Joseph Ibn Tabul

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Joseph ibn Tabul, ou Teboul, ou Taboul, est un kabbaliste juif, né vers 1545, mort vers 1610, l'un des disciples les plus remarquables d’Isaac Louria. Ibn Tabul est connu notamment pour être l’auteur de la version la plus complète de la théorie lourianique du tsimtsoum.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Né vers 1545 au Maroc, Ibn Tabul rejoint l’école kabbalistique de Safed, en Galilée, dans les années 1560. Il y devient l’un des disciples d’Isaac Louria (1534-1572). Ibn Tabul enseigne, à son tour, à l’école de Safed dans les années 1570-1580. Il y forme de nombreux disciples, notamment Shimshon Baki et Israël Sarug. Il retourne ensuite au Maroc, où il meurt vers 1610.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Isaac Louria a transmis la théorie du tsimtsoum oralement à des disciples, principalement à Hayyim Vital (1542-1620) et à Joseph Ibn Tabul, qui l’exposeront ensuite par écrit. Mais la version qu’a livrée Ibn Tabul dans son ouvrage Derush Hefzi-Bah (La Dissertation) est plus complète que celle de Vital dans son propre ouvrage, Etz Haim (L'Arbre de Vie), selon Gershom Scholem[1] et Charles Mopsik[2].

Ibn Tabul compose une présentation systématique de la kabbale lourianique divisée en derushim (dissertations). Réunies et conservées dans des manuscrits, elles furent redécouvertes par Massud ha-Kohen al-Haddad, et éditées en 1921 à Jérusalem[3].

Le Derush Hefzi-Bah d’Ibn Taboul, signale Scholem, « est d’une grande importance, car il contient la version de la doctrine du tsimtsoum, dont certains passages ont été supprimés par Vital [1] ». L’originalité d’Ibn Tabul tient au fait que « la cause du tsimtsoum est appréhendée comme un processus de purification au sein de l’océan de miséricorde constituant primordialement le En Sof qui, en se contractant, se débarrasse de la présence des particules du din (la puissance du jugement) », selon Mopsik[2].

L’ouvrage d’Ibn Tabul a été diffusé en Italie par Israël Sarug dans les années 1590, et de là jusqu'en Bohême, en Pologne et en Hollande. Le rabbin Shabbetaï Horowitz de Prague, dans son livre Shef Tal (1612), s’appuie principalement sur le Derush Hefzi-Bah pour exposer la théorique lourianique du tsimtsoum[4]. C'est par le biais d'Israël Sarug et de ses disciples que la version d'Ibn Tabul se répand dans les écoles kabbalistiques d'Europe et d'Afrique du Nord.

Article détaillé : Kabbale lourianique.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gershom Scholem, Les grands courants de la mystique juive, Payot, Paris, 1954.
  • Lawrence Fine, Safed Spirituality. The Rules of Mystical Piety: The Beginning of Wisdom, Ramsey, Paulist Press, 1984.
  • Joseph Dan, Mystical Ethics in Sixteenth-Century Safed, University of Washington Press, Wahington, 1986.
  • Charles Mopsik, Aspects de la Cabale à Safed après l’Expulsion, dans Inquisition et pérennité (ouvrage collectif) sous la direction de David Banon, Le Cerf, 1992.
  • Gérard Nahon, La Terre sainte au temps des kabbalistes, 1492-1592, Albin Michel (Présences du judaïsme), Paris, 1997.
  • Gershom Scholem, La kabbale. Une introduction, origines, thèmes et biographies, Le Cerf, Paris, 1998 ; réédité par Folio Gallimard, 2005.
  • Moshé Idel, On Mobility, Individuals and Groups : Prolegomenon for a Socialogical Approach to Sixteenth-Century Kabbalah, in Kabbalah: Journal for the Study of Jewish Mystical Texts, Volume 3, edited by Daniel Abrams and Avraham Elqayam, Cherub Press, Los Angeles, 1998.
  • Eliahu Klein, Kabbalah of Creation : Isaac Luria's Earlier Mysticism, Jason Aronson Publishers, Northvale, NJ, 1999.
  • Lawrence Fine, Physician of the Soul, Healer of the Cosmos : Isaac Luria and His Kabbalistic Fellowship, Stanford University Press, 2003.
  • Charles Mopsik, Cabale et Cabalistes, Albin Michel, 2003.
  • Morris M. Faierstein, Safed Kabbalah and the Sephardic Heritage, in Sephardic & Mizrahi Jewry, New York University Press, New York, 2005.
  • Daphne Freedman, Man and the Theogony in the Lurianic Cabala, Gorgias Press LLC, 2006.
  • Dan Cohn-Sherbok, A Dictionary of Kabbalah and Kabbalists, Impress Books, 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gershom Scholem, La Kabbale, Folio Gallimard, 2005, p. 635.
  2. a et b Charles Mopsik, Cabale et Cabalistes, Albin Michel, 2003, p. 89.
  3. rééditées en 1981 par Weinstock à Jérusalem.
  4. Gershom Scholem, La Kabbale, Folio Gallimard, 2005, p. 151.