Jésus-la-Caille

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Ne doit pas être confondu avec M'sieur la Caille.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jésus (homonymie) et Caille (homonymie).

Jésus-la-Caille
Auteur Francis Carco
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman
Éditeur éditions Albin Michel
Date de parution 1914
Nombre de pages 252
Chronologie

Jésus-la-Caille est le premier roman de Francis Carco, publié en 1914 aux éditions Albin Michel. Il est ressorti en 1920 sous une forme augmentée, ajoutant au texte original celui du roman de 1918 Les Malheurs de Fernande, qui en constituait la suite. Dès lors, cet ajout légèrement remanié constitue le livre troisième de l'ouvrage.

Résumé[modifier | modifier le code]

Paris, années 1910, Jésus-la-Caille, jeune gigolo du quartier Montmartre, vient de perdre son amoureux, Bambou, « poissé » par les « bourres ». Qui l'a « donné aux chiens » ? Ce pourrait bien être Pépé-la-vache, dont on ne sait trop d'où provient l'argent.

Retourné par cette mésaventure, le jeune homme s'entiche de Fernande, prostituée et « môme » de Dominique le Corse, souteneur de son état. Mais cette même Fernande est convoitée par Pépé-la-Vache, qui dénonce le Corse, pris en flagrant délit lors d'un cambriolage. Le Corse à l'ombre, Jésus-la-Caille ayant toujours en tête Bambou, Fernande tombe toutefois dans ses bras, au grand dam de Pépé. Mais ce n'est qu'une passade, et Pépé parvient bientôt à ses fins. Emmenant Fernande loin, à Belleville, il la garde pour lui… mais pas longtemps, jusqu'à ce que Fernande comprenne que Pépé est un indic.

De retour à Montmartre, rue Lepic, Fernande reprend son activité, mais avec moins de succès. Pépé la suit continuellement ! et avec la réputation qu'il se traîne désormais, cela fait fuir le client. Désespérée, elle tente de se retourner vers Jésus-la-Caille, mais Pépé la reprend de force. Jusqu'à ce que le Corse sorte de prison, et règle ses comptes à sa façon.

Réception[modifier | modifier le code]

Sorti très peu de temps avant le déclenchement de ce qui allait devenir la Première Guerre mondiale, le premier livre de Carco reçoit un accueil médiocre de la part de la critique. Néanmoins, il devient rapidement un succès de librairie[1].

Analyse[modifier | modifier le code]

Le roman de Carco, dédié à Léopold Marchand, est une plongée dans le Paris interlope des années 1910 et plus largement de la Belle Époque, dans les quartiers populaires où l'on vit de rapine, de prostitution, où l'insécurité est grande dans un méli-mélo de bars, d'hôtels crasseux et de rues mal éclairées par les becs de gaz. Entre coups de filet des mœurs et assassinats, le lecteur évolue dans un univers narré dans le registre argotique de l'époque. Il donne la part belle à l'homosexualité[2]

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Jésus-la-Caille, éditions Albin Michel, 1914.
  • Jésus-la-Caille, Ronald Davis & Cie, 3 bois de Chas Laborde, 1920. Première édition complète à trois livres[2].
  • Jésus-la-Caille, Émile Hazan & Cie, Paris, 1929 ; illustré par André Dignimont.
  • Jésus-la-Caille, Le Livre de poche, no 310, 1980.

Il a été traduit en allemand au début des années 1920 par l'écrivain autrichien Fred Antoine Angermayer. Une nouvelle traduction de l'allemand a été faite en 2002 par Hans Thill (de). Toutes les traductions semblent toutefois buter sur la complexité induite par le vocabulaire argotique utilisé par Carco, Ina Hartwig indiquant que la traduction peut « paraître bizarre par moments »[1].

L'ouvrage a également été traduit en anglais en 1939 par Pierre Devaux.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Le roman de Carco a connu plusieurs adaptations :

  • 1952 : Jésus la Caille, adaptation pour le théâtre mise en scène par Pierre Valde. La pièce a été présentée le 11 janvier 1952 en première mondiale au théâtre des Célestins à Lyon (trois représentations du 11 au 13 janvier 1952). Elle s’est ensuite installée à Paris, au théâtre Gramont (première le 4 mars 1952), avant d’être reprise au théâtre Antoine (14, boulevard de Strasbourg) à partir du 25 juin 1952. Après la tournée d’été, elle est de nouveau jouée au théâtre Gramont, à partir de fin septembre 1952. La pièce est interprétée, par Michel François, Catherine Seneur, Lila Kedrova, Léon Larive, René Havard, Jean Dova, Daniel Cauchy, Charles Moulin. Le rôle de "Loupé", l'accordéoniste, est d'abord tenu par Raymond Fournier (de mars 1952 à juin 1952), puis par Jo Krasker (juin 1952 à janvier 1953)(voir l'affiche du spectacle)[3]. Dora Doll, remplace Catherine Seneur à partir de l'hiver 1952 (voir l'affiche)[4].
  • 1955 : M'sieur la Caille, film français réalisé par André Pergament.
  • 2004 : Jésus la Caille, adaptation pour le théâtre mise en scène par Jacques Darcy, à l'Espace Cardin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Hartwig 2003
  2. a et b Pollaud-Dulian 2014
  3. Zalveug60, Français : Affiche de la pièce de théâtre "Jésus la Caille" de Francis Carco, Paris, 1952., (lire en ligne)
  4. Zalveug60, Français : Affiche de la pièce "Jésus la Caille", de Francis Carco; tournée au Maroc, décembre 1952-janvier 1953, (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.