Goulven Madec

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Goulven Madec
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Biographie
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AgenVoir et modifier les données sur Wikidata
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Activité
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Religion
Ordre religieux
Distinction
Prix Bordin ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Goulven Madec ( à Brélès - à Agen)[1] est un prêtre assomptionniste français, originaire du Finistère, spécialiste de l'Antiquité tardive.

Formation et enseignement[modifier | modifier le code]

En 1948, Goulven Madec devient religieux de la Congrégation des Augustins de l’Assomption, après quoi il est licencié en théologie (Université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin, Rome) avant de poursuivre des études en lettres classiques à la Sorbonne[2]. Dès 1958, il avait entamé sa collaboration à l’Institut d’Études Augustiniennes, qui durera jusqu'en 2007. Il en fut ainsi véritablement « l'âme »[2].

Il est ensuite docteur ès lettres classiques (Sorbonne), et docteur en philosophie (Institut catholique de Paris). Il enseigna à partir de 1965 dans ce même Institut, et ce pendant trente ans, jusqu'à sa retraite[3]. Deux ans plus tard, en 1967, Goulven Madec rejoint aussi le CNRS, où il sera promu directeur de recherche au milieu des années quatre-vingt[4],[2].

Le chercheur[modifier | modifier le code]

Goulven Madec s'est spécialisé de l'étude de l'Antiquité tardive, en particulier de la vie et de l'œuvre d'Augustin d'Hippone. Une part importante de son travail a été consacré à l'influence de ce dernier dans la philosophie médiévale ; il s'est ainsi intéressé aux sources augustiniennes de Jean Scot Érigène et Guillaume de Saint-Thierry, précisant aussi le sens philosophique et théologique de la notion d'« augustinisme »[5]. Il s'est en outre penché sur la conception de la philosophie chez Ambroise de Milan, sujet qui fut celui de sa thèse de doctorat, en 1972, pour laquelle il fut récompensé du Prix Bordin[4].

Partager la connaissance[modifier | modifier le code]

La résidence de la communauté des Augustins de l'Assomption, à Paris, rue François Ier.

Giovanni Catapano relève[4] que Goulven Madec fut« unanimement reconnu comme un des plus grands spécialistes d'Augustin sur la scène internationale ». Il ne dédaigna pas pour autant la vulgarisation, rappelant qu'Augustin ne s'adressait pas à « quelque élite intellectuelle ou spirituelle, mais à tout chrétien, au public, au peuple de Dieu »[6]. C'est d'ailleurs ce qui l'a amené à participer à une série d'émissions sur Augustin, diffusées par Radio Notre-Dame en 1986 (seizième centenaire de la conversion d’Augustin), et à retranscrire les différentes interventions dans un ouvrage intitulé Augustin, Le message de la foi. Cette attention au partage avec tous de la pensée d’Augustin a aussi débouché sur un séminaire à l’Institut d’Études Augustiniennes, et ensuite sur un atelier, dans sa communauté[7]. Et l'année même de sa mort, il publiait encore un Portrait de saint Augustin destiné au grand public.

Choix de publications[modifier | modifier le code]

  • Saint Ambroise et la philosophie, Paris, Études augustiniennes, 1974 (Prix Bordin de l'Académie des sciences morales et politiques)
  • Œuvres de saint Augustin, volume 6, Dialogues philosophiques : De magistro - De libero arbitrio, édition critique, traduction et commentaire, Desclée de Brouwer, 1976
  • Iohannis Scotti De diuina praedestinatione, édition critique, Corpus Christianorum, Continuatio Mediaeualis, vol. L, Turnholti, Brepols, 1978
  • Iohannis Scotti, De diuina praedestinatione, curante CETEDOC, Turnholti, Brepols, Coll. « Instrumenta lexicologica latina », 1982
  • Œuvres de saint Augustin, volume 8 : « La foi chrétienne : De vera religione, De utilitate credendi, De fide rerum quae non videntur, De fide et operibus », Introductions, traduction et notes par J. Pegon, 1951. Mise à jour par G. Madec, Paris, Desclée de Brouwer, 1982
  • Augustin, Le message de la foi, Causeries à Radio Notre-Dame, Présentation de Goulven Madec, Paris, Desclée de Brouwer, 1987
  • Jean Scot et ses auteurs. Annotations érigéniennes, Paris, Études Augustiniennes, 1988
  • La patrie et la voie. Le Christ dans da vie et la pensée de saint Augustin, Paris, Desclée, (réimpr. 2001), 346 p. (présentation en ligne)
    trad. italienne par G. Lettieri et S. Leoni, La Patria e la Via. Cristo nella vita e nel pensiero di Sant’Agostino, Rome, Borla, 1993
  • Saint Bonaventure, Le Christ maître, édition, traduction, commentaire du sermon universitaire : « Vnus est magister noster Christus », Paris, Vrin, 1990
  • Petites Études augustiniennes, Paris, Institut d’Études Augustiniennes, 1994
  • Chez Augustin, Paris, Institut d'études augustinienne, 1995.
    « Leçon académique » de G. Madec à l’Institut Catholique, le 21 novembre 1995, au terme de ses trente années d'enseignement dans cet Institut.
  • Saint augustin et la philosophie. Notes critiques, Paris, Institut d'études augustiniennes, 1996 (1992), 166 p.
Résume l’enseignement dispensé à la Faculté de Philosophie de l’Institut Catholique de Paris. (commentaire de Bochet, 2008, p. 173)
  • Le Dieu d’Augustin, collection « Philosophie et Théologie », Éd. du Cerf, 1998
  • Le Christ de saint Augustin, La Patrie et la Voie, Nouvelle édition, Paris, Desclée, coll. « Jésus et Jésus-Christ », 2001
  • Lectures augustiniennes, Paris, Études augustiniennes, 2001
  • Portrait de saint Augustin, Paris, DDB, 2008, 105 p.
  • « Saint Augustin est-il le malin génie de l’Europe ? », dans P. Koslowski (Dir.), Imaginer l’Europe. Le marché intérieur européen, tâche culturelle et économique, Paris, Cerf, , p. 279-290.
« Leçon académique » de G. Madec à l’Institut Catholique, le 21 novembre 1995, au terme de ses trente années d'enseignement dans cet Institut.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « matchID - Moteur de recherche des décès », sur deces.matchid.io (consulté le )
  2. a b et c Bochet, 2008, p. 171-2 (V. Bibliographie).
  3. Catapano, 2008, p. 467-8 (V. Bibliographie).
  4. a b et c Catapano, 2008, p. 469-470.
  5. Catapano, 2008, p. 464.
  6. Cité par Catapano, 2008, p. 472.
  7. Bochet, 2008, p. 174-175.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Isabelle Bochet, « In Memoriam Goulven Madec (1930-2008) », Transversalités, no 4,‎ , p. 171-177 (lire en ligne)
  • Giovanni Catapano, « In memoriam Goulven Madec », Bulletin de philosophie médiévale, no 50,‎ , p. 465-471 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Contributions de G. Madec sur persee.fr [lire en ligne (page consultée le 2 janvier 2022)]