Guerre serbo-bulgare

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Monument de la guerre serbo-bulgare à Tran, en Bulgarie

La guerre serbo-bulgare (en serbe cyrillique Српско-бугарски рат et en serbe latin Srpsko-bugarski rat, en bulgare Сръбско-българска война), est un conflit militaire qui a duré du au entre le Royaume de Serbie et la Principauté de Bulgarie. Cette guerre révélait l'instabilité des règlement de paix imposés dans les Balkans par le traité de Berlin du .

Contexte[modifier | modifier le code]

Lors des négociations de ce traité, chacun des deux États a alors l'intention de récupérer plus de territoires de l'Empire ottoman. La Roumélie orientale est séparée de la Bulgarie et resta dans l'Empire ottoman. Le , des nationalistes bulgares tentèrent de rattacher la Roumélie à la Bulgarie.

Serbie et Bulgarie[modifier | modifier le code]

Contre l'opinion publique serbe et contre l'avis de son armée[1], le roi de Serbie Milan Ier, opposé à ce rattachement et craignant la montée en puissance de la Bulgarie, décide de mener une politique étrangère offensive pour tenter de masquer les conflits intérieurs de la Serbie, et réclame à la Bulgarie une « compensation territoriale » à l'est de Pirot. De plus, la Bulgarie accueille les réfugiés politiques serbes compromis dans les révoltes contre le pouvoir des Obrenovic ; des pourparlers ont lieu entre le royaume de Belgrade et la principauté de Sofia au sujet de ces exilés à partir du mois de mars 1884[2].

Le roi Milan, à partir de l'indépendance du royaume en 1882, l'a totalement vassalisé à la double monarchie; dès 1883, le royaume apparaît comme un satellite de la double monarchie, les deux monarchies étant liées commercialement par un traité de libre échange et politiquement par une alliance militaire et le double engagement de ne pas soutenir l'agitation slave du Sud au sein de la monarchie danubienne et de pas signer de traité international sans l'accord de Vienne[3].

De plus, par delà la politique menée par les princes de Belgrade et de Sofia, les frontières entre les deux pays restent instables, en dépit des accords de 1878, les Ottomans étant remplacés par les Bulgares comme interlocuteurs des Serbes pour la résolution des différents territoriaux dans la région[2]. Dans ce contexte, les deux monarchies alternent provocations et tentatives de négociations afin de définir précisément le tracé de la frontière entre le royaume indépendant de Belgrade et la principauté autonome de Sofia[4]

Enfin, depuis l'été 1884, les relations entre la Serbie et la Bulgarie sont rompues, suscitant l'inquiétude des grandes puissances ; cette inquiétude se matérialise par la tenue d'une conférence tripartite, germano-russo-austro-hongroise, réunie afin de désamorcer la crise : Cette conférence échoue à définir précisément le tracé de la frontière entre les deux États[4]

Russie et Autriche-Hongrie dans les Balkans[modifier | modifier le code]

Le congrès de 1878 a fixé les zones d'influence russe et austro-hongroise dans les Balkans encore nominalement placés sous la souveraineté ottomane[5].

En effet, la Serbie, alors nouveau royaume indépendant, est fortement liée à la double monarchie, garante de l'expansion serbe en Macédoine ottomane, tant que les responsables en poste à Belgrade restent soumis aux volontés austro-hongroises[6].

La Bulgarie, depuis la proclamation de l'autonomie de la principauté[N 1], mène une politique alignée sur la politique russe[6].

Ainsi, dès le début des années 1880, les deux États destinés à participer au conflit de 1886, apparaissent l'un comme l'autre comme placés dans la dépendance la Serbie de l'Autriche-Hongrie, la Bulgarie de la Russie[3].

Le conflit[modifier | modifier le code]

Déclaration de guerre[modifier | modifier le code]

Devant le refus bulgare d'évacuer la Roumélie orientale, le roi Milan déclare la guerre à la Bulgarie le .

Opérations[modifier | modifier le code]

Les troupes serbes sont ainsi battues par les Bulgares à la bataille de Slivnitsa le . Les troupes bulgares envahirent alors la Serbie. Malgré cela, Alexandre Ier n'accepte l'armistice que sous la menace de l'intervention militaire de l'Empire austro-hongrois[1].

Issue[modifier | modifier le code]

La paix de Bucarest[modifier | modifier le code]

Article détaillé : traité de Bucarest (1886).

Par le traité de Bucarest du , les frontières serbes sont de nouveau confirmées, et la Bulgarie conserve la Roumélie orientale sans avoir à donner de « compensation » à sa voisine[6].

De plus, les initiatives intempestives serbes contribuent à tendre momentanément les relations entre la double monarchie austro-hongroise et la Russie[6].

Enfin, certains contentieux demeurent vivaces, obligeant les protagonistes à négocier un « Accord relatif au rétablissement des relations diplomatiques bulgaro-serbes et au règlement des questions pendantes entre les deux pays », définitivement établi à Nič le 13 octobre 1886[4]

Problèmes intérieurs serbes[modifier | modifier le code]

Affaibli par cette défaite, Milan Ier abdique en 1889 et laisse le pouvoir à son fils Alexandre.

En effet, le roi Milan est jugé responsable de la situation du royaume, et de ce fait, doit abdiquer de façon définitive en 1889[7].

Négociations postérieures[modifier | modifier le code]

Dans les mois qui suivent la paix entre les deux États, les petits conflits frontaliers sont résolus les uns après les autres[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jusqu'à l'automne 1908, la Bulgarie est autonome dans l'empire ottoman, mais, au fil des années, les responsables politiques de la principauté la rendent indépendante de fait.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bataković 2005, p. 181.
  2. a et b Peev 2002, p. 30.
  3. a et b Le Moal 2008, p. 13.
  4. a b et c Peev 2002, p. 32.
  5. Clark 2013, p. 94.
  6. a b c et d Clark 2013, p. 95.
  7. Clark 2013, p. 27.
  8. Peev 2002, p. 33.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dušan T. Bataković, Histoire du peuple serbe, Paris, L'Âge d'Homme. 
  • Christopher Munro Clark (trad. Marie-Anne de Béru), Les somnambules : été 1914, comment l'Europe a marché vers la guerre [« The sleepwalkers : how Europe went to war in 1914 »], Paris, Flammarion, coll. « Au fil de l'histoire », , 668 p. (ISBN 978-2-08-121648-8). 
  • (en) Richard J. Crampton, Bulgaria 1878-1918 : A History, New York, East European Monographs, Boulder, distributed by Columbia University Press, , 580 p. (ISBN 0-88033-029-5)
  • Frédéric Le Moal, La Serbie du martyre à la victoire. 1914-1918, Paris, Éditions SOTECA, 14-18 Éditions, coll. « Les Nations dans la Grande Guerre », , 257 p. (ISBN 978-2-9163-8518-1). 
  • Gueorgui Peev, « Le problème de Bregovo dans les relations bulgaro-serbes », Balkanologie, vol. VI, nos 1-2,‎ , p. 29-34 (lire en ligne). 

Source[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]