Javier Cercas

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Javier Cercas
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Javier Cercas au salon du livre de Göteborg, en 2014.
Nom de naissance Javier Cercas Mena
Naissance
Ibahernando, Estrémadure
Drapeau de l'Espagne Espagne
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Espagnol
Genres

Œuvres principales

Javier Cercas Mena, né en 1962 à Ibahernando, dans la province de Cáceres, est un écrivain et traducteur espagnol. Il est également chroniqueur du journal El País.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'un vétérinaire de campagne qui s'installe à Gérone en 1966 alors que Javier est âgé de quatre ans. Il y étudie chez les maristes.

À quinze ans, il découvre Jorge Luis Borges qui va durablement marquer son œuvre.

En 1985, il amorce des études en philologie espagnole à l'université autonome de Barcelone où il obtient ses premiers diplômes. Il poursuit dans la même spécialité à l'université de Barcelone jusqu'à l'obtention d'un doctorat.

Carrières universitaire et littéraire[modifier | modifier le code]

Après ses études, il travaille deux ans à l'université de l'Illinois à Urbana-Champaign. Il publie aux États-Unis un recueil de nouvelles qui reprend pour titre celui du court roman qu'il contient, Le Mobile (El móvil, 1987), qui sera republiée séparément en 2003. Cercas écrit également aux États-Unis son deuxième roman, À petites foulées (El inquilino), paru en 1989, l'année même où il est nommé professeur de littérature espagnole à l'université de Gérone.

En 1994, Cercas publie l'essai La obra literaria de Gonzalo Suárez (littéralement : L'œuvre littéraire de Gonzalo Suárez), sur le célèbre cinéaste et romancier, puis le roman El vientre de la ballena (1997) qui passe inaperçu. Encore peu connu comme écrivain, il continue de recevoir les encouragements à écrire de son ami, le célèbre romancier chilien Roberto Bolaño, qui est persuadé de son talent.

La notoriété vient à Javier Cercas avec son roman Les Soldats de Salamine (Soldados de Salamina, 2001), révélé par Mario Vargas Llosa dans un article célèbre[1], et qui obtient, par ailleurs, les éloges de John Maxwell Coetzee, Doris Lessing et Susan Sontag. Les Soldats de Salamine se présente comme une recherche historique menée par un journaliste sur un épisode de la vie d'un personnage réel de la guerre civile espagnole, l'idéologue de la Phalange et écrivain Rafael Sanchez Mazas, celui dans lequel ce personnage parvient à s'échapper d'un peloton d'exécution républicain. Il est poursuivi et retrouvé par un milicien qui le regarde et le laisse partir, ce qui lui sauve la vie. L'intrigue du roman est la recherche de l'identité de ce personnage anonyme[2].

Le roman À la vitesse de la lumière (La velocidad de la luz, 2005), a également pour sujet une conflit armé, cette fois la guerre du Viêt Nam, où, contrairement à ce qu'il développait dans ses œuvres précédentes, il refuse tout message d'espoir et plonge dans le mal qui se trouve tout autant que le bien dans le cœur humain[3]. En parallèle au récit du soldat brisé par la culpabilité se déploie le récit d'un auteur espagnol bouleversé par le grand succès de son précédent roman. En 2017, le film El autor, réalisé par Manuel Martín Cuenca, est une adaptation de ce roman, avec Javier Gutiérrez dans le rôle de l'écrivain.

Le recueil de divers textes intitulé La verdad de Agamenón se compose de quatre parties : Autobiografías parle de voyages, de passions et de souvenirs personnels ; Cartas de batalla est constitué de textes controversés sur l'histoire et la littérature récente ; Nuevos relatos reales sont des histoires humoristiques et Los contemporáneos sont des essais sur des écrivains admirés par auteur.

Le roman Anatomie d'un instant (Anatomía de un instante, 2009) est l'analyse de la figure d'Adolfo Suárez, lors de la tentative de coup d'État du 23 février 1981[4],[5]. Ce roman, que l'on peut aussi considérer comme un essai, est devenu un best-seller lors de la fête de Sant Jordi en 2009.

Cercas s'est largement inspiré d'El Vaquilla pour créer le personnage de Zarco dans son roman Les Lois de la frontière (Las leyes de la frontera, 2012).

En 2014, il publie un nouveau roman, L'Imposteur (El impostor). Si ce roman, de nouveau, n'est pas une simple fiction, il est enrichi des fictions de son personnage principal, Enric Marco. Figure réelle et médiatique de l'Espagne du XXe siècle post-franquiste, Enric Marco s'est tour à tour présenté comme un fervent anti-franquiste, un profond anti-fasciste et même une victime de la politique concentrationnaire des nazis. En somme et dans tous les cas de figure, un résistant. Or ses mensonges ont été dévoilés et l'homme cloué au pilori médiatique. Javier Cercas s'interroge sur ce don Quichotte moderne[6], ce Narcisse fabulateur qui refuse la médiocrité de sa vie, de son humanité et qui, par conséquent, remplit ce vide de son jeu d'acteur cabot, de ses paroles d'écrivain kitsch[7].

En 2017, il publie Le monarque de l'ombre (El monarca de la sombra), roman dans lequel il se plonge dans son histoire familiale à travers la figure de l’oncle de sa mère, soldat franquiste mort lors de la bataille de l’Ebre à l’âge de 19 ans durant la guerre civile espagnole.

