Fioul domestique en France

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Cet article traite de la production et de la consommation du fioul domestique en France.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le fioul domestique (FOD) est issu de la même coupe que le gazole. Il s’agit d’un combustible dérivé du pétrole, classé dans les ressources énergétiques dites « fossiles » ; il est composé d’un mélange d’hydrocarbures, d’additifs et de colorants. L'arrêté du 15 juillet 2010 définit officiellement le fioul comme étant un « mélange d’hydrocarbures d’origine minérale ou de synthèse, et éventuellement d’ester méthylique d’acide gras, destiné notamment à la production de chaleur dans les installations de combustion et sous certaines conditions d’emploi à l’alimentation des moteurs à combustion interne »[1],[2].

Issu du raffinage du pétrole (fractions de C16 à C17 à C18, température d'ébullition entre 300 °C et 400 °C), il est très proche du gazole. Son pouvoir calorifique inférieur (PCI) est d'environ douze kilowattheure par kilogramme (kWh/kg), c'est-à-dire qu'un kilogramme de fioul procure au mieux 12 kilowattheure d'énergie en brûlant.

En France, il est prioritairement utilisé comme combustible pour le chauffage. On distingue deux types de fioul :

  • Fioul domestique « standard », répond à toutes les caractéristiques qui garantissent le bon fonctionnement des installations de chauffage.
  • Fioul domestique « de qualité supérieure », possède des caractéristiques améliorées dans plusieurs domaines et notamment : la combustion optimisée afin de maintenir le foyer de la chaudière plus propre, la tenue au froid pour garantir une parfaite fluidité du combustible à très basse température en hiver.

Évolution de la production et de la consommation de fioul domestique - France[modifier | modifier le code]

Année Consommation (millions de m3/an)[3]
1993 20,465
1994 18,953
1996 20,452
1997 19,793
1998 20,477
2000 18,442
2001 20,422
2002 18,458
2004 18,985
2005 17,231
2007 15,291
2008 16,810
2009 16,140
2010 15,051

Comme le présente tableau ci-dessus, entre 1993 et 2002, la consommation de FOD en France est restée relativement stable. Depuis 2002, on a pu constater une importante baisse de la consommation du fait :

  • Des efforts sur l’isolation du bâti permettant de réduire la consommation d’énergie,
  • Du développement des énergies renouvelables dans les logements neufs (et notamment des pompes à chaleur),
  • Du renouvellement des anciennes chaudières par des modèles de nouvelle génération pouvant permettre de réduire sa consommation de 20 % à 30 %[4],
  • De la progression du gaz naturel.

Pour subvenir à ses besoins en consommation de FOD (15 millions de mètres cubes de fioul domestique par an), la France doit recourir aux importations.

La distribution[modifier | modifier le code]

En France, la distribution du fioul domestique est répartie de façon homogène sur l’ensemble du territoire. Le fioul domestique étant utilisé pour le chauffage domestique individuel, il existe une multitude de distributeurs locaux, permettant de desservir les foyers français.

Selon la FF3C [5], on dénombre 2 500 entreprises de distribution de produits pétroliers en France, indépendantes ou filiales de compagnies pétrolières. Ces dernières vendent également du charbon, du GPL et du bois. Au-delà de la distribution, selon la FF3C, elles sont plus de la moitié à offrir des services associés (ex. conseil, entretien du chauffage, nettoyage des cuves).

Parmi les principaux acteurs du marché de la distribution de fioul domestique, on trouve trois grands catégories :

  • Les grandes marques nationales telles que Worex S.N.C, Bolloré Energie, Total, Thévenin & Ducrot, Avia Picoty,
  • Les acteurs de la Grande Distribution (Carrefour, Leclerc, Auchan, etc.),
  • De très nombreux distributeurs indépendants (environ 1800 distributeurs indépendants sur les 2500 entreprises recensées).

Consommation[modifier | modifier le code]

Nombre de logements fioul par région en France métropolitaine[modifier | modifier le code]

Selon l’INSEE [6], le fioul domestique est l’énergie principale de chauffage de 4,6 millions de foyers français. On compte 3,6 millions de maisons individuelles se chauffant au fioul domestique ainsi que près d’un million de logements collectifs.

