Jérôme de Missolz

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Jérôme de Missolz
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 61 ans)
Nationalité
Activités
Réalisateur, documentariste, journalisteVoir et modifier les données sur Wikidata

Jérôme de Missolz, né le à Lyon (Rhône) et mort le (à 61 ans)[1], est un auteur-réalisateur français.

Parcours[modifier | modifier le code]

Jérôme de Missolz fait des études de droit à Saint-Étienne et obtient une maîtrise en 1976[2]. C'est à la maison de la culture de Saint-Étienne qu'il s'initie au cinéma, à l'aide d'une caméra 16 mm Pathé double super 8 et grâce à la récupération d'un peu de pellicule[3].

Cinéma expérimental[modifier | modifier le code]

Il déménage à Paris durant l'année 1977. Passionné par le cinéma expérimental[2], il entre à la Coopérative des Cinéastes[3]. Il réalise alors ses premiers films expérimentaux, en super 8 et 16 mm, Promenade à travers la ville, Celluloid Heroes et Retro-perspectives nouvelles, et travaille comme chef-opérateur avec Lionel Soukaz, notamment sur son premier film, Race d'Ep[3]. Durant cette époque de la fin des années 1980, il collabore à la revue Cinéma Différent[2], rentre à la coopérative du même nom créée par Marcel Mazé, et étend ses collaborations au niveau de l'image avec Jean-François Garsi, Martine Rousset, Gisèle et Luc Meichler. Il collabore par ailleurs avec le peintre Michel Potage et réalise avec lui Les Foules de ma tête. Puis il se lance dans un certain nombre de courts-métrages, H93 avec Nicole Deschaumes, Furie Rock, subventionné par le CNC, et Beau Bleu.

Féru de musique, il rédige pour les Éditions Diapason, entre 75 et 79, un catalogue de musique pop, répertoriant tous les groupes et disques importants de l'histoire du rock. Il commence à réaliser des films industriels au début des années 1980 pour Thompson, IBM, Peugeot, Badoit etc., tout en continuant son travail personnel de cinéaste indépendant. Entrées de secours, réalisé sur plusieurs années, entre 79 et 83, dans des concerts punk, avec un procédé i/i super huit, gonflé par truca en 16 mm, lui vaut d'être sélectionné dans de nombreux festivals internationaux.

Il s'intéresse également à la scénographie image et crée avec Alain Lonchampt et Nicole Deschaumes des visuels pour des concerts de Michel Berger ou Eddy Mitchell. Puis il étend ses recherches au théâtre avec Jean-Louis Jacopin (L'Êve future de Villiers de L'Isle Adam pour le festival d'Avignon) et des expositions (« L'athlète dans les étoiles » à la Grande Halle de La Villette). Il collaborera aussi à des expériences de cinéma expanded intégrant des expressions musicales et de l'image en live, notamment avec le guitariste Jean-François Pauvros et le musicien et graphiste Matthew Földes.

Documentaires[modifier | modifier le code]

À partir de 1990, il se lance dans le cinéma documentaire en participant à l'aventure de La Sept qui allait déboucher sur la création d'Arte. Jan Saudek - Prague Printemps 90, portrait du photographe tchèque lui vaut une dizaine de récompenses dans des festivals internationaux. Il enchaîne avec You'll never walk alone, en co-réalisation avec Evelyne Ragot sur les rapports de la classe ouvrière avec la musique à Liverpool, avant de s'embarquer avec Bernard Debord en 93 avec une mission d'Amnesty International en Argentine et au Pérou. En 1994, il réalise le portrait d'Yves Saint Laurent en collaboration avec Armelle Brusq, au travers d'un essai poétique tourné dans les maisons du grand couturier à Paris, Deauville, et Marrakech. Puis il s'attaque au photographe sulfureux Joel-Peter Witkin, en le suivant lors de séances de photo à Budapest, Sao Paulo et Albuquerque. Ce film recevra le prix de la création au Festival du Film d'art de Montréal.

Par la suite, Jérôme de Missolz, alternera un questionnement sur la société avec des essais sur les arts plastiques ou la musique. Réalisé en collaboration avec Pierre Hodgson, Sur les rives de l'étang de Berre, en 1998, interroge pendant un an de tournage, la présence du front national dans la région de Vitrolles et Marignane. En 2007, il réalise avec Floréal Klein un documentaire en cinéma direct sur la procréation médicalement assistée dans deux hôpitaux, en France et en Belgique, puis il se lance avec Marie Brunet-Debaines en 2011 dans un film sur une communauté orthodoxe, chez les Nénetses, en plein cœur de la toundra sibérienne.

