Caius Servilius Ahala

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Gaius Servilius Ahala)
Aller à : navigation, rechercher
Denier émis en 54 av. J.-C., commémorant Brutus et Ahala, deux figures anti-monarchiques

Caius Servilius Ahala est un homme politique romain du Ve siècle av. J.-C.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 439 av. J.-C., une terrible disette sévit à Rome, le patricien Minucius est par le sénat romain d'organiser le ravitaillement, tandis qu'un riche plébéien, Spurius Maelius, grâce à sa fortune et ses contacts en Étrurie et en Campanie, importe du blé pour nourrir la population. Sa popularité devient telle que Minucius l'accuse auprès des sénateurs d'aspirer à la royauté[1],[2].

Les consuls, devant cette menace, nomment un dictateur, qui n'a pas à répondre de ses actes et peut donc faire face comme il le souhaite à la situation, contrairement aux deux consuls, tenus par les lois. C'est Lucius Quinctius Cincinnatus, plus qu'octogénaire, qui est nommé, et ce dernier choisit Caius Servilius Ahala pour maître de cavalerie[1].

Selon la tradition racontée par Tite-Live, il va à la rencontre de Spurius Maelius pour le convoquer devant le dictateur. Ce dernier refuse de suivre le maître de cavalerie et tente de soulever la population contre lui. Servilius le tue alors[3] avec un poignard caché sous son aisselle. Cependant, ce n'est probablement qu'une légende inventée pour expliquer le cognomen Ahala de cette branche de la gens des Servilii, car ala signifie l'« aisselle »[4] et il serait probablement d'origine étrusque. Denys d'Halicarnasse donne une version un peu différente dans laquelle Ahala n'est pas l'auteur du geste meurtrier : Ahala aurait conduit une bande armée de jeunes patriciens, et Maelius aurait été tué en les affrontant[5].

Le dictateur approuve son geste[3], et déclare que Spurius Maelius a été assassiné pour avoir refusé de se rendre à sa convocation ce qui prouve sa culpabilité pour le crime : tentative de devenir roi[6]. La maison de Spurius Maelius est rasée et son blé distribué gratuitement au peuple[7].

Pendant quelques années, des tribuns de la plèbe tentent de faire condamner Servilius pour son crime, mais en vain[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Tite-Live, Histoire romaine, Livre IV, 13
  2. Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, XII, 4
  3. a et b Tite-Live, Histoire romaine, Livre IV, 14
  4. Gagé 1970, p. 293
  5. Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, XI, 2, 8
  6. Tite-Live, Histoire romaine, Livre IV, 15
  7. Tite-Live, Histoire romaine, Livre IV, 16
  8. Tite-Live, Histoire romaine, Livre IV, 21

Bibliographie[modifier | modifier le code]