Jean de Poutrincourt

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Jen de Poutrincourt
Jean de Biencourt
Naissance 1557
Décès 1615
siège de Méry-sur-Seine
Mort au combat
Origine Français
Allégeance Ligue puis Henri IV
Années de service 1577? – 1615
Commandement gouverneur de l'Acadie
Faits d'armes siège de Beaumont-sur-Oise (1590)
siège de Paris (1590)

Jean de Poutrincourt (né en 1557, tué au siège de Méry-sur-Seine en 1615), de son vrai patronyme Jean de Biencourt, baron de Poutrincourt et de Saint-Just est un gentilhomme picard fondateur de la colonie de Port-Royal, en Nouvelle-France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Jean de Biencourt dit de Poutrincourt était le fils cadet de Florimond de Biencourt et de Jeanne de Salazar qui séjournaient au manoir de Poutrincourt[Note 1], dans le Vimeu. Orphelin de père, il était destiné à entrer dans l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, comme son oncle Jacques. Mais ce projet fut contrarié du fait du décès de ses deux frères aînés.

Jean de Poutrincourt reçut des leçons d’armes et de cheval afin de faire carrière dans l'armée. Il acquit en même temps quelques notions de pilotage comme tous les gentilshommes qui devaient servir sur les galères de Malte. Jeanne de Salazar fit enseigner à son fil, l’histoire, la philosophie et les langues anciennes. Elle lui donna des maîtres de musique, il apprit à jouer du luth et du manicorde.

Ayant abandonné le projet d'entrer dans les ordres, il prit possession de la maison seigneuriale de Guibermesnil et entra au service d’un prince de la maison de Lorraine[1].

Un ligueur[modifier | modifier le code]

Après avoir passé de longues années aux armées, dans le parti de la Ligue, parmi les troupes du duc d'Aumale dont il fut l'un des plus brillants capitaines, s'illustrant notamment, en 1590, dans la défense du château de Beaumont-sur-Oise assiégé par les huguenots et pendant le siège de Paris contre Henri IV, il se retrouva défait de sa fortune. Mais cet homme cultivé, courageux et intègre obtint le pardon du roi qui le présenta à Pierre Dugua de Mons[2].

Gouverneur de l'Acadie[modifier | modifier le code]

Jean de Poutrincourt devint le lieutenant de Pierre Dugua de Mons en 1604 lorsqu'ils partirent ensemble en Acadie où Jean de Poutrincourt partait avec la ferme intention de s'établir. Il fit partie des premiers colons de l'Île Sainte-Croix avec Pierre Du Gua de Mons et Samuel de Champlain.

Pierre Dugua de Mons lui accorda la concession de Port-Royal en 1605, ce qui fit de lui le premier seigneur connu de la Nouvelle-France. Contraint de quitter l'Acadie en 1607, après la révocation du monopole de traite des fourrures par le roi, il put y revenir en 1610, avec son fils Charles de Biencourt âgé de 19 ans et Claude de Saint-Étienne de la Tour, son fils de 14 ans Charles de Saint-Étienne de la Tour. Un prêtre catholique baptisa les Micmacs, des indiens vivant autour de Port-Royal, y compris leur chef Membertou qui fut le premier chef autochtone en Nouvelle-France à recevoir le baptême. Jean de Poutrincourt fut le deuxième gouverneur de l'Acadie.

Poutrincourt partit pour la France afin d’échanger ses fourrures, laissant Port-Royal à la garde de son fils qui avait reçu le poste de vice-amiral des mers de la Nouvelle-France. Il arriva en France au mois d’.

Ayant vendu ses biens et beaucoup emprunté pour pouvoir s'embarquer, Poutrincourt dut accepter l'aide financière d'Antoinette de Pons (Madame de Guercheville), femme de Charles du Plessis, duc de Liancourt et gouverneur de Paris, première dame d’honneur de la reine Marie de Médicis. Il fut contraint en contre-partie d'accepter l'installation de jésuites dans la colonie, ce qui créa d'importantes tensions.

En 1613, Jean de Poutrincourt, incapable de régler ses dettes, fut jeté en prison. À sa libération, il demanda la séparation légale d’avec sa femme afin de permettre à cette dernière de conserver l’argent et les biens qu’elle possédait encore. Dans l’intervalle, Madame de Guercheville avait acheté les terres de Dugua de Mons en Nouvelle-France : le titre de vice-roi du Canada passait à Henri de Bourbon, prince de Condé.

Poutrincourt réussit à former une association avec plusieurs armateurs de La Rochelle, notamment Georges et Macain, en leur promettant une part du commerce des fourrures qui se ferait dans la région de Port-Royal, dont il conservait la direction. Le , il partit pour Port-Royal[3].

La ruine et le retour en France[modifier | modifier le code]

Poutrincourt arriva à Port-Royal le 27 mars 1614. Il y trouva le fort détruit et les marchandises pillées par les colons anglais de la Virginie commandés par le capitaine Samuel Argall. Ruiné, Poutrincourt ne pouvait que rentrer en France avec la plupart des Colons. Il put aussi emporter assez de fourrures pour payer le coût du voyage. Il céda à son fils la propriété de toutes ses terres d'Amérique et Charles de Biencourt resta en Acadie. Il put néanmoins, tant bien que mal, maintenir une présence française à Port-Royal, en tant que simple comptoir de commerce de la fourrure. Il vécut parmi les Micmacs avec Charles de la Tour et quelques colons[3].

Mort au service du roi[modifier | modifier le code]

Rentré en France, Jean de Poutrincourt reprit du service dans les armées du roi, il fut tué en 1615 en Champagne durant le siège de Méry-sur-Seine reprise aux partisans du prince de Condé. À sa mort, son fils, Charles de Biencourt, devint le troisième gouverneur de l'Acadie[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adrien Huguet, Jean de Poutrincourt, Paris, A. Picard, 1932.
  • Emile Lauvrière, « Jean de Poutrincourt, fondateur du Port-Royal d'Acadie » in Revue d'histoire des colonies, Volume 21, Numéro 91, 1933, pp. 55-70.
  • Thomas Pfeiffer, Marc Lescarbot pionnier de la Nouvelle-France, Paris, l'Harmattan, 2012.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les ruines du manoir de Poutrincourt sont toujours visibles sur le territoire de la commune de Lanchères près de Saint-Valery-sur-Somme

Références[modifier | modifier le code]