En parallèle, il réalise avec le concours de l'Institut National de l'audiovisuel, Wild Thing, une saga très personnelle sur son rapport à la musique rock depuis son adolescence, multi-diffusé sur Arte. En 2010, il entreprend le portrait du grand photographe anglais, David Bailey, Four beats to the bar and no cheating, présenté dans de nombreux festivals internationaux. Il entreprend en 2012 une histoire de la drogue-culture, L'Imaginaire des drogues, du Romantisme à nos jours, toujours pour la chaîne Arte, dont il achêve aujourd'hui les finitions.

Fictions[modifier | modifier le code]

En 1999, Jérôme de Missolz entreprend l'adaptation de l'ouvrage culte de Louis Calaferte, La Mécanique des femmes, avec pour comédiens principaux, Christine Boisson, Rémi Martin, Florence Denou, Florence Loiret-Caille, Tina Aumont, Maëwen Le Besco et la chanteuse Amina, le film sort en 2000 en créant une certaine polémique.

En 2002, il réalise Zone Reptile, un téléfilm musical pour Arte, en retournant sur les lieux du documentaire qu'il avait réalisé autour de Vitrolles, sur le front national. Il y raconte le processus de libération par la musique d'un adolescent, transfuge de Ziggy Stardust et Marilyn Manson. En 2006, il se lance dans Sans Titre un essai sur la vie et l'œuvre de la photographe américaine Francesca Woodman, avec Florence Denou, Lou Castel, Caroline Baehr et Jacky Nercessian. Ce film sort au cinéma dans un double programme sur la photographie au Reflet Médicis, intitulé Le Corps sublimé, dans lequel sont repris également les portraits de Saudek et Witkin, ainsi qu'un court-métrage expérimental i, réalisé à partir du journal d'un modèle amateur qui se fait photographier nue par de grands photographes.

En 2011, il réalise pour le compte de Love Streams Agnès b, un long métrage intitulé Des jeunes gens mödernes, dans lequel il raconte le périple des « entristes », quatre jeunes artistes contemporains en quête de leurs racines dans la scène musicale des années 1980, qui se font vampiriser entre Paris, New York et Hong Kong par un intrigant fantôme, 69X69, aka Yves Adrien. Ce film sera sélectionné à la quinzaine des réalisateurs à Cannes, la même année, ainsi que dans de nombreux festivals internationaux.

Jérôme de Missolz travaille actuellement au développement de Ennemi intérieur, un long-métrage en collaboration avec Pierre Hodgson et Pierre Guérinet.

Il meurt d'une longue maladie le 10 mars 2016.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 2014 : Drogue et Création. Une histoire des paradis artificiels (TV)
  • 2012 : Punkt (TV)
  • 2011 : Des jeunes gens mödernes
  • 2011 : La Toundra des enfants perdus (TV)
  • 2010 : Wild Thing, la folle histoire du rock (série TV)
  • 2010 : David Bailey: Four Beats to the Bar and No Cheating (TV)
  • 2010 : Wild Thing, la folle histoire du rock (TV)
  • 2008 : La Cigogne et l'éprouvette (TV)
  • 2007 : Le Corps sublimé
  • 2006 : Sans titre
  • 2006 : Four Walls (TV)
  • 2005 : Yohimbe Brothers (TV)
  • 2004 : Conjure (TV)
  • 2004 : Roman et Erwan Bouroullec (TV)
  • 2003 : Fred derrière le miroir (TV)
  • 2003 : Chaplin Today: A King in New York (avec Jim Jarmush, TV)
  • 2002 : Zone Reptile (TV)
  • 2002 : Prague (TV)
  • 2000 : La Mécanique des femmes
  • 2000 : Laurent Terzieff (TV)
  • 1998 : Sur les rives de l'Étang de Berre (TV)
  • 1997 : La Saga des Massey Ferguson (TV)
  • 1996 : I (comme Isabelle)
  • 1996 : Fascisme, le retour (TV)
  • 1996 : Nusrat Fateh Ali Khan, le dernier prophète (TV)
  • 1995 : Yves Saint Laurent, tout terriblement (TV)
  • 1995 : Le Flambe (TV)
  • 1994 : La Machine mode
  • 1994 : Joel-Peter Witkin - L'image indélébile(TV)
  • 1994 : Agatha Christie, maîtresse du mystère (TV)
  • 1993 : Chercheurs de disparus (TV)
  • 1992 : You'll Never Walk Alone (TV)
  • 1990 : Jan Saudek - Prague printemps 1990 (TV)
  • 1990 : Beau Bleu
  • 1988 : Furie Rock
  • 1984 : H93
  • 1983 : Entrées de secours
  • 1977 : Celluloid Heroes
  • 1976 : Promenade à travers la ville

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Interview par Louis-José Lestocard, pour Art Press numéro 330 (janvier 2007)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]