Jacques de Révigny

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Jacques II de Révigny
Fonction
Évêque de Verdun
-
Henri III de Grandson (d)
Jean III de Richericourt (d)
Biographie
Naissance
Décès
Activité

Jacques de Révigny (en latin Jacobus de Ravanis), né vers 1230/35 probablement à Revigny-sur-Ornain, mort en 1296 à Ferentino, est un homme d'Église et juriste du XIIIe siècle, professeur de droit romain à Orléans, créateur de l'école dite des « postglossateurs », évêque de Verdun de 1290 à 1296.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Après des études d'arts libéraux peut-être à Paris, il arriva à Orléans pour faire son droit entre 1255 et 1260 et fut l'élève de Jean de Monchy (Johannes de Monciaco), de Simon de Paris, de Guido de Cumis, de Guichard de Langres. L'école de droit d'Orléans avait été constituée depuis les années 1230, notamment par des juristes en provenance de Bologne.

Juriste réputé[modifier | modifier le code]

La réputation de Jacques de Révigny fut établie par un épisode intervenu vers 1260 : au cours d'une dispute avec François Accurse, venu donner une leçon à Orléans, il triompha et réduisit le maître bolonais au silence. Au cours de son professorat, qui dura de 1263 aux alentours de 1280, il fut le maître de tous les grands juristes de la génération suivante : Jacques de Boulogne, Pierre de la Chapelle, Raoul d'Harcourt (lui-même maître de Pierre de Belleperche), Gui de la Charité. Dans ses textes, il évoque une activité d'avocat qu'il avait à côté de son enseignement.

Évêque[modifier | modifier le code]

Il était archidiacre du diocèse de Toul quand il fut nommé évêque de Verdun (consacré le 13 mars 1290). Le chapitre des chanoines avait élu un autre candidat, ce qui occasionna un conflit qui dura pendant tout son épiscopat. Il mourut en Italie en allant soumettre la dispute au pape.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Comme juriste, Jacques de Révigny fut un critique du droit coutumier en vigueur dans les provinces du nord de la France et un tenant du droit romain, importé à l'époque de la prestigieuse Université de Bologne. Avec Pierre de Belleperche, il fut l'un des principaux commentateurs français du Corpus juris civilis. Son brillant enseignement apporta un renouveau méthodologique qui fut dans l'histoire du droit médiéval le passage de relais entre les glossateurs de Bologne et les postglossateurs d'Orléans. Il fut oublié aux époques suivantes, ses œuvres étant imprimées au XVIe siècle sous les noms de Pierre de Belleperche et de Bartole.

Son legs principal consiste dans ses près de 150 Répétitions portant sur l'ensemble du Corpus juris civilis. La repetitio est le genre nouveau d'enseignement dans lequel s'exprime son apport (esprit de synthèse, approfondissement) à l'enseignement du droit[1]. On lui attribue aussi le premier dictionnaire de la langue juridique (Dictionarium juris).

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Jacobus de Ravanis, Lectura super Codice, Paris 1519, réimpr. Bologne 1967 et Francfort-sur-le-Main 1968 (autrefois faussement attribué à Pierre de Belleperche).
  • Jacobus de Ravanis, Lectura Institutionum, Lyon 1536, réimpr. Bologne 1972 (attribué à Pierre de Belleperche).
  • Jacques de Révigny, Summa feudorum, Milan, Giuffrè, 1959.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Liesbeth Josephina van Soest-Zuurdeeg, La Lectura sur le titre De actionibus (Inst. 4, 6) de Jacques de Révigny, Leyde, E. J. Brill, 1984.
  • Laurent Leo Jozef Maria Waelkens, La théorie de la coutume chez Jacques de Révigny. Édition et analyse de sa répétition sur la loi De quibus (D. 1, 3, 32), Leyde, E. J. Brill, 1984.
  • Cornelis Huibert Bezemer, Les Répétitions de Jacques de Révigny : recherches sur la répétition comme forme d'enseignement juridique et comme genre littéraire, suivies d'un inventaire des textes, Leyde, E. J. Brill, 1987.
  • Cornelis Huibert Bezemer, What Jacques saw : thirteenth century France through the eyes of Jacques de Révigny, professor of law at Orleans, Francfort-sur-le-Main, V. Klostermann, 1997.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'enseignement du droit pouvait prendre trois formes : le cours, la disputation et la répétition. À cette époque, à Orléans, les répétitions étaient hebdomadaires. Le professeur choisissait une loi du Corpus et il l'expliquait avec plus de détail qu'il ne pouvait le faire dans son cours général. Les étudiants pouvaient ensuite faire des objections auxquelles le professeur répondait. Ces séances permettaient d'examiner une matière précise en profondeur. Ces répétitions nous sont parvenues sous la forme de reportationes, c'est-à-dire des notes prises par les étudiants.