Jacobaea vulgaris

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Le séneçon de Jacob ou séneçon jacobée (Jacobaea vulgaris) est une espèce de plantes herbacées, vivace ou bisannuelle, de la famille des Asteraceae ; autrefois simplement appelée jacobée ou herbe de saint Jacques.

Son nom scientifique accepté fut longtemps Senecio jacobaea L. mais des travaux, notamment ceux de Pieter Pelser & Ruud Van der Meijden[1] en 2005, tendent à prouver que cette espèce et d'autres font bien partie d'un genre, Jacobaea, distinct de Senecio.

On trouve sur les littoraux européens une sous-espèce dunuensis dont chaque pied abritait autrefois souvent des dizaines de chenilles du papillon Tyria jacobaeae (écaille du Séneçon jacobée).

Synonyme[modifier | modifier le code]

  • Senecio jacobaea L.

Description[modifier | modifier le code]

Le Séneçon jacobée est une plante vivace (hémicryptophyte), à souche courte, fibreuse et dont la tige de 40 cm à 15 cm de haut, se dresse, droite, rameuse au sommet.

Les feuilles ordinairement glabres, profondément pennatipartites, divisées en segments presque égaux, oblongs-obovales, lobés ou crénelés. Les feuilles basales sont lyrées et portées par un pétiole. Elles sont généralement flétries à la floraison. Les supérieures sont à oreillettes embrassantes, sessiles.

Les capitules sont groupés en corymbe ombelliforme. Ils font de 15 à 25 mm de large. L'involucre est formé de folioles tachées de brun. Les fleurs jaunes sont bisexuées ou unisexuées. La plante fleurit en plein été.

Le fruit est un akène avec une aigrette de poils blancs de 4 mm.

Écologie[modifier | modifier le code]

C'est une pionnière des friches et terrains vagues, de certains accotements, lisières et prairies rases.

Originaire d'Europe elle s'est naturalisée en Amérique du Nord et en Nouvelle-Zélande.

Elle peut être très envahissante dans certaines régions (comme en Bretagne) où il faut la contrôler ou la détruire pour entretenir les pâturages.

Propriétés[modifier | modifier le code]

Sénécionine

Le séneçon jacobée peut contenir plus d'une dizaine d'alcaloïdes pyrrolizidiniques, liés de la sénécionine. Les oxydes d'amine de sénécionine sont synthétisés dans la racine puis transportés dans toutes les parties de la plante. Witte et al.[2] ont décrit deux chimiotypes :

  1. le type jacobine est caractérisé par la jacobine et la jacozine et peu ou pas du tout d'érucifoline
  2. le type érucifoline contient de l'érucifoline, de l'acétylérucifoline mais pratiquement pas de jacobine. Les deux chimiotypes ne diffèrent pas en concentration des autres alcaloïdes comme sénécivernine, sénécionine, integerrrimine, sénéciphylline. Une autre équipe[3] a défini un troisième chimiotype mixte qui contient de la jacobine et de l'érucifoline en quantités semblables.

La consommation de ces alcaloïdes par les animaux peut conduire à une intoxication qui s'exerce principalement au niveau hépatique : gonflement du foie, nécrose, occlusion veineuse et perte de la fonction hépatique[4].

Toxicité[modifier | modifier le code]

Ce séneçon est toxique pour les équins et bovins, mais consommable en petites quantités par les ovins (chez lesquels il pourrait avoir un effet vermifuge).
Sa toxicité est due à son contenu en alcaloïdes pyrrolizidiniques, toxiques pour le foie de certaines espèces.

Le lait de vaches ou de chèvres ayant consommé du séneçon jacobée peut être faiblement contaminé par des alcaloïdes pyrrolizidiniques. De même le miel provenant des abeilles butinant sur les zones densément couvertes de Sèneçon de Jacob peut contenir des traces d'alcaloïdes pyrrolizidiniques mais les quantités sont si infimes qu'elles sont jugées non préoccupantes[5].

Ennemis[modifier | modifier le code]

La chenille du papillon de nuit (hétérocère) suivant se nourrit de séneçon de Jacob :

Symbolique[modifier | modifier le code]

La fleur du séneçon de Jacob est l'emblème végétal de l'île de Man[6].

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • La goutte de sang encore appelée écaille du séneçon (Tyria jacobaeae) est une espèce de papillon dont la chenille se nourrit exclusivement du séneçon de Jacob.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Pieter B.Pelser, Barbara Gravendeel, and Ruud Van der Meijden, « Phylogeny reconstruction in the gap between too little and too much divergence : the closest relatives of Senecio jacobaea (Asteraceae) according to DNA sequences and AFLPs », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 29,‎ 2003
  2. (en) Witte, L., Ernst, L., Adam, H., Hartmann, T., « Chemotypes of two pyrrolizidine alkaloid-containing Senecio species », Phytochemistry, vol. 31,‎ 1992, p. 559-565
  3. (en) Mirka Macel,Klaas Vrieling, Peter G.L. Klinkhamer, « Variation in pyrrolizidine alkaloid patterns of Senecio jacobaea », Phytochemistry, vol. 65,‎ 2004
  4. Bruneton, J., Pharmacognosie - Phytochimie, plantes médicinales, 4e éd., revue et augmentée, Paris, Tec & Doc - Éditions médicales internationales,‎ 2009, 1288 p. (ISBN 978-2-7430-1188-8)
  5. honey
  6. (en) Isle of Man Government - National Flower

Liens et références externes[modifier | modifier le code]