Jean de Habsbourg (1290-1313)

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Jean de Habsbourg
John Parricida.jpg
Fonction
Duc de Souabe
Titre de noblesse
Duc
Biographie
Naissance
Décès
Activité
AristocrateVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Mère
Agnès de Bohême (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Condamné pour

Jean de Habsbourg ou Jean de Souabe, dit Jean Parricide, né vers 1290 et mort le à Pise, était le neveu et l'assassin du roi Albert Ier de Habsbourg.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'assassination du roi Albert, de la Chronique autrichienne des 95 règnes (1495-98).

Jean est le fils du duc Rodolphe II d'Autriche, le frère cadet d'Albert Ier, et de son épouse Agnès, une fille du roi Ottokar II de Bohême. À la Diète d'Empire à Augsbourg, le , Rodolphe II et Albert ont tous deux été élévés au rang de ducs de Autriche et de Styrie par leur père, le roi Rodolphe Ier de Habsbourg. Néanmoins, l'année suivante, Rodolphe II a dû renoncer aux duchés en faveur de son frère ; il doit être dédommagé par l'administration des possessions territoriales des Habsbourg en Souabe (la future Autriche antérieure) et par le titre de « duc de Souabe ».

Son père mourut peu avant ou après sa naissance, sans obtenir aucun territoire en fief. Jean fut élevé par sa mère à Brugg sur l'Aar et à la cour du roi Venceslas II de Bohême ; après être devenu majeur, il a insisté pour qu'on lui remette son patrimoine. Cependant, son oncle Albert le fit patienter et Jean dut souffrir les sarcasmes et les railleries, lapidé comme « duc sans terre » (hertzog anlant). Ensuite, le jeune homme et plusieurs chevaliers souabes formèrent un complot pour tuer le roi.

Le , Albert, alors qu'il revenait d'un banquet à Winterthour, fut guetté et tué par Jean et ses complices. À la fin du banquet, au soir précédent, Albert avait fait porter à chacun de ses hôtes une couronne de fleurs : Jean aurait jeté la sienne au visage de son oncle, criant qu'il était assez grand pour qu'on lui donne son dû, et non des fleurs. Jean et ses conspirateurs ont fui le pays. Le comte Henri de Luxembourg a été élu à la succession d'Albert Ier ; il a banni les régicides et s'empara de leurs possessions.

Selon certaines sources, Jean passa le reste de sa vie comme ermite dans le monastère bénédictin de San Nicolo à Pise en Italie. Il s'enhardit à solliciter une grâce du roi Henri qui lui a finalement été accordée.

Jean Parricide dans la littérature[modifier | modifier le code]

L'assassinat du roi Albert par son neveu Jean de Souabe est mentionné dans le drame Guillaume Tell de Friedrich Schiller : l'un des fondateurs légendaires de la Confédération suisse, Werner Stauffacher parle du crime. Plus tard, Jean lui-même atteint la maison de Tell et demande de l'aide. Il revendique le droit de se venger de son ennemi, comme Tell l'a fait ; cependant, le rebelle rejette cette comparaison. Il lui montre le chemin à Italie et lui conseille de demander pardon au pape.

Le destin de Jean figure également dans les ballades Der Graf von Thal (1838) d'Annette von Droste-Hülshoff et Der Mönch zu Pisa (le moine de Pise) de Johann Nepomuk Vogl ; cette dernière ballade a été mis en musique par Carl Loewe (op. 114).