916 et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (33e division).

Delafosse était chevalier de la Légion d’honneur.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Le procès du 4 septembre, 1875. [1]
  • Hommes et choses, 1888. [2]
  • À travers la politique, 1889. [3]
  • Études et Portraits 1894. [4]
  • Vingt ans au Parlement, 1898.
  • Figures contemporaines, 1899.
  • Théorie de l’Ordre, 1901.
  • Psychologie du député, 1904. [5]
  • La France au dehors, 1908.
  • Portraits d’hier et d’aujourd’hui, 1913.

Sources[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Paul Aron, « Les candidatures de Zola à l'Académie française : une obstination significative », Les Cahiers naturalistes, no 91,‎ , p. 283 (lire en ligne).