Jean-Loup Izambert

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Jean-Loup Izambert
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Activité

Jean-Loup Izambert, né le [1], est un journaliste et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu de l’enseignement agricole, diplômé de l’École des Hautes Études Internationales (HEI), de l'École des Hautes Études Sociales (HES) et de l’École supérieure de journalisme (ESJ) Jean-Loup Izambert est un ancien collaborateur régulier du mensuel économique et financier Les Échos, de VSD ainsi que de L'Humanité[2], et du mensuel économique PME Affaires dont il sera rédacteur en chef.

Après plusieurs années au sein de différentes rédactions régionales et nationales, il devient indépendant en 1983 et publie plusieurs reportages exclusifs sur des questions économiques, politiques et sociales dans divers supports d'Europe occidentale (Panorama, Bunte, Gente, Gente Motori, Tekniikan Maailma, Auto Express, Auto Zeitung, etc.)

Il fut notamment le premier journaliste français à pénétrer au cœur de l’Institut Nami - l’un des centres de la recherche pure de la Fédération de Russie - dont il dévoile des projets futuristes (1990-1992). Il réalise dans la foulée le premier reportage sur AvtoVaz à Togliatti, le plus grand centre de production automobile européen (Fédération de Russie). Ces reportages seront publiés tant en France que dans plusieurs pays d'Europe.

Premier journaliste à dénoncer l’implication de quarante banques européennes dans le plus grand krach boursier de la place de Genève en 1995, son enquête le conduit à publier son premier ouvrage sur la crise financière qui s’annonce : Le Krach des 40 banques (1998)[3].

Enquêtant sur le fonctionnement du groupe bancaire Crédit agricole société anonyme, il révèle un gigantesque détournement des réserves financières des banques coopératives locales et régionales de Crédit agricole mutuel au détriment des 5,7 millions de sociétaires propriétaires de la banque. Son investigation est publiée sous le titre Le Crédit agricole hors la loi ? (2001). Le , le Crédit Agricole obtient par voie judiciaire que la parution du livre soit reportée. Le juge des référés estime, sans avoir lu le livre, que ce dernier pourrait « fausser les règles du marché » alors que la cotation en bourse du Crédit Agricole va débuter le [4]. Selon Libération, le livre, enquête journalistique documentée, révèle par exemple que « la banque, comme ses homologues, abuse des paradis fiscaux »[5]. Le livre connaît un beau succès malgré les pressions du groupe bancaire sur l'éditeur et les distributeurs - près de 10 000 exemplaires vendus dont 4 000 en moins de quinze jours - et fait l’objet d’un film réalisé en 2002 avec la RTR, première chaîne d'État de la Fédération de Russie[6].

Au lendemain de la faillite du groupe Crédit lyonnais, dans Crédit lyonnais, la mascarade (2003) il décortique les liaisons entre dirigeants de banques, pouvoir politique et magistrature qui permettent de classer l’affaire rapidement dans une opacité totale[7].

Deux ans plus tard, il reprend son enquête sur le groupe Crédit agricole mutuel, révèle des montages suspects réalisés sous couvert des autorités pour privatiser la Caisse nationale du groupe, dénonce un réseau de blanchiment au sein de la banque, apporte de nouveaux faits sur les questions de la gestion des sociétés coopératives de banque au niveau mondial et écrit Les Démons du Crédit agricole (2005).

Jean-Loup Izambert est également l’auteur de la première enquête journalistique sur le fonctionnement des organisations internationales du système onusien qui sera publiée sous le titre de ONU, violations humaines (2003). Mais son éditeur, la maison Carnot, rompt brutalement le contrat sans explication et refuse de lui payer ses droits d'auteur alors que le livre rencontre immédiatement un succès en librairie. Avant même que la maison d'édition soit condamnée à deux reprises[8], Jean-Loup Izambert reprend son travail d'enquête au moment où les États-Unis et l'Angleterre préparent la guerre contre l’Irak, la complète par de nouvelles révélations sur les dessous de la politique internationale au sein de l’ONU et écrit Faut-il brûler l’Onu ? que publient les Éditions du Rocher (2004). Bien reçu par les médias, le livre est au cœur de plusieurs émissions (LCI, RFI, Radio Cité-Genève, Direct8, La Chaine Parlementaire, Le Monde Diplomatique, Le Midi Libre, Le Figaro Magazine, etc.)

