Hydroglisseur

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Ne doit pas être confondu avec Aéroglisseur.
Air boat.jpg
Air boat - aft view.JPG

L'hydroglisseur est une embarcation à fond plat et de faible tirant d'eau propulsée par une hélice aérienne. Une autre appellation utilisée avant les années 1950 est « hydroplane » ou « glisseur ». Il ne faut ne pas le confondre avec aéroglisseur dont la portance est assurée par un coussin d'air.

Historique[modifier | modifier le code]

Dès les années 1840, le principe de coques planantes à grande vitesse est établie (Abraham Morrison en 1837, Scott Russel en 1840, Charles Ramus en 1872).

Dans les années 1880, le physicien suisse Raoul Pictet conduit des essais (mesures de traction) de coques planantes sur le lac Léman, et publie en 1883 : « Étude théorique et expérimentale d'un bateau rapide ».

Le Dr Graham Bell en a mis au point une version en Nouvelle-Écosse, (Canada) en 1905. Un de ses assistants, Glenn Curtiss, a fabriqué en 1920 un modèle adapté aux marécages de Floride.

Santos Dumont teste en 1907 sur la Seine un engin (le no 18) muni de plans porteurs immergés séparés des coques. On ne peut pas parler d'hydroglisseur.

En 1907 Charles de Lambert teste un « glisseur », propulsé par une hélice aérienne. En octobre 1913 un hydroglisseur de Lambert piloté par Paul Tissandier, équipé d'un moteur Gnome de 200 cv, bat le record du monde de vitesse sur l'eau avec 98,6 km/h[1].

En 1928, l'avionneur et constructeur automobile Gabriel Voisin réussit l'exploit de remonter le Rhône en amont de Lyon jusqu'à Aix les Bains sur le Lac du Bourget, une portion non endiguée, du fleuve entrecoupée de rapides et de bancs de sable, considérée comme totalement non navigable (excepté pour quelques sportifs en Canoë-Kayak) avec un hydroglisseur de sa fabrication, équipé d'un moteur d'avion de 180 CV. Il embarque avec lui l'écrivain Paul Morand, qui publiera un récit très vivant du voyage, à la fois factuel et humoristique, intitulé "Un Missisipi sans crocodiles"[2]

Au cours des années 30 les hydroglisseurs sont une alternative crédible aux canots automobiles pour certaines courses d'endurance motonautiques comme la très disputée descente du entre Pavie et Venise où les embarcations classiques risquent à tous moment de démolir leur hélice sur un obstacle immergé[3].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Un hydroglisseur doit être fortement motorisé pour atteindre la vitesse de « planning », la portance dynamique du fond de la coque remplaçant la portance statique (portance d'Archimède) du volume immergé. La puissance installée dépasse souvent 100 cv pour une tonne.

En vitesse et déjaugés, le tirant d'eau est réduit ; il suffit de très peu de profondeur pour glisser. La vitesse élevée, la forme plate de leur carène et l'absence d'appendice immergés permet la traversée de zones à fort courant, la navigation dans des eaux encombrées par la végétation (marais). Les hydroglisseurs permettent de naviguer en eaux peu profondes, en zones marécageuses ou inaccessibles.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Ils sont fabriqués en toutes dimensions et adaptés suivant l'utilisation :

  • transport de personnes ou de marchandises
  • tourisme, chasse, spectacle,
  • recherche, exploitation pétrolière,
  • aquaculture, ostréiculture, agriculture, épandage,
  • pompiers, secours, sécurité civile,
  • surveillance douanière, police fluviale, opérations militaires...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. H.F. King, Aeromarine Origins, Putnam, 1966. Voir aussi Charles Comte de Lambert.
  2. « UN VOYAGE EXTRAORDINAIRE | CRLV », sur www.crlv.org (consulté le 17 novembre 2017)
  3. CinecittaLuce, « Gara motonautica internazionale Pavia-Venezia », (consulté le 17 novembre 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Morand, Le Rhône en hydroglisseur [in] Papiers d’identité, Paris, Bernard Grasset éditeur, 1931, p.297-324. Rééd. [in] Voyages, Paris, Robert Laffont, 2001, “Bouquins”, p. 191-207 : récit de Paul Morand relatant sa remontée du Rhône, de Lyon à Aix les bains, sur l'hydroglisseur expérimental de Gabriel Voisin.