Collège de Guyenne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Collège de Guyenne
Généralités
Création 1533
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 44° 50′ 09″ nord, 0° 34′ 24″ ouest
Adresse
Bordeaux
Cadre éducatif
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Bordeaux
(Voir situation sur carte : Bordeaux)
Point carte.svg

Le collège de Guyenne est un établissement scolaire fondé en 1533 à Bordeaux.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1533, la jurade de Bordeaux fait appel à des maîtres issus des Flandres et de Paris et crée le collège de Guyenne pour prendre la suite du Collège des Arts ou Grand Collège de Grammaire fondé, en 1441, par les jurats. Cet établissement a pour but de former une élite qui participera au rayonnement de la ville. Il est dans la lignée des collèges qui se sont créés dans le premier quart du XVIe siècle, en cette période de renaissance culturelle.

La jurade commande le 22 février 1533 à Jean de Tartas (1525-1588), « principal » du Collège de Lisieux à Paris, la mise en place du Collège de Guyenne. Jean de Tartas arrive à Bordeaux en mars 1533. Il engage une vingtaine de professeurs (des « régents ») dont la plupart viennent de l’université de Paris et quelques-uns probablement de l'université de Louvain aux Pays Bas. Les premiers cours commencent en mai 1534. Mais au bout de quelques mois, de nombreux professeurs désertent le collège, si bien que Jean de Tartas doit quitter Bordeaux[1]. Il est remplacé en juillet 1534, par le véritable fondateur du Collège de Guyenne, André de Gouveia, alors principal du Collège des Arts de Sainte-Barbe à Paris où s'enseignent les arts libéraux, et devenu recteur de l'université de Paris en 1533.

Ce nouveau principal reçoit toute liberté pour moderniser l'ancien collège pour lequel il adopte une pédagogie nouvelle.[2]. En 1539, il y accueille George Buchanan, le nommant professeur de latin. Le séjour de Gouveia au Collège de Guyenne durera jusqu'en 1547.

Le collège connait une période brillante entre les années 1537 et 1571 grâce aux érudits qui y enseignent, attirant des étudiants comme Michel de Montaigne, qui plus tard dans les Essais, décrit le Collège comme «très florissant pour lors, et le meilleur de France", André de Gouveia étant "sans comparaison le plus grand principal en France »[2]. La renommée de l'enseignement de la grammaire, principalement, la littérature classique, l'histoire et la philosophie - est telle que, en 1552, le savant italien et médecin Jules César Scaliger envoie ses fils au collège, dont Joseph Justus Scaliger[2]. Le départ en retraite de Vinet, le manque de moyens financiers et la création du collège concurrent de la Magdeleine par les jésuites le placent définitivement au second plan.

Situation des collèges du Guyenne et de la Madeleine au XVIIIe siècle

Le collège se trouvait en arrière de l'ancien hôtel de Ville près de la Grosse cloche. L’entrée principale du bâtiment, surmontée d’un campanile, s’ouvrait rue Entre-deux-Murs (actuellement rue de Guienne). L’ensemble était délimité par cette rue, celles du Cahernan (portion de l’actuelle rue Sainte-Catherine) et de Gourgues (actuelle rue de Gouvéa et Pierre de Coubertin)[3]. Au-dessus de l'entrée se trouvait une inscription latine d'invitation aux étudiants, gravée en 1543 sur un linteau[4] et conservée au musée d'Aquitaine[5]. Le collège de Guyenne est composé d'une suite de bâtiments étroits donnant sur une cour.

A la suite de l'expulsion des Jésuites, en 1764, le collège de La Madeleine est fermé en 1772, et réuni au Collège de Guyenne qui prend alors le nom de Collège royal de Guyenne. Le nouvel établissement profite de la fusion pour profiter de locaux plus convenables et s'installe dans l'ancienne maison professe des Jésuites. Cependant, l'inadaptation des programmes à l'esprit de l'époque fait qu'on doit confier, en 1784, la direction de l'établissement aux Prêtres de la doctrine chrétienne. Sous la Révolution, le collège prend, en 1791, le nom de « Collège National ».

Les anciens bâtiments ont été probablement détruit lors de l'établissement du Vieux-Marché remplacé au XXe siècle par le Palais des Sports.

Liste des professeurs[modifier | modifier le code]

Élèves notables[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Madeleine Compère et Dominique Julia ((extrait des pp. 141-147 de « Les collèges français, 16e-18e siècles » de Dominique Julia)), « 33 BORDEAUX, collège de Guyenne, collège de plein exercice », Bibliothèque de l'Histoire de l'Education,,‎ (lire en ligne)
  2. a b et c Michel de Montaigne, "De l'institution des enfans", Essais, chap. I, 26, éd. P. Villey, PUF, 176B. (en) Donald Frederick Lach, Asia in the making of Europe : A century of wonder. The literary arts. The scholarly disciplines, University of Chicago Press, (ISBN 0-226-46733-3, lire en ligne), p. 12.
  3. Louis Desgraves, « Évocation du vieux Bordeaux », (consulté le )
  4. « Image du linteau du collège », sur pourmontaigne.fr, (consulté le )
  5. « Inscription du linteau de la porte du collège de Guyenne de Montaigne (traduction) », sur bvh.univ-tours.fr, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ernest Gaullieur, Histoire du collège de Guyenne : d’après un grand nombre de documents inédits, Paris, Sandoz et Fischbacher, , 576 p. (lire en ligne)
  • (la + fr) Élie Vinet et André de Gouvéa (trad. du latin par Louis Massebieu), Schola Aquitanica: programme d'études du Collège de Guyenne au XVIe siècle, C. Delagrave, , 77 p. (lire en ligne).
  • Louis Massebieau, « Le programme du collège de Guyenne », Revue pédagogique, vol. 8, no 1,‎ , p. 30-40 (lire en ligne).
  • Camille Jullian, Histoire de Bordeaux : depuis les origines jusqu’en 1895, Bordeaux, Ferret & fils, , 804 p. (lire en ligne), page 350 et suite.
Henri de La Ville de Mirmont, « Georges Buchanan à Bordeaux (suite) », Revue Philomathique de Bordeaux et du Sud-ouest,‎ , p. 337-359 (lire en ligne sur Gallica)
Henri de La Ville de Mirmont, « Georges Buchanan à Bordeaux (suite et fin) », Revue Philomathique de Bordeaux et du Sud-ouest,‎ , p. 410-420 (lire en ligne sur Gallica)
  • Paul Courteault, « Les Écossais en Gascogne, les Gascons en Écosse », Revue Philomathique de Bordeaux et du Sud-ouest, vol. 12,‎ , p. 193-214 (lire en ligne sur Gallica).
  • Roger Trinquet, « Nouveaux aperçus sur les débuts du collège de Guyenne : de Jean de Tartas à André de Gouvéa (1533-1535) », Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance, vol. 26, no 3,‎ , p. 510-558 (lire en ligne).
  • Marie-Madeleine Compère et Dominique Julia, « Bordeaux, collège de Guyenne, collège de plein exercice », Publications de l’Institut national de recherche pédagogique, vol. 10, no 1,‎ , p. 141-147 (présentation en ligne).
  • (en) Marjorie Irene Hopkins, Humanisme as a civic project : The Collège de Guyenne, Guelph (Ontario), , 287 p. (lire en ligne), A Thesis presented to the University of Guelph.

Liens externes[modifier | modifier le code]