Parallèlement à son engagement journalistique, Jean-Loup Izambert mène une activité de conseil indépendant en Communication : développement de services Communication de collectivités territoriales, de métropoles régionales, image de marque des hommes et des territoires (département du Val-de-Marne, Lille, Poitiers, Nantes, Archamps), communication d’entreprise de grands comptes (Rochas, France Télécom, Renault)[9],[10],[11].Il intervient également dans la valorisation de PME avec le mensuel économique PME Affaires de la société France Développement Éditions dont il sera rédacteur en chef d' à . Il lance Top Alerte fin 2005, premier trimestriel de communication de crise, qui connaît vite le succès (un tirage de 10 000 exemplaires en moins d'une année)[12].

Fin 2006, il part pour le Maroc et reprend ses enquêtes sur les réseaux financiers internationaux et les filières islamistes sunnites liées à l'Organisation internationale des Frères musulmans. Il écrit ainsi, pratiquement dans le même temps, la fin de deux investigations menées sur plusieurs années : la première sur la crise économique et financière, la seconde sur les liaisons secrètes entre réseaux terroristes islamistes sunnites et services secrets d’États occidentaux.

Thèses[modifier | modifier le code]

Le Crédit agricole hors la loi ?[modifier | modifier le code]

Selon Jean-Loup Izambert, dans les années 2000 les dirigeants du Crédit agricole mutuel souhaitaient donner à la population une image capitaliste de la banque alors qu'elle est mutualiste et coopérative, afin de la préparer à une évolution future contraire à ses principes fondateurs qui sont ceux de la Coopération[13]. Ainsi, il cite le fait que les caisses de Crédit agricole mutuel ne peuvent effectuer d'opérations avant d'avoir déposé au greffe du tribunal d'instance de leur siège principal leurs statuts ainsi que la liste complète des administrateurs et des sociétaires avec leurs coordonnées, ce que peu de caisses locales font, se mettant hors la loi. Il cite encore le fait que les caisses locales doivent, depuis la Loi sur les nouvelles régulations économiques de 2001 — dite Loi NRE —, s'immatriculer au registre du commerce et des sociétés; or en 2003 sur près de 2 700 caisses locales, seulement 45 l'avaient fait, alors que la date limite était le .

Lors de la sortie de son livre, Le Crédit agricole hors la loi?, quinze jours avant l’entrée en bourse du groupe Crédit agricole mutuel rebaptisé Crédit agricole société anonyme (Casa), l'ouvrage a été interdit à la vente par décision de justice jusqu'à la date d'entrée en Bourse du groupe bancaire[4]. Selon l'auteur, personne ne l’avait lu et surtout pas le magistrat François Grosjean, vice-président du tribunal de grande instance de Versailles, qui a pris cette décision en écrivant le faire « quel que soit le contenu de ce livre sur lequel nous ne pouvons nous prononcer, faute de sa production […] » (sic)[14].

Faut-il brûler l'ONU ?[modifier | modifier le code]

Dans son livre ONU, Violations humaines, Jean-Loup Izambert critique le fonctionnement et la politique de gestion du personnel à l'Organisation des Nations unies. Dans cette première investigation journalistique sur le réseau des organisations internationales onusiennes, Jean-Loup Izambert révèle la situation souvent difficile des fonctionnaires internationaux confrontés sur le terrain à des problèmes majeurs, les jeux de pouvoir des États occidentaux qui se partagent les postes de direction de l'ONU et les conséquences qui en découlent, tout particulièrement l'aggravation de la situation économique et politique internationale. Selon Le Monde diplomatique, dans ce livre, Jean-Loup Izambert critique, comme de nombreux observateurs, le fonctionnement du Conseil de sécurité des Nations unies devenu selon lui « lieu de conciliabules et marchandages », et théâtre d’une « démocratie de façade »[15].

