Honoré Bovet

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Honoré Bonet (né en 1340, mort en 1410), dit parfois aussi Honorat Bovet, Honoré Bouvet ou Honoré Bonet, était un auteur provençal, prieur de Selonnet, près d'Embrun. Son œuvre déborde cependant le cadre de l'héraldique en traitant du droit des gens de guerre en pleine Guerre de Cent Ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire de Provence, Honoré Bonet ou Bovet ou Bouvet fait sans doute ses études à Avignon où il obtient le grade de licencié puis de docteur en décret. Prêtre, il entre au monatsère de bénédictin de l'Ile-Barbe à Lyon (il y est abbé en 1399) puis devient prieur de Selonnet dans le diocèse d'Embrun (Alpes de Haute-Provence).

Il accompagne le pape Urbain V en Italie et est impliqué dans la résolution du Grand Schisme.

Il voyage à travers la France et l'Aragon. En 1390, il est un des commissaires chargés d'aller en Guyenne et en Languedoc enquêter à la suite de plaintes déposées contre le duc de Berry[1].

En 1392, il est qualifié de conseiller du Roi.

Œuvres[modifier | modifier le code]

L’arbre des batailles, ca. 1400-1450, Honoré Bonet

Trois oeuvres d'Honoré Bonet nous sont parvenus : L'Arbre des batailles, la plus célèbre, mais aussi le Somnium super materia scimatis et L'apparicion maistre Jehan de Meun

L’Arbre des batailles écrit en français et en prose, est une vaste synthèse de sources diverses sur le droit de guerre : Décret, décrétales, droit écrit romain et coutumier, usages. Deux versions sont rédigées, la première en 1386-87, la seconde est achevée en 1389 et dédiée à Charles VI. Dans les troisième et quatrième partie de l'ouvrage il traite des batailles et des droits des gens de guerre. Il fait de la guerre une donnée naturelle du monde et un phénomène bénéfique pour la société, dans le cadre d'une guerre juste, respectueuse de l'immunité des non combattants (reprenant ici Saint Thomas d'Aquin). À l'héroïsme chevaleresque, au duel et à la vengeance, comportements particuliers fixés par l'usage, il oppose la discipline, la loyauté au roi, le service du bien commun, notion héritées de la tradition ecclésiastique.

L’Arbre des batailles' connu une vaste diffusion aux XVe et XVIe siècles, ainsi que l'atteste le nombre important de manuscrits conservés - au moins 90[2], ainsi que les multiples traductions dont l'ouvrage fit l'objet au XVe siècle[2], notamment en 1456, en anglais au château de Rosslyn par Gilbert de la Haye, chancelier d'Écosse. Christine de Pisan le copia de nombreuses fois, le citant parmi ses sources principales. L'héraldiste sicilien Jean Courtois, travaillant pour Alfonse V d'Aragon, se réfère beaucoup à Bonet dans son ouvrage Blason des Couleurs.

L'Arbre des batailles fut aussi imprimé très tôt : la première édition, en français, est publiée à Lyon en 1481.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t.1, Ch.Delagrave, 1876, p.329
  2. a et b Hélène Biu, « Les traductions en occitan et en catalan de L’Arbre des batailles d’Honorat Bovet », dans Hervé Lieutard et Marie-Jeanne Verny (dir.), Nouvelle recherche en domaine occitan [en ligne], Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, 2003, (ISBN 9782367810713)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]