Joseph Stany Gauthier

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Joseph Stany Gauthier
Naissance
Décès
(à 86 ans)
Nantes
Nom de naissance
Joseph Stanislas Gauthier
Nationalité
Activités
Autres activités
Formation

Joseph Stany Gauthier, pseudonyme de Joseph Stanislas Gauthier, né le à Carcassonne (Aude) et mort le à Nantes (Loire-Atlantique) est un peintre, architecte-décorateur, enseignant et conservateur de musée français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Louis Joseph Marie Gauthier, négociant, et de Joséphine Anaïs Rouquette, son épouse, Joseph Stanislas Gauthier passe sa jeunesse à Carcassonne. Ses parents s'installent à Montpellier pour y ouvrir un atelier et magasin de haute couture. Il entre à l'École des beaux-arts de Montpellier et remporte une modeste bourse de voyage en 1904 qui le mène à Paris. Il y visite tous les monuments et musées, dont il tira un ouvrage en 1911. En 1905, il intègre l'École des beaux-arts de Paris. Il est engagé volontaire au service militaire en 1903.

Le , il épouse Marie-Raymonde Brézet à Montpellier et s'installe dans cette ville comme architecte-décorateur, diplômé d'État. Il est nommé le à l'École des beaux-arts de Nantes pour enseigner le modelage, la composition décorative, le dessin géométrique, l'histoire de l'art et les mathématiques. Il se met à peindre la Bretagne : Douarnenez, retour des pêcheurs, Barques sous voiles, au port de Douarnenez, Gabarre sur la Loire, Notre-Dame de la Joie à Saint-Guénolé. Il prend le pseudonyme de Joseph Stany Gauthier vers 1930.

Mobilisé lors de la Première Guerre mondiale sur le front de l'est, où il est blessé en 1915. Il est alors détaché le à l'inspection des forges. Il a réalisé des dessins dans les tranchées.

En 1919, il entre au Comité régional des arts appliqués afin de prendre en charge la direction du projet du musée des arts décoratifs à Paris et il devient conservateur du château des ducs de Bretagne à Nantes en 1935, poste qu'il conservera jusqu'en 1969. Dans cette même ville, il crée également le musée des Arts décoratifs et d'Art populaire régional (Pays Nantais, Bretagne-Vendée) en 1922 sur son initiative en tant que secrétaire général du Comité régional des arts appliqués de Nantes, et qui fut inauguré le . Ce fut le premier musée d'Art populaire en France. En 1923, il aida les frères Louis et Maurice Amieux pour la création du musée des Salorges, consacré à la marine nantaise et aux vieux métiers du pays nantais, offert à la Ville de Nantes en 1934. Celui-ci est détruit sous les bombardements des Alliés américains les 16 et  ; les collections subsistantes sont transférées en 1954 au château des ducs de Bretagne[1]. En 1927, il créé le musée de Nantes par l'image, situé porte Saint-Pierre — transféré au musée des Arts décoratifs et d'Art populaire régional —, et le musée d'Art religieux en 1933, situé dans les bâtiments de la Psallette.

Il est nommé conservateur des antiquités et objets d'art de Loire-Atlantique, près de la commission départementale des sites. Membre correspondant de la commission des monuments historiques, il cesse de donner des cours à l'École ces beaux-arts de Nantes en 1945. En 1958, il fait partie du comité de défense du pont transbordeur et est secrétaire général du syndicat d'initiative de Nantes jusqu'en 1965.

En 1960, il est l'organisateur avec le peintre Michel Noury d'une manifestation devant la statue de la duchesse Anne, au bout du cours Saint-Pierre, pour rappeler l'appartenance de Nantes à la Bretagne historique et non à celle décidée sous l'occupation par le gouvernement de Vichy.

Il est respectivement de 1951 à 1969, grand-sénéchal, gardien des clés, maître du logis, après avoir été un des huit membres fondateurs de la confrérie vineuse des Bretvins le au château des ducs de Bretagne. Il en dessine les costumes, ainsi que le blason de l'ordre. En 1957, il subit une grave opération. En , un accident de voiture le laisse amoindri.

