Hôpital-prieuré Saint-Jacques (Bordeaux)

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Hôpital-prieuré Saint-Jacques
Bordeaux - église St Jacques.jpg
La nef de l'église, reconvertie en garage, menace ruine.
Présentation
Destination initiale
Église d'un hôpital-prieuré
Style
Matériau
Pierre
Construction
1208 - 2e moitié du XVe siècle
Propriétaire
Privé
Localisation
Pays
Région
Voie
Rue du Mirail
Commune
Coordonnées
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L'hôpital-prieuré Saint-Jacques, aussi connu sous le nom d'hôpital Saint-James[1] est probablement l'ensemble médiéval le plus ignoré de Bordeaux. Il ne subsiste de cet hôpital créé au XIIe siècle pour accueillir les pèlerins se rendant à Saint-Jacques de Compostelle qu'une église d'une soixantaine de mètres de long enserrée dans un îlot d'habitations, et invisible depuis la rue du Mirail, près de la porte Saint-Éloi.

Historique[modifier | modifier le code]

L'hôpital-prieuré a été implanté hors les murs de la ville par le duc Guillaume X d'Aquitaine, en 1119, sur le territoire paroissial de l'église Saint-Éloi.

En 1181, Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine, prévoit de réserver dans l'hôpital « six lits pour les pauvres pèlerins, passants nécessiteux auxquels ils administreront du pain et du vin et le chauffage jusqu'à deux nuits, s'il est besoin »[2].

L'hôpital est partiellement détruit pendant le siège de Bordeaux par les troupes d'Alphonse VIII de Castille, en 1206[3].

Pierre Lambert s'engage à reconstruire l'hôpital en 1208. Les religieux de Saint-Jacques obtiennent le droit de cimetière en 1174 et construisent la chapelle funéraire de la Madeleine qui est détruite en 1548. Le voûte date de la seconde moitié du XVe siècle.

Une visite de l'archevêque Prévost de Sansac, en 1572, montre un état accablant de l'hôpital. Les Jésuites s'y installent peu après. Le nouveau collège des Jésuites s'installe, en 1574, de l'autre côté de la rue du Mirail, à l'emplacement actuel du lycée Montaigne, et prend le nom de collège de la Madeleine. Il est alors le rival du collège de Guyenne. Il est fermé en 1589 et rouvert en 1604. Un passage voûté creusé sous la rue permettait un accès rapide du collège à l'église. L'église et le collège sont rattachés au collège de Guyenne après l'expulsion des Jésuites en 1764[4],[5],[6].

L'église est vendue en 1773 à deux architectes bordelais, Jean et Étienne Laclotte. Elle est transformée en salle de spectacles, le théâtre Molière, et un immeuble de rapport est construit sur la rue.

L'église est occupée par la congrégation des Pères de la Miséricorde de 1832 à leur expulsion, en 1880. Elle est alors rachetée par des commerçants.

L'église n'a pas été protégée au titre des monuments historiques et se dégrade rapidement[7]. Les voûtes du chevet se sont effondrées en 2001[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Note : James vient d'une déformation du gascon Jacmes.
  2. Jean Cheymol, Gites d'accueil, hospices, hôpitaux des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, p. 184, Société française d'histoire de la médecine
  3. Bordeaux : Sous la couronne d'Angleterre (XIIe siècle/ 1453)
  4. François Cadilhon, De Voltaire à Jules Ferry: l'enseignement secondaire en Aquitaine aux XVIIIe, p. 24-28, Presses universitaires de Bordeaux, Bordeaux, 1995 (ISBN 2-86781-168-6) (extraits)
  5. Grégory Chemin, Le Collège des Jésuites de Bordeaux au XVIIIe siècle : le Collège de la Madeleine, Mémoire de maîtrise, 1999, Bordeaux 3
  6. Domonicains de Bordeaux : Bordeaux, les Jésuites et l'architecture religieuse au XVIIIe siècle
  7. L’église Saint-Jacques : un monument menacé caché en plein Bordeaux
  8. Samuel Drapeau, L'Hôpital-prieuré Saint-Jacques de Bordeaux, p. 39-49, Bulletin monumental, 2015, Tome 173-1 (ISBN 978-2-901837-54-1)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Samuel Drapeau, L'Hôpital-prieuré Saint-Jacques de Bordeaux, p. 39-49, Bulletin monumental, 2015, Tome 173-1 (ISBN 978-2-901837-54-1)