Tyria jacobaeae

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Goutte-de-sang, Carmin, Écaille du séneçon

La Goutte-de-sang (Tyria jacobaeae), également appelée Carmin ou Écaille du séneçon, est une espèce de lépidoptères (papillons) de la famille des Erebidae et de la sous-famille des Arctiinae. Elle est l'unique représentante du genre monotypique Tyria.

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

  • En français : la Goutte-de-sang[1],[2], le Carmin[1],[2], l'Écaille du séneçon[3], le Tyria[4],[5].
  • En anglais : Cinnabar moth.
  • En allemand : Jakobskrautbär, Blutbär, Karminbär.

Description[modifier | modifier le code]

Papillon[modifier | modifier le code]

L'imago de Tyria jacobaeae est un papillon d'une envergure d'environ 3,5 à 4,5 cm.

Les ailes antérieures sont noires avec un trait rouge vif le long de la côte, un autre le long du bord interne, et deux taches rouge vif au niveau de l'apex et du tornus. Les ailes postérieures sont rouge vif avec une fine bordure noire.

Les couleurs noire et rouge ont tendance à virer au gris et au rosâtre sur les exemplaires usés.

Chenille[modifier | modifier le code]

Les chenilles ont une livrée zébrée très reconnaissable, faite d'une alternance d'anneaux jaunes et noirs.

Ces couleurs voyantes sont aposématiques : les chenilles ont un goût très désagréable pour les prédateurs et leurs couleurs servent de signal d'avertissement. Par exemple, les jeunes oiseaux attaquant ces chenilles apprennent rapidement à associer les couleurs à un goût désagréable, et les délaissent par la suite.

Biologie[modifier | modifier le code]

Phénologie[modifier | modifier le code]

La Goutte-de-sang est une espèce univoltine : elle produit une génération par an. Les imagos volent de mai à août, tandis que les chenilles sont visibles de juillet à septembre. L'espèce passe l'hiver sous forme de chrysalide enfouie dans le sol.

Comportement[modifier | modifier le code]

L'imago est actif de jour comme de nuit. Son vol est mou.

Plantes-hôtes[modifier | modifier le code]

Séneçon jacobée (Jacobaea vulgaris) avec plusieurs chenilles de Tyria jacobaeae.

Les chenilles se nourrissent des feuilles et des inflorescences du séneçon jacobée ou du séneçon à feuilles de roquette. En montagne, on les trouve aussi sur les pétasites et les tussilages.

Les relations entre plante nourricière et chenilles tendent à produire de fortes variations d'effectifs d'une année sur l'autre. Lors d'une année où les chenilles pullulent, elles dévorent abondamment les séneçons qui fructifient mal. Il y a alors peu de séneçons un an plus tard, et donc peu de chenilles, avant que la plante ne prolifère à nouveau l'année suivante et ne nourrisse les chenilles en abondance.

Distribution et biotopes[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

L'espèce avait initialement une répartition paléarctique, étant présente en Europe et en Asie. Elle a été introduite en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande[6].

Elle est présente dans une grande partie de la France métropolitaine où elle ne manque que dans quelques départements du Midi[2].

Biotopes[modifier | modifier le code]

L'espèce fréquente des milieux ouverts comme les prés et les landes, surtout sur des sols sablonneux.

Menaces[modifier | modifier le code]

Cette espèce se raréfie dangereusement dans la plupart de ses stations.[réf. nécessaire]

Systématique[modifier | modifier le code]

L'espèce Tyria jacobaeae a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758, sous le nom initial de Phalaena jacobaeae[6]. Elle est l'espèce type et l'unique espèce du genre Tyria, créé par Hübner en 1819[6].

Elle a pour synonymes (entre autres)[6] :

  • Phalaena jacobaeae Linnaeus, 1758protonyme
  • Callimorpha senecionis Godart, 1822
  • Hippocrita jacobaeae f. confluens Schultz, 1908

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Nom en français d'après l'Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN)
  2. a b et c Fiche de l'espèce sur le site Lépi'Net.
  3. Fiche de l'espèce sur le site Papillons de Poitou-Charentes.
  4. Nom en français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen. [lire en ligne]
  5. Meyer C., ed. sc., 2015, Dictionnaire des Sciences Animales. [lire en ligne]. Montpellier, France, Cirad. [12/05/2015].
  6. a b c et d FUNET Tree of Life, consulté le 4 novembre 2020

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Genre Tyria[modifier | modifier le code]

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Espèce Tyria jacobaeae[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guy Lamotte, La mer du Nord, Bruxelles, Bernard Gilson, coll. « Guide du promeneur », , 294 p. (ISBN 2-87269-085-9)
  • T. Montagne, De la chenille au papillon, Anvers, Le Ballon, coll. « A la découverte », , 32 p. (ISBN 90-374-0645-9)
  • D.J. Carter et B. Hargreaves, Guide des chenilles d'Europe : les chenilles de plus de 500 espèces de papillons sur 165 plantes hôtes, Paris, Delachaux et Niestlé, , 311 p. (ISBN 978-2-603-01444-8), p. 232