Jean-Louis Trévisse

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Jean-Louis Schmitt, connu sous le pseudonyme de Trévisse, est un artiste contemporain (peintre, sculpteur, joaillier...). Né le 27 juillet 1949 à Moyeuvre-Grande (Moselle) et décédé le 12 décembre 1998 à Briey (Meurthe-et-Moselle).

Jean-Louis Trévisse devant l'une de ses grandes toiles acryliques des années 1980.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est issu d'une très ancienne famille de maîtres-verriers (depuis le XVI°s.), les SCHMID[1],[2], originaires de Suisse. Aîné d'une fratrie de quatre enfants, c'est lui qui initia son frère cadet à l'art [3]

Sa précocité[modifier | modifier le code]

Très tôt distingué à l'école communale par la qualité de ses dessins. "Les instituteurs remarquent les dispositions du jeune élève pour le dessin et ses travaux sont régulièrement affichés en salle de classe"[4]

Il réalise à 13 ans son premier autoportrait qui attire l'attention de certains enseignants de l'École des Arts Appliqués de Metz où il va ensuite faire son entrée en 1965.

En 1969, il obtient le diplôme national des Beaux-Arts à Strasbourg avec une mention spéciale pour ses aquarelles."Il appartenait à cette génération, cette école messine si riche des Bizeul[5], Guermann (qui) avait pour maître M.Fouquet .."[6] il fut aussi l'élève du conservateur Gérald Collot éminent spécialiste en histoire de l'art[7]

Ses premières passions[modifier | modifier le code]

Enseignant d'arts plastiques au collège de l'Assomption à Briey, il réalise au cours des années 1970 une série de dessins à l'encre de Chine sur des corps féminins éventrés, c'est sa période dite du « traumatisme fœtal »[8]. Durant cette même époque, il rencontre un autre peintre originaire de Moyeuvre, Armand Scholtès qui vit depuis 1986 à Nice. Dans une lettre adressée en 1998 au frère de Jean-Louis après son décès, Armand Scholtès livre un témoignage émouvant sur cette période où ils ont vécu à Moyeuvre : « au cours de mes promenades dans ce pays où j'habite et j'apprécie, Jean-Louis était souvent à mes côtés. Nous avons eu de profondes discussions, des sorties et des plaisirs bien à nous et nous étions près l'un de l'autre parce que issus du même pays, de la même condition sociale[9]. »

Trévisse s'adonnera également à la sculpture[10] et à la technique du lavis. Ile se prend aussi de passion pour l'acrylique avec de grandes toiles (période des acryliques à feu et à sang)[11]

Il expose à la Bibliothèque-Médiathèque de Metz le 2 octobre 1982. Un film a été réalisé par le service vidéo de la Médiathèque le présentant dans son atelier avec ses œuvres[12],[13],[14]. Ce même film a été répertorié et analysé dans les archives audiovisuelles du poète, romancier et critique d'art Michel Ragon [15].Une page contenant "Jean-Louis Trévisse" figure également dans le livre "Epreuves du temps: 200 ans de la bibliothèque de Metz (1804-2004) " de Pierre Louis, 2004, 319 pages.[16]

autoportrait réalisé à l'âge de 13 ans

la période parisienne (1983-1990)[modifier | modifier le code]

Période de grande créativité, il élabore un style abstrait dans la continuité de la peinture française des années 1945 à 1956 qu'on qualifiait d'Envolée lyrique[17]. « En peignant, il voulait retrouver la pureté originelle[18]. »

Il expose dans des galeries parisiennes et ailleurs (Galerie Camion et Espace Amescor) et participe à des expositions collectives (Vitry-sur-Seine, Galerie Catany à Annecy, Galerie Bercovy-Fugier...)