Du Krach des 40 banques à Pourquoi la crise ?[modifier | modifier le code]

Pourquoi la crise ?, publié début 2009, est la première investigation journalistique publiée sur les causes et les responsables de la crise. Jean-Loup Izambert avait déjà abordé en 1998 un aspect de la mondialisation financière et de sa crise inévitable avec Le krach des 40 banques. Chronique des années fric[16],[17],[18],[19].

Dénonçant l'évitement de l'impôt par les grandes sociétés transnationales avec la complicité du pouvoir politique et les conséquences qui en résultent pour les collectivités humaines (appauvrissement des États qui ne peuvent plus remplir leurs missions essentielles - santé, éducation, culture, emploi, logement, etc.) l'auteur montre comment l'opacité de gestion des grandes entreprises, la concentration du pouvoir entre quelques mains, l'intervention de spécialistes de la haute finance et de la spéculation à hauts risques, la complicité de spécialistes des réseaux financiers offshore - paradis bancaires et fiscaux -, la restriction des libertés syndicales et l'absence de démocratie dans la gestion des entreprises sont intimement liées à la propriété privée des grands moyens de production, de financement et d'échange.

Au cours de cette enquête de plusieurs années, il livre aux lecteurs les témoignages de dirigeants et de cadres de banques (Mouvement des Caisses Desjardins, Groupe CIC-Crédit mutuel, Société générale), de syndicalistes, de magistrats spécialisés dans la lutte contre les nouvelles formes de criminalité financière, d'avocats d'affaires, de dirigeants de sociétés financières (Proxinvest) et de société transnationale (Enron), de spécialistes français et anglo-saxons de l’organisation d’entreprise. Selon Izambert, « les banquiers mondiaux en faillite ont besoin d'un événement majeur pour effacer leurs dettes et celles des principaux États capitalistes qui ne sont plus remboursables (États-Unis, pays d'Europe occidentale). Ils cherchent un nouveau conflit majeur. »

Pour Izambert, il n’y aura pas de sortie de cette crise, le système capitaliste ne pouvant survivre que par l'appauvrissement continu de l’État et la guerre avec pour conséquence l'accroissement des richesses à un pôle de la société et l'appauvrissement du plus grand nombre à l'autre pôle. Selon les écrits de Jean-Loup Izambert seule une politique rompant radicalement avec le système de gestion actuel des entreprises, instaurant une nouvelle démocratie avancée (notamment par la proportionnelle intégrale, le remplacement du mandat représentatif par le mandat impératif et des mesures législatives ouvrant l'ère de l'intervention des producteurs dans la gestion de la vie économique) et instaurant la prédominance du politique sur l'économique au profit de l'intérêt général permettrait de sortir de la crise [20].

Crimes sans châtiment[modifier | modifier le code]

À la suite de ses interventions sur la crise, dans un nouveau document, Jean-Loup Izambert montre comment pendant plus de vingt années – des années 1990 à 2012 – des ministres de l’Intérieur et responsables du renseignement français ont protégé des individus liés à des réseaux terroristes islamistes liés à l'Organisation internationale des Frères musulmans (Oifm).

Il conduit son investigation en plusieurs périodes de 1990 à 2011 sur les liaisons secrètes entre réseaux terroristes islamistes sunnites et services secrets d’États occidentaux. Il publie ses premières investigations dans VSD, L’Humanité et L’Humanité Dimanche (1990 à 1993).

Dans ce premier livre sur les relations entre des dirigeants français et des membres d'organisations criminelles, il montre comment a été préparée et organisée l'agression militaire contre la Libye, puis les opérations médiatiques qui ont été montées par des dirigeants occidentaux, tout particulièrement français, pour justifier cette guerre.