Javier Cercas remporte le prix Salammbô (es) (2001), le prix Grinzane Cavour (2003), le prix de la Critique du Chili, le prix de la ville de Barcelone et de la ville de Carthagène, le deuxième prix Librero (2001) et la médaille de l'Estrémadure (es) (2005), tous accordés par la critique. Il remporte le prestigieux prix Méditerranée étranger en 2014 pour cinquième roman, Les Lois de la frontière (2014).

Son œuvre est traduite dans plus de vingt langues.

Outre son travail de romancier, Javier Cercas est un collaborateur régulier de l'édition catalane et du supplément dominical du journal El País.est aussi un chroniqueur. Ses articles sont rassemblés dans Una buena temporada (1998) et Relatos reales (2000).

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • El móvil (1987), réédition Barcelone, Tusquets, 2003
    Publié en français sous le titre Le Mobile, traduit par Élisabeth Beyer et Aleksandar Grujičić, Arles, Actes Sud, coll. « Lettres hispaniques », 2016, 96 p. (ISBN 978-2-330-06896-7)
  • El inquilino (1989), réédition Barcelone, Círculo de Lectores, 2002
    Publié en français sous le titre À petites foulées, traduit par Élisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic, Arles, Actes Sud, coll. « Lettres hispaniques », 2004, 139 p. (ISBN 2-7427-4638-2)
  • El vientre de la ballena (Barcelone, Tusquets, 1997)
  • Soldados de Salamina (Barcelone, Tusquets, 2001)
    Publié en français sous le titre Les Soldats de Salamine, traduit par Élisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic, Arles, Actes Sud, coll. « Lettres hispaniques », 2002, 236 p. (ISBN 978-2-742-73935-6) ; réédition, Arles, Actes Sud, coll. « Babel » no 621, 2004 (ISBN 2-7427-4649-8) ; réédition, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 30353, 2005 (ISBN 2-253-11356-5)
  • La velocidad de la luz (Barcelone, Tusquets, 2005)
    Publié en français sous le titre À la vitesse de la lumière, traduit par Élisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic, Arles, Actes Sud, coll. « Lettres hispaniques », 2006, 285 p. (ISBN 978-2-742-76276-7) ; réédition, Arles, Actes Sud, coll. « Babel » no 865, 2008 (ISBN 978-2-7427-7253-7) ; réédition, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 31987, 2010 (ISBN 978-2-253-12275-3)
  • Anatomía de un instante (Barcelone, Mondadori, 2009) — Prix national de Narration 2010
    Publié en français sous le titre Anatomie d'un instant, traduit par Élisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic, Arles, Actes Sud, coll. « Lettres hispaniques », 2010, 427 p. (ISBN 978-2-7427-9215-3) ; réédition, Arles, Actes Sud, coll. « Babel » no 1166, 2013 (ISBN 978-2-330-01775-0)
  • Las leyes de la frontera (Barcelone, Mondadori, 2012) — Prix Méditerranée étranger 2014
    Publié en français sous le titre Les Lois de la frontière, traduit par Élisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic, Arles, Actes Sud, coll. « Lettres hispaniques », 2014, 352 p. (ISBN 978-2-330-02710-0) ; réédition, Arles, Actes Sud, coll. « Babel » no 1338, 2015 (ISBN 978-2-330-05325-3)
  • El impostor (Barcelone, Literatura Random House, 2014)
    Publié en français sous le titre L'Imposteur, traduit par Élisabeth Beyer et Aleksandar Grujičić, Arles, Actes Sud, coll. « Lettres hispaniques », 2015, 448 p. (ISBN 978-2-330-05307-9)[8] ; réédition, Arles, Actes Sud, coll. « Babel » no 1485, 2017 (ISBN 978-2-330-08161-4)
  • El monarca de las sombras (2017)

Essais[modifier | modifier le code]

  • La obra literaria de Gonzalo Suárez (Barcelone, Sirmio, 1993)
  • Àlbúm Galmes (2002), recueil d'études littéraires et de biographies dédié à Ponç Puigdevall
  • Diálogos de Salamina: un paseo por el cine y la literatura (2003), ouvrage dédié à David Trueba
  • El punto ciego (2016)
    Publié en français sous le titre Le Point aveugle, traduit par Élisabeth Beyer et Aleksandar Grujičić, Arles, Actes Sud, coll. « Un endroit où aller » no 272, 2016, 222 p. (ISBN 978-2-330-06895-0)

Chroniques, articles, préfaces, divers[modifier | modifier le code]

  • Una buena temporada (1998)
  • Relatos reales (Barcelone, Tusquets, 2000)
  • La verdad de Agamenón. Crónicas, artículos y un cuento (Barcelone, Tusquets, 2006)
  • Felipe Alaiz, El arte de escribir sin arte (2012), préface de Javier Cercas

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Javier Cercas » (voir la liste des auteurs).

  1. (es) Mario Vargas Llosa, « El sueño de los héroes », El País,‎ (lire en ligne).
  2. « Le succès des Soldats de Salamine » (consulté le 4 octobre 2010)
  3. « À la vitesse de la lumière, ou l'écriture pour survivre » (consulté le 4 octobre 2010).
  4. « Viva Espana, cojones ! » (consulté le 4 octobre 2010)
  5. « Anatomie d'un instant » (consulté le 4 octobre 2010).
  6. Javier Cercas, L'Imposteur, Actes Sud, p. 215-220.
  7. Id., op.cit., p. 176-177.
  8. Thibault Boixiere, « Javier Cercas définit une idée littéraire de l'imposteur », sur Unidivers, (consulté le 14 septembre 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]