Près d’un ménage français sur 5 se chauffe donc au fioul ; on constate toutefois des disparités régionales. Le nombre total de résidences principales utilisant le fioul domestique comme énergie principale de chauffage se répartit de la manière suivante :

Région Nombre total de logements fioul
Rhône-Alpes 548 851
Île-de-France 521 431
Provence-Alpes-Côte d'Azur 351 651
Bretagne 324 914
Pays de la Loire 266 308
Midi-Pyrénées 220 857
Alsace 218 261
Lorraine 208 400
Centre 196 133
Picardie 182 233
Poitou-Charentes 179 276
Nord-Pas-de-Calais 172 370
Aquitaine 171 554
Languedoc-Roussillon 157 438
Basse-Normandie 156 264
Bourgogne 154 682
Franche-Comté 143 433
Auvergne 141 687
Haute-Normandie 140 836
Champagne-Ardenne 113 291
Limousin 85 105
Corse 6 645

Chiffres clés[modifier | modifier le code]

Article connexe : Prix du fioul en France.

La consommation moyenne annuelle d’un ménage français se chauffant au fioul domestique est d’environ 2 m3 (soit 2 000 litres) et il effectue en moyenne deux commandes par an. Les chaudières fioul se trouvent principalement dans les maisons individuelles, en zone rurale. Le parc de chaudière fioul français quant à lui est relativement âgé. 25 % des logements fioul sont dotés d’une chaudière de plus de 25 ans, soit un peu plus de 1 million de chaudières[7].

Le poids des taxes (TICPE + TVA) fluctue de manière importante en France et constitue une fraction importante des prix des produits pétroliers[8]. Ainsi, s'il va jusqu’à dépasser 50 % pour les carburants (SP95, SP98 ou gazole), les taxes représentent environ 25 % du prix du fioul domestique[9]. En août 2012, lors de la flambée des prix du pétrole, l’État français a mis en place une diminution des prix du carburant, mais qui ne s’appliquait pas au prix du fioul[10].

Nouveaux comportements de consommation[modifier | modifier le code]

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La consommation de fioul domestique s’effectue principalement pendant la saison de chauffe, soit durant la période pendant laquelle l'installation de chauffage est en fonctionnement (de novembre à mars principalement). À l’approche de l’hiver on assiste très souvent à une tension offre / demande, entraînant une hausse des tarifs aux particuliers. Toutefois les comportements tendent à évoluer sensiblement compte tenu notamment des fortes variations du prix du litre de fioul et de la dégradation de l’environnement économique. Trois tendances semblent tout particulièrement se dégager :

  • L’achat « anticipé » : consiste en l’utilisation des périodes dites « creuses » (ex. période estivale) pour effectuer sa commande de fioul domestique, dans l’espoir de bénéficier de tarifs plus attractifs,
  • L’achat « groupé » : consiste à rejoindre un groupement d’achat, via une initiative au sein d’une commune ou via un spécialiste du regroupement des commandes sur Internet (ex. : fioulmarket.fr, fioulreduc.com, plus-on-est-moins-on-paie.fr ou encore fioulmoinscher.fr),
  • L’achat « fractionné » : consiste à effectuer plusieurs petites commandes de fioul domestique de quelques centaines de litres, plutôt que deux commandes de 1000 Litres.

En effet, avec l’augmentation du prix des énergies domestiques (ex. électricité, gaz, fioul), la facture énergétique pèse de plus en plus lourd sur le budget des ménages français. Selon une étude Ifop-Fioulmarket.fr datant de septembre 2013 la facture moyenne française s'élève à 1 087 euros, ce montant pouvant grimper jusqu'à 1 350 euros par an pour les personnes vivants dans les zones rurales ou dans les habitations anciennes mal isolées [11]. Le fioul n’échappe pas à cette tendance avec une augmentation significative de son prix.

Le fioul et les autres énergies[modifier | modifier le code]

À titre de comparaison le fioul domestique se classe en troisième position en France parmi les différentes énergies de chauffage utilisées dans les résidences principales[12] :

  • 9,82 millions de logements se chauffent au gaz,
  • 8,75 millions de logements se chauffent à l’électricité,
  • 3,75 millions de logements se chauffent au fioul,
  • 3,12 millions de logements se chauffent au bois, au charbon ou à l'aide d'un autre moyen non listé (catégorie "autre" selon l'INSEE),
  • 1,34 millions de logements sont chauffés grâce au réseau de chaleur urbain,
  • 0,55 millions de logements se chauffent au GPL

Inconvénients[modifier | modifier le code]

Émissions de dioxyde de carbone[modifier | modifier le code]

Comme tout combustible fossile, le fioul domestique émet beaucoup de dioxyde de carbone (CO2) lors de sa combustion. Le fioul domestique émet à la combustion 271 g de CO2 par kWh fourni, ce qui est plus que le gaz naturel (206 g de CO2 par kWh fourni)[13].

