Ipilimumab

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

L'ipilimumab (YERVOY) est un anticorps monoclonal utilisé dans le traitement du mélanome

L'ipilimumab est un anticorps monoclonal humain de type IgG1 dirigé contre la protéine CTLA-4 (Cytotoxic T-Lymphocyte Antigen 4). L'inhibition de ce récepteur présent sur les lymphocytes T a pour conséquence l'activation du lymphocyte T.

Historique de découverte[modifier | modifier le code]

En 1987, des chercheurs français découvrent la protéine CTLA-4 présente à la surface des lymphocytes T. James Allison chercheur au Sloan Kettering à New york a ensuite poussé le développement d'anticorps anti-CTLA-4. La société Medarex rachetée par la suite par le laboratoire américain Bristol Myers Squibb ont poursuivi le développement de l'ipilimumab[1].

Indications, posologies et modalités d'administration[modifier | modifier le code]

Le traitement d’induction se fait à la dose de 3 mg/kg en perfusion intraveineuse sur une période de 90 minutes, toutes les 3 semaines pour un total de 4 doses[2].

Effets secondaires[modifier | modifier le code]

Ils peuvent être de mécanisme immunologique, l'activation des lymphocytes pouvant être dirigée contre des auto-antigènes[3]. ils sont essentiellement à type de rash et de colite. D'autres atteintes sont plus rares : hypophysite, pancréatite, hépatite...[4]. Des cas de myocardites fulminantes ont été décrits[5].

Une colite est ainsi vue dans un cas sur cinq, répondant habituellement bien aux corticoïdes[6] ou à l'infliximab[7] mais pouvant se compliquer d'une perforation intestinale[8]. L'aspect en coloscopie est variable[9] mais certains signes permettent de la distinguer d'une rectocolite hémorragique : moindre concentration en lymphocytes de type CD20, moindre plasmocytose, moindre distorsion des cryptes[10].

Efficacité[modifier | modifier le code]

Il améliore la survie des patients atteints de mélanomes métastatiques utilisé seul[11] ou en combinaison avec la dacarbazine[12]. Son efficacité semble être corrélé avec un taux plus élevé de lymphocytes, après traitement[13].

Dans le mélanome, l'efficacité est d'autant plus importante si le traitement est associé avec du nivolumab[14]. Associé avec ce dernier, il est plus efficace que le sunitinib dans le cancer du rein évolué[15].

Renseignements administratifs[modifier | modifier le code]

Autorisation temporaire d'utilisation (ATU)[modifier | modifier le code]

Une ATU nominative a été octroyée à partir du 9 octobre 2007[16].

Une ATU de cohorte a été octroyée à partir du 18 juillet 2011.

Autorisation de mise sur le marché (AMM)[modifier | modifier le code]

Une AMM centralisée a été octroyée le 13 juillet 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jerome Groopman, « The T-Cell Army », The New Yorker,‎ (ISSN 0028-792X, lire en ligne)
  2. http://www.bmsfrance.fr/nos-medicaments/Documents/YERVOY/AT_Yervoy_06-11-2013.pdf
  3. Michot JM, Bigenwald C, Champiat S et al. Immune‐related adverse events with immune checkpoint blockade: a comprehensive review, Eur J Cancer, 2016;54:139–48
  4. Weber JS, Kähler KC, Hauschild A, Management of immune‐related adverse events and kinetics of response with ipilimumab, J Clin Oncol, 2012;30:2691–7
  5. Johnson DB, Balko JM, Compton ML et al. Fulminant myocarditis with combination immune checkpoint blockade, N Engl J Med, 2016;375:1749–55
  6. Beck KE, Blansfield JA, Tran KQ et al. Enterocolitis in patients with cancer after antibody blockade of cytotoxic T‐lymphocyte‐associated antigen 4, J Clin Oncol, 2006;24:2283–9
  7. Minor DR, Chin K, Kashani‐Sabet M, Infliximab in the treatment of anti‐CTLA4 antibody (ipilimumab) induced immune‐related colitis, Cancer Biother Radiopharm, 2009;24:321–5
  8. Mitchell KA, Kluger H, Sznol M, Hartman DJ, Ipilimumab‐induced perforating colitis, J Clin Gastroenterol, 2013;47:781–5
  9. Verschuren EC, van den Eertwegh AJ, Wonders J et al. Clinical, endoscopic, and histologic characteristics of ipilimumab‐associated colitis, Clin Gastroenterol Hepatol, 2016;14:836–42
  10. Adler BL, Pezhouh MK, Kim A et al. Histopathological and immunophenotypic features of ipilimumab‐associated colitis compared to ulcerative colitis, J Int Med, 2018;283:568-577
  11. Hodi FS, O'Day SJ, McDermott DF et al. Improved survival with ipilimumab in patients with metastatic melanoma, N Engl J Med, 2010;363:711-723
  12. Robert C, Thomas L, Bondarenko I et al. Ipilimumab plus dacarbazine for previously untreated metastatic melanoma, N Engl J Med, 2011;364:2517-2526
  13. Ku GY, Yuan J, Page DB et al. Single-institution experience with ipilimumab in advanced melanoma patients in the compassionate use setting: lymphocyte count after 2 doses correlates with survival, Cancer, 2010;116:1767-1775
  14. Wolchok JD, Kluger H, Callahan MK et al. Nivolumab plus Ipilimumab in advanced melanoma, N Engl J Med, 2013;369:122-133
  15. Motzer RJ, Tannir NM, McDermott DF et al. Nivolumab plus ipilimumab versus sunitinib in advanced renal-cell carcinoma, N Engl J Med, 2018;378:1277-1290
  16. http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2012-01/yervoy_14_12_2011_avis_ct_11462.pdf