Spurius Maelius

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Spurius Maelius est un riche plébéien romain membre de l'ordre équestre du Ve siècle av. J.-C.

En 440 av. J.-C., sous le consulat de Lucius Menenius Agrippae Lanatus et Proculus Geganius Macerinus, une famine survient, attribuée par Tite-Live à une mauvaise récolte associée au fait que les dernières années mouvementées de luttes internes ont éloigné les citoyens-paysans de leurs terres[1].

C'est lors de cette famine qu'apparaît Spurius Maelius, un riche membre de l'ordre équestre, qui a acheté de très grandes quantités de blé à ses frais en Étrurie, et qui les distribue au peuple à bas prix voire gratuitement. Sa popularité devient telle que les patriciens sont persuadés qu'il veut tenter de devenir roi, et celui-ci aurait même pris des mesures pour tenter le coup d’État. Or, entre temps, Titus Quinctius Capitolinus Barbatus et Agrippa Menenius Lanatus sont élus consuls pour l'année 439 av. J.-C. Ils nomment Lucius Quinctius Cincinnatus dictateur, qui ainsi n'a pas à répondre de ses actes et peut donc faire face comme il le souhaite à la situation, contrairement aux deux consuls, tenus par les lois. Il choisit Gaius Servilius Ahala pour maître de cavalerie[2].

Selon la tradition, racontée par Tite-Live, Gaius Servilius Ahala va à la rencontre de Spurius Maelius pour le convoquer devant le dictateur. Ce dernier refuse de suivre le maître de cavalerie et tente de soulever la population contre lui. Servilius le décapite en conséquence[3].

Le dictateur approuve son geste[3], et déclare que Maelius a été assassiné pour avoir refusé de se rendre à sa convocation ce qui prouve sa culpabilité pour le crime : tentative de devenir roi[4]. La maison de Maelius est rasée et son blé distribué gratuitement au peuple[5]. Pour conserver le souvenir de la destruction de cette maison, l'emplacement dégagé reçut le nom de Aequimelium (place de Maelius)[6]. Toutefois, Ahala n'avait pas le pouvoir de procéder à cette exécution et ne pouvait qu'appréhender Maelius. Alaha fut donc mis en accusation et dut s'exiler pour éviter sa condamnation.

On ne sait cependant si Maelius avait réellement un tel projet en tête, mais la tradition romaine ultérieure approuva l'acte de violence, comme en témoigne Cicéron, qui il est vrai avait aussi procédé à des exécutions illégales lors de la conjuration de Catilina[7].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Tite-Live, Histoire romaine, Livre IV, 12
  2. Tite-Live, Histoire romaine, Livre IV, 13
  3. a et b Tite-Live, Histoire romaine, Livre IV, 14
  4. Tite-Live, Histoire romaine, Livre IV, 15
  5. Tite-Live, Histoire romaine, Livre IV, 16
  6. Valère Maxime, livre VI, 3, 1
  7. Cicéron, De amic, 8 ; De republica, II, 27

Références[modifier | modifier le code]