Jean-Baptiste Renoyal de Lescouble

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Jean-Baptiste Marie Zéphyrin Martin Renoyal de Lescouble (1776-1838) fut un diariste, un colon et un peintre amateur français.

Né à Saint-Denis en 1776, fils d’un officier breton René Martin De Lescouble, Chevalier, seigneur de Renoyal, et d'une Créole de la Réunion Marie Jeanne Geneviève Roudic du Meslon[1]. Il s’embarque à l’âge de onze ans pour la France avec ses frères, vraisemblablement pour y suivre ses études. Comme la plupart des familles nobles ou aisées de l'époque, ses parents souhaitaient que leurs enfants reçoivent en France une éducation plus complète que celle reçue dans l’île. De Lescouble regagne Bourbon - La Réunion à l’âge de vingt ans et s’installe comme planteur sur une propriété «  à la limite des communes de Sainte-Marie et de Sainte-Suzanne, d’une superficie approximative d’une vingtaine d’hectares, limitée par des arbustes surnommés " Chandelles ». Ill devait avoir une vingtaine d’esclaves, " petits Noirs » de moins de 14 ans compris. Comme tous les petites propriétaires, De Lescouble commandait lui-même ses esclaves, travaillant avec eux, maniant pioche, machette ou grattoir[2] ».

Un diariste témoin de son temps[modifier | modifier le code]

Il a tenu son journal de 1811 à 1838, année de sa mort. Boulimique de l'action, il y relate ses activités de planteur, d'architecte, de peintre et surtout, témoigne de son époque dans la société de l'île Bourbon au début du XIXe siècle.

Un témoin de la médecine de son temps[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Renoyal de Lescouble n’est pas médecin, mais de 1811 à 1838, ses cahiers font une large part aux maladies de l’époque et à leur traitement. De Lescouble soigne ses voisins, ses enfants, sa famille, ses Noirs, jouant le rôle d’un infirmier et d’un médecin. Il entretient des relations suivies avec François-Auguste Vinson qui lui envoie des médicaments. Il n’hésite pas à proposer pour sa tante, d’autres thérapeutiques que celle du docteur Vinson et voue une confiance absolue dans les vomitifs et les purgatifs dont il inonde son entourage, avec quelques succès. Il maintient ainsi sa tante en vie pendant cinq mois, alors qu’elle est vraisemblablement atteinte d’une insuffisance cardiaque terminale, au stade de l’anasarque[3].

Un colon soucieux du bien-être de ses contemporains[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Renoyal de Lescouble était un colon passionné par la terre qu'il cultivait et soucieux du bien-être de ses contemporains. Franc-Maçon, il était engagé aux côtés des Francs-Créoles, mouvement qui revendique une gouvernance plus à l'écoute des Réunionnais.

Un artiste[modifier | modifier le code]

Egalement musicien et peintre, il réalisa vers la fin de sa vie les décors du théâtre de Saint-Denis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Naissance, union 1, union 2, union 3, décès: - II-2 (Page 2381) - Dictionnaire généalogique des familles de l'Île Bourbon (1665 - 1810) - Camille Ricquebourg.
  2. Histoire de l'esclavage à l'île Bourbon (Réunion). J. V. Payet. L'Harmattan, 1990 - 127 pages. 
  3. Gonflement de toutes les parties du corps, lié à une rétention d’eau.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Renoyal de Lescouble (Jean-Baptiste), Journal d'un colon de l'île Bourbon, texte établi par Norbert Dodille, Paris l'Harmattan / Éd. du Tramail, 1990
  • Francs-Créoles : Auguste Lacaussade, Nicole Robinet de La Serve, François-Auguste Vinson, Jean-Baptiste Renoyal de Lescouble. Livre Groupe.
  • Histoire de l'esclavage à l'île Bourbon (Réunion). J. V. Payet. L'Harmattan, 1990 - 127 pages.