Jean de Gassion (intendant)

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Jean de Gassion
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Naissance
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Activité

Jean II de Gassion, né en 1596 à Pau, mort en 1663 au château d'Arbus, est un président du parlement de Navarre. Il est le frère aîné du maréchal de Gassion (prénommé Jean, lui aussi), redoutable homme de guerre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est l'aîné des sept enfants de Jacques de Gassion, procureur général et président au conseil souverain de Navarre et de Béarn, conseiller d'État ; et de Marie d'Esclaux[1].

En 1622, Jean obtient les provisions de président au parlement de Navarre, en remplacement de son père. Quatre ans plus tard, il obtient la charge d'avocat général près cette cour. Il en devient président en 1631, après la mort de son père[2]. En 1636, il est conseiller d'État[1]. En 1640, il est nommé intendant de justice, police et finances en Béarn et Navarre, et gouverneur de Bayonne, Bas-Armagnac, Rivière-Basse, Bigorre et autres terres[2].

Ayant abjuré la Réforme, il persécute les protestants[3]. En février 1660, par lettres patentes, Louis XIV érige sa baronnie de Camou en marquisat, sous le titre de Gassion[1].

Il meurt dans son château d'Arbus, le . Il repose dans la chapelle de Gassion de l'église Saint-Martin de Pau[4]. Son fils, Pierre, lui succède.

Jugement des contemporains[modifier | modifier le code]

Ses contemporains lui reprochent son « amour immodéré des richesses[5] » et sa pingrerie. Tallemant des Réaux dénonce l'avarice sordide dont il fait preuve lorsque deux de ses frères, dont il est l'héritier, meurent coup sur coup en 1647 : il ergote trois mois durant pour n'avoir pas à leur accorder des funérailles décentes. Tallemant dit encore : « Pour quatre livres par an, cet homme s'est mis mal avec sa mère, lui qui a huit cent mille livres de bien, dont les deux tiers viennent de ses frères à qui il n'avait pas donné seulement leur légitime[6]. » Élie Benoît, lui aussi, le juge très sévèrement : « C'était un homme de peu de mérite, qui avait l'esprit bas, faible et malin, appelé communément l'imbécile furieux[7]. »

Titres[modifier | modifier le code]

  • Intendant du Béarn de 1640 à 1646
  • Président au parlement de Navarre

Famille[modifier | modifier le code]

Le , il épouse Marie de Beziade, fille de Pierre de Beziade, seigneur de Munein, morte le [8]. De cette union naissent :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Anselme de Sainte-Marie, Honoré Caille du Fourny, Ange de Sainte-Rosalie, père Simplicien, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, sur books.google.fr, Paris, Libraires associés, 1732, t. VII, p. 538.
  2. a et b Armand de Dufau de Maluquer, Armorial de Béarn, sur book.google.fr, Cressé, Éditions des régionalismes, t. III, p. 111.
  3. Antoine Adam, « Notes », in Tallemant des Réaux, Historiettes, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, 1961, t. II, p. 990 et 991, note 2 de p. 86.
  4. Armand de Dufau de Maluquer, op. cit., t. III, p. 121.
  5. Armand de Dufau de Maluquer, op. cit., t. III, p. 112.
  6. Tallemant des Réaux, op. cit., t. II, p. 86 et 87.
  7. Élie Benoît, Histoire de l’édit de Nantes, Delft, Beman, 1693-1695. Cité par Antoine Adam, op. cit., t. II, p. 990 et 991, note 2 de p. 86.
  8. Armand de Dufau de Maluquer, op. cit., t. III, p. 122.
  9. Armand de Dufau de Maluquer, op. cit., t. III, p. 122-125.