Giliana Berneri

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Giliana Berneri
Giliane Berneri
Image illustrative de l’article Giliana Berneri

Naissance 5 octobre 1919
Florence
Décès 19 juillet 1998
Paris
Origine italienne
Cause défendue libertaire

Giliana Berneri ou Giliane Berneri, née à Florence (Italie) le 5 octobre 1919 et morte à Paris 19 juillet 1998, est une doctoresse en médecine et militante communiste libertaire[1] française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille cadette de Camillo Berneri et Giovanna Berneri, Giliana Berneri arrive en France, en 1926, avec sa famille qui fuit le régime mussolinien.

Elle fait ses études à Paris et, comme sa sœur Marie-Louise Berneri, elle devient docteur en médecine spécialisée en pédiatrie et psychanalyste.

Le 5 mai 1937, son père Camillo Berneri est assassiné à Barcelone.

En 1938, elle participe, avec sa sœur, aux activités de la revue Révision, fondé par Louis Mercier-Vega, Lucien Feuillade et Nicolas Lazarévitch.

En 1940, elle aide à son compagnon Ernesto Bonomini à s’échapper du camp du Vernet. Ils se réfugient aux États-Unis.

Après la Seconde Guerre mondiale, elle rentre en France, et milite dans le mouvement libertaire jusqu'au milieu des années 1950.

Elle est parmi les refondateurs de la Fédération anarchiste aux côtés de, notamment, Robert Joulin, Henri Bouyé, Maurice Joyeux, Georges Fontenis, Suzy Chevet, Renée Lamberet, Georges Vincey, Aristide et Paul Lapeyre, Maurice Laisant, Solange Dumont, Maurice Fayolle, Roger Caron, Henri Oriol et Paul Chery[2].

Elle est naturalisée française le 17 octobre 1947[3].

Elle vit avec Serge Ninn (Serge Senninger)[4] et milite au groupe Sacco et Vanzetti qui devient le groupe Kronstadt de la Fédération anarchiste. En 1948, le groupe comprenait « une vingtaine de militants et sympathisants appartenant à l’université, à la métallurgie, au bâtiment, aux milieux médicaux et hospitaliers, au livre et à l’enseignement »[5] dont Georg K. Glaser et André Prudhommeaux.

Au Quartier latin, son domicile figure sur la liste à surveiller établie par la police[1].

Elle est l’une des animatrices du Cercle libertaire des étudiants (CLE) qui organise des réunions avec des figures historiques comme André Prudhommeaux et avec des écrivains proches du mouvement libertaire comme Albert Camus.

À cette époque, elle participe à la rédaction du Libertaire[6].

Elle refuse, contrairement à son compagnon, de participer aux initiatives de Georges Fontenis et à la création d’une organisation d’une tendance dans la Fédération anarchiste, connue sous l'appellation Organisation Pensée Bataille, dont le nom a été choisi en référence à son père[1].

Par la suite, elle participe à la rédaction du « Mémoradum du groupe de Kronstadt » qui dénonce les pratiques autoritaires instaurées par Georges Fontenis au sein de la Fédération anarchiste puis dans la Fédération communiste libertaire[1].

Déçue par les querelles à l'intérieur du mouvement anarchiste français, elle cesse de militer. À la mort de sa mère en 1962 elle donne toutes les archives familiales au centre qui porte aujourd’hui le nom de sa mère en Italie.

On lui doit d'avoir popularisé les théories de Wilhelm Reich dans la presse libertaire[7].

Anecdote[modifier | modifier le code]

À la première conférence anarchiste d'après-guerre, à Paris en 1948, un membre de la famille Berneri était présente dans les délégations française, italienne et britannique : Marie Louise représentait la Grande-Bretagne, sa sœur Giliana la France et sa mère Giovanna l'Italie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Sur quelques cas de polynévrites par intoxication alimentaire accidentelle par des substances contenant du triorthocresyl phosphate, thèse, Médecine, Paris, 1946, (OCLC 492982703).
  • Notes prises au cours de la conférence sur l'orientation professionnelle pratiquée par le service médical à la Chambre des métiers de Seine-et-Oise, Paris, mars 1957, (OCLC 458487350).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notices[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : notice biographique.
  2. Cédric Guérin, Anarchisme français de 1950 à 1970, Mémoire de Maitrise en Histoire contemporaine sous la direction de Mr Vandenbussche, Villeneuve d’Ascq, Université Lille III, 2000, texte intégral, page 10.
  3. Libcom : notice biographique.
  4. Jean Sauvy, Mon parcours dans le siècle: 1947-2001, L'Harmattan, 2004, page 12.
  5. Dictionnaire international des militants anarchistes : notice biographique.
  6. Kathy E. Ferguson, Emma Goldman : Political Thinking in the Streets, Gilana Berneri.
  7. L'Éphéméride anarchiste : notice biographique.