Le mensuel Balkans Infos a livré en [21], puis en un aperçu de ce nouveau travail d'investigation [22] publié le même mois sous le titre de Crimes sans châtiment.i Invité en 2013 par l'Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l'Homme, organisation au statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC), l'auteur donnera une conférence à l'Université de Genève sur son travail de recherches.

Dans 56 — tome 1 : L'État français complice de groupes criminels, et 56 — tome 2 : Mensonges et crimes d'État, parus en 2015 et 2017, Jean-Loup Izambert dénonce les liens qui existent selon lui entre 56 dirigeants politiques ou hauts fonctionnaires français et des organisations criminelles et terroristes[23],[24]. Il publie en fin de chacun de ces ouvrages des documents exclusifs parmi lesquels des « notices rouges » d'Interpol qu'il a réussi à se procurer prouvant les faits qu'il rapporte[réf. souhaitée].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le Krach des quarante banques, avec Emmanuelle Leneuf, Le Felin, 1998.
  • Le Crédit agricole hors la loi ?, Carnot, 320 p., 2001.
  • Crédit lyonnais, la mascarade, Carnot, 2003.
  • ONU, Violations humaines, Carnot, 2003.
  • Faut-il brûler l'ONU ?, Le Serpent à Plumes, 2004.
  • Les Démons du Crédit agricole, avec Hugo Nhart, L'Arganier, 398 p., 2005.
  • Pourquoi la crise, Amalthee, 2009.
  • Crimes sans châtiment, 20 cœurs, 2013.
  • 56, l'État français complice de groupes criminels, t. 1, IS édition, 2015
  • 56 — tome II : Mensonges et crimes d'État, t. 2, IS édition, 2017
  • Trump face à l'Europe, IS édition, 2017
  • Le virus et le Président : Enquête sur l’une des plus grandes tromperies de l'Histoire, avec Claude Janvier, IS édition

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. notice BnF no FRBNF13195866
  2. « Saint-Céré. Jean-Loup Izambert présente son nouveau livre », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. Bernard Cassen, « Banques sur le gril », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. a et b « Le Crédit Agricole : veille sur son image », L'Obs,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. « Le livre qui agace le Crédit agricole », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. entretien Jean-Loup Izambert, enquete-debat.fr, 9 mai 2012.
  7. Jean-Loup Izambert, Crédit Lyonnais: la mascarade, Chatou, Editions Carnot, , 172 p. (ISBN 2-912362-55-5).
  8. TGI, Versailles, ordonnance de référé du 16 octobre 2003 et arrêt de la Cour d'appel de Versailles, 14è chambre, 17 novembre 2004.
  9. Renault, journal d'entreprise Synchro.
  10. Service Information et audiovisuel du Val-de-Marne, 1982 à 1987.
  11. Revue Connaissance du Val-de-Marne, 1983 à 1986, Commission paritaire n°825 AD.
  12. Top Alerte, RCS B 622189053.
  13. Alliance coopérative internationale, Déclaration sur l'Identité Coopérative Internationale. Site Internet: www.ica.coop/fr
  14. Tribunal de grande instance de Versailles, ordonnance de référé du 6 décembre 2001.
  15. Philippe Leymarie, « La réforme ou la mort », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. Le krach des 40 banques, chronique des années fric, Éd. du Félin, Paris, 1998.
  17. B.C., « Le silence et l'argent, Banques sur le grill », Le Monde Diplomatique,‎
  18. Florence Ruzé, « Il décortique le monde de la finance », Le Parisien,‎
  19. TF1, émission Les rendez-vous de l'entreprise avec Jean-Marc Sylvestre.
  20. Le capitalisme en crise a besoin d’un conflit militaire majeur
  21. Les Noires Complicités de la France, par Louis Dalmas, Balkans Infos, juin 2012
  22. Crimes sans châtiment, Révélations sur les filières terroristes de Paris, Balkans Infos no 185, mars 2013.
  23. « Le nouveau livre de Jean-Loup Izembert », ladepeche.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  24. « La France contre la Syrie : le J’accuse de Jean-Loup Izambert », Afrique Asie,‎ (lire en ligne, consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]