Pollution aux particules fines[modifier | modifier le code]

Article connexe : Particules en suspension.

Le fioul est classé dans les ressources énergétiques fossiles et est impliqué dans la pollution de l'air[14]. Sur 4,3 millions de ménages chauffés au fioul domestique, on estime qu'un million ont des chaudières vétustes et polluantes[15].

Émissions annuelles de combustibles usuels

Émissions en France métropolitaine de quelques polluants atmosphériques (% en masse) année 2012
(source CITEPA / format SECTEN – avril 2014)[16]
Participation à la
consommation d'énergie finale
PM2,5 PM1,0 HAP[17]
Bois énergie 5,9 % 45,2 60,8 73,1
Gazole et GNR non disponible 16,0 20,5 17,4
FOD non disponible 1,65 2,28 0,56
Charbon 3,4 % 2,26 2,20 0,00
Gaz naturel et GNV 21 % 0,72 0,99 0,02
Fioul lourd non disponible 0,55 0,53 0,06
  • PM2,5 = particules de taille inférieure à 2,5 micromètres, appelées « particules fines » ;
  • PM1,0 = « particules très fines », de taille inférieure à 1,0 micromètre ;
  • HAP = Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (sous-produits de combustion incomplète, toxiques ou cancérigènes, véhiculés par les particules solides[18]) ;

Dans le domaine des énergies, les émissions de HAP et de particules quelle que soit la granulométrie sont principalement induites « par le bois et le gazole » (CITEPA, rapport SECTEN 2014[16], p. 220).

Émissions de particules fines PM2,5 (% en masse) des combustibles utilisés dans le secteur chauffage résidentiel en île de France.
Contribution à la consommation énergétique
dans ce secteur
PM2,5
Bois 5 % 84 %
Fioul 13 % 13 %
Gaz naturel 80 % < 3 %
Source : Airparif (2011)[19]

Pour des comparaisons d'émissions entre appareils de chauffage domestiques, voir « fioul et pollution aux particules fines dans l'article Fioul ».

Solutions pour éviter ces inconvénients[modifier | modifier le code]

Les solutions permettant d'éviter les émissions de CO2 et de particules fines sont :

On évoque aussi aujourd'hui comme solution possible la cogénération nucléaire, dans le cadre d'un chauffage urbain alimenté par des réseaux de chaleur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Normes et la fiscalité liés au fioul sur FioulMarket.fr. Consulté le 8 août 2012
  2. Arrêté du 15 juillet 2010 relatif aux caractéristiques du fioul domestique
  3. L'évolution de la consommation de fioul domestique planetoscope.com, consulté en septembre 2015
  4. Agence nationale de l’Habitat (ANAH) http://www.anah.fr/les-publications/les-guides-pratiques.html
  5. FF3C, http://www.ff3c.org/som.shtml
  6. INSEE 2008, http://www.recensement.insee.fr/basesTableauxDetaillesTheme.action?idTheme=18
  7. [PDF] LeFioul.com, http://www.lefioul.com/upload/BIBLIOTHEQUE_TECHNIQUE/Guides/Fioul_et_Developpement_Durable.pdf
  8. Poids des taxes dans le prix des produits pétroliers UFIP, 2011
  9. Détermination du prix fioul Fioulmarket.fr, 18 février 2014
  10. Blocage des prix du fioul domestique FioulReduc.com, 25 aout 2012
  11. Etude fioulmarket 2013 - Ifop l’enquête auprès d’un échantillon de 1000 personnes représentatif de la population
  12. « INSEE - Résidences principales selon le mode de chauffage en 2011 », sur INSEE (consulté le 9 décembre 2014)
  13. Combustibles : énergie et émissions de CO2
  14. Origine des particules respirées en Ile de France, consulté le 3 mars 2013.
  15. Doublement de la « prime à la casse » des chaudières fioul, consulté le 3 mars 2013.
  16. a et b [PDF] Rapport SECTEN ; voir la section « Analyse selon les différentes énergies » pour les calculs sur les combustibles ; le charbon y est représenté par les « CMS sauf lignite », sur le site CITEPA - avril 2014.
  17. 4 HAP CEE-NU : benzo(a)pyrène, benzo(b)fluoranthène, benzo(k)fluoranthène, indeno(1,2,3-cd)pyrène, tous cancérogènes confirmés. Voir leur toxicité.
  18. Sources de pollution, (CITEPA).
  19. [PDF] Synthèse particules (septembre 2011), p. 13.

Sources[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]