Il meurt accidentellement le .

Œuvres[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1911 : Traité de composition décorative.
  • 1911 : Graphique d'histoire de l'art.
  • 1923 : Petit précis d'histoire de l'ornement, l'antiquité, les arts orientaux, Éditions Plon.
  • 1928 : Pour comprendre les styles français.
  • 1929 : Manoirs et gentilhommières du Maine et du Vendômois, Éditions Massin.
  • 1929 : La Bretagne, sites arts et coutumes.
  • 1930 : Décoration et ameublement. Directoire et Empire.
  • 1930 : Faïences et poteries rustiques.
  • 1933 : Connaissance des styles dans le mobilier.
  • 1934 : Chalet alpestre, Éditions Massin.
  • 1937 : Vieilles maisons du terroir, Éditions Plon.
  • 1939 : L'Art en Bretagne. Le château des ducs de Bretagne et le musée des arts décoratifs, Fontenay-le-Comte.
  • 1939 : L'Allée couverte ruinée de la Joselière au Clion.
  • 1940 : La Pierre de Méniscoul.
  • 1944 : Croix et calvaires de Bretagne, 140 dessins et photographies. Éditions Plon.
  • 1944 : Les maisons paysannes des vieilles provinces françaises, Éditions Massin, réédition 1951.
  • 1947 : La connaissance des styles dans le mobilier, avec les marques et estampilles des principaux ébénistes, Éditions Ch. Moreau.
  • 1947 : Nantes.
  • 1948 : « L'habitat rural du cap Sizun », in: Artisans et paysans de France, Éditions Leroux.
  • 1950 : Les calvaires bretons, 84 documents photographiques, Éditions Arthaud.
  • 1952 : La connaissance des meubles régionaux français, Éditions Ch. Moreau.
  • 1953 : Les saints bretons protecteurs des animaux et du bétail.
  • 1957 : Petite encyclopédie de l'art breton.
  • 1958 : Petits châteaux et manoirs de France.
  • 1960 : Meubles et ensembles bretons, Éditions Ch. Massin.
  • 1960 : Le Mobilier des vieilles provinces de France.
  • 1961 : La maison bretonne, Éditions Le Doaré.
  • 1964 : Cathédrales de France, Éditions Ch. Massin.
  • 1965 : Le château des ducs de Bretagne et ses musées, art populaire breton, arts décoratifs, Salorges-marine.
  • non daté : Le moulin Trébuchet, avec Pierre Joël.

Articles de presse[modifier | modifier le code]

  • « Le folklore de la Loire-Inférieure », Bulletin de la vie artistique nantaise, 1er trimestre 1941.
  • « Les maisons rurales de la Loire-Inférieure », Bulletin archéologique de l'Association bretonne, tome 49, 1950, pp. 49-61.
  • Série d'articles sur l'art breton, les costumes du pays Nantais, les coiffes et le folklore de la Loire-Inférieure dans la revue du syndicat d'initiative de Nantes[réf. incomplète], 1951-1958, nos 13, 16, 19, 20 à 25, 27 à 30.
  • « Deux anecdotes vécues au château de Nantes », Cahiers de l'Académie de Bretagne, 1965, pp. 75-78.

Peinture[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1963 : rétrospective Joseph Stany Gauthier, cinquante ans de peinture[Où ?].

Élèves[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniel Samson, « Le musée du château des Ducs de Bretagne », Terrain, no 2, pp. 95-97 (en ligne sur journals.openedition.org).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit.
  • Henry de Béranger, « M. Joseph Stany Gauthier (1883-1969) », Bulletin de la société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, tome 108, 1969.
  • Krystel Guadé, Joseph Stany Gauthier, L'invention d'une collection : les costumes régionaux, Rennes, 2009, pp. 79-84.
  • Musée du château des ducs de Bretagne, Joseph Stany Gauthier, créateur des musées du château, [catalogue d'exposition], Nantes, 1984.
  • R. Stéphany, « Joseph Stany Gauthier », Cahiers des Salorges, no 19, 1969.

Liens externes[modifier | modifier le code]