Jean Vaudal

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Hippolyte Édouard Albert Pinaud, dit Jean Vaudal, est un écrivain et critique littéraire français né le à Santiago du Chili et mort en déportation à Ellrich le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômé de l’École centrale en 1924[1], ingénieur, il est spécialiste en pompes industrielles[2]. Il est surtout un critique littéraire apprécié de l’entre-deux-guerres et l’auteur de trois romans.

Ces romans, exigeants et singuliers, illustrent des ressorts psychologiques complexes et « mettent en scène, plus encore qu’une introspection, les processus d’élaboration de la pensée » (Michel P. Schmitt[3]). Le premier, Un démon secret, est publié en 1931 aux éditions de la Nouvelle Revue critique. Puis, en 1932, Jean Vaudal devient chroniqueur à la NRF, recruté par Jean Paulhan. Celui-ci écrit à son sujet, à Schlumberger, qu’il est « le seul auteur intéressant de La Nouvelle Revue critique »[4].

Ses deux romans suivants sont publiés chez Gallimard. À propos de Portrait du père, on lit dans la critique : « M. Jean Vaudal excelle dans les notations psychologiques à la fois ténues et justes, ce qui est un très rare talent[5] ».

Pendant l’Occupation, il rejoint le Comité national des écrivains. Membre actif de la Résistance, il est lieutenant des F.F.I. Il participe largement, notamment, à la fabrication de faux papiers pour les jeunes requis au STO[6].

En juillet 1944, il est arrêté à son bureau du boulevard Haussmann et interné à la prison de Fresnes. Il laisse sur un mur de sa cellule une inscription relevée quelques mois plus tard par Henri Calet dans son livre Les Murs de Fresnes : « Pendant un mois, il est resté au secret. Ils l’ont torturé deux fois. On n’a pas plus de renseignements[7]. »

Déporté à Buchenwald par le convoi du 15 août au départ de Pantin, il est ensuite transféré au camp de Dora et affecté au kommando d'Ellrich sur des chantiers dépendants du Sonderstab Kammler. Il est mort le 6 janvier 1945[8].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Un démon secret, roman (1931), éditions de la Nouvelle revue critique
  • Le Portrait du père, roman (1932), Gallimard
  • Le Tableau noir, roman (1937), Gallimard

Hommage[modifier | modifier le code]

Le boulevard Hippolyte-Pinaud à Enghien-les-Bains porte son nom. Une plaque commémorative est apposée sur le mur du numéro 10, où il résidait.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Annuaire de l'Association des Centraliens »
  2. Pages françaises n°16, éditions Brugière,
  3. Bruno Curatolo, Paul Renard et François Ouellet, Romans exhumés, 1910-1960: contribution à l'histoire littéraire du vingtième siècle,
  4. Frédéric Badré, Paulhan le juste, Grasset, , chapitre 13
  5. Ramon Fernandez, « à propos de Portrait du Père », Marianne, grand hebdomadaire littéraire illustré,‎
  6. Jean-Paul Neu, Enghien-les-Bains: Nouvelle histoire, Éditions du Valhermeil,
  7. Henri Calet, Les murs de Fresnes, éditions des Quatre Vents,
  8. Fondation pour la mémoire de la déportation, Mémorial des Déportés de France, tome 3, p. 180

Liens externes[modifier | modifier le code]