Selon la critique d'art Laura Cossutta : « La peinture de J.L. Trévisse est une parabole vivante ...(qui) révèle une richesse explosive de tensions vitales, cachées sous l'enveloppe de la matière...les dissonances chromatiques inquiétantes et corrosives traduisent de manière douloureuse l'expérience du vécu et l'angoisse qui étreint l'homme contemporain[19]... » « Un univers violent fracassant, explosif même où se devine toujours en filigrane l'attachement voire l'admiration pour Antonin Artaud[20] »

De même le magazine Kanal consacré aux arts contemporains et aux singularités diverses dirigé par Michel Giroud (lui-même artiste) rend compte du travail de Trévisse en ces termes :

« Les dessins et les peintures de Trévisse, par delà les résonances de Klee et des Cobra sont la parole et l'écriture (les cris silencieux) d'un poète qui parle selon son ou ses âmes à l'ombre tutélaire d'Antonin Artaud (il y a deux tableaux avec le portrait d'Artaud) et de Van Gogh. Splendides giclées colorées alliées à la finesse du graphisme, avec en arrière-fond ou en surimpression les hachures d'un portrait, comme si le peintre voulait réunir l'image et sa pulvérisation, le créateur et sa créature, le batteur inspiré et le tamtam des couleurs libres.[21] »

Retour en Lorraine (1991-1998)[modifier | modifier le code]

Il poursuit ses recherches sur de petits formats (lavis).

"L'univers de jean-Louis Trévisse", livre sur sa biographie et sur son œuvre

Il décède à la suite d'une longue maladie en 1998, à l'âge de 49 ans, ne cessant jusqu'aux derniers jours d'explorer l'être.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Christian Schmitt, l'univers de Jean-Louis Trévisse, préface de Pierre Souchaud, collection Artension, Ed. lelivredart, Paris 2008, 96 pages, (ISBN 978-2-35532-030-9)[22],[23]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les Schmid verriers », sur http://schmidverriers.e-monsite.com,
  2. « GEN-FR-L-Archives (Revue de généalogie) », sur http://searches2.rootsweb.com,
  3. « de la critique d'art au théâtre », sur http://www.republicain-lorrain.fr,
  4. Christian Schmitt, L'univers de Jean-Louis Trévisse, Lelivredart, , 96 p. (ISBN 978-2-35532-030-9), page 13
  5. « Bizeul, peintre inspiré par A. Demmerlé, journaliste de la Semaine », sur http://www.lasemaine.fr,
  6. « Avis de nécrologie », Le républicain Lorrain,‎
  7. « Hommage rendu à Gérald Collot », sur http://amisdelacourdor.canalblog.com,
  8. « 1970-1975 », sur www.espacetrevisse.com,
  9. « Armand Scholtès », sur Le Vadrouilleur urbain,
  10. « 1980-1981 », sur www.espacetrevisse.com,
  11. « les acryliques à feu et à sang : 1983-1984 », sur www.espacetrevisse.com,
  12. [vidéo] [http://"https://www.youtube.com/embed/BEJwqTS0dXM" « Vidéo 1 »], sur www.youtube.com,
  13. [vidéo] [http://"https://www.youtube.com/embed/eEJwnIkYuYU" « vidéo 2 »], sur www.youtube.com,
  14. [vidéo] [http://"https://www.youtube.com/embed/Js3C5gsY3sE" « vidéo 3 »], sur www.youtube.com,
  15. « Archives audiovisuelles - Fonds Michel Ragon », sur http://www.archivesdelacritiquedart.org,
  16. « Jean-Louis Trévisse », sur https://books.google.fr/,
  17. Exposition au Musée du Luxembourg, 2006, L'Envolée lyrique, Paris 1945-1956, Paris, Skira, (ISBN 88-7624-679-7)
  18. Gaël Calvez, « "Portrait sensible" », Le Républicain Lorrain,‎
  19. « Trévisse, sismographe de la modernité », sur http://lenouveaucenacle.fr,
  20. D.B., « "L'univers de Jean-Louis Trévisse" », La Semaine (hebdomadaire),‎
  21. Michel Giroud, « exposition Trévisse », le magazine Kanal,‎
  22. Dossier de presse : [PDF] « contact presse », sur http://s1.e-monsite.com/,
  23. [vidéo] « France 3 Lorraine (présentation du livre) », sur https://www.youtube.com,