Fantaisie chorale

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Fantaisie pour piano, chœur et orchestre
en do mineur
op. 80
Image illustrative de l’article Fantaisie chorale
Beethoven en 1804.

Genre Fantaisie
Nb. de mouvements 2
Musique Ludwig van Beethoven
Texte Christoph Kuffner
Langue originale allemand
Effectif piano, chœur et orchestre
Dates de composition décembre 1808
Dédicataire Maximilien-Joseph de Bavière
Création
Theater an der Wien
Interprètes le compositeur au piano

La Fantaisie pour piano, chœur et orchestre en do mineur, opus 80, de Ludwig van Beethoven, fut composée en décembre 1808[1]. La partie chorale est écrite sur un poème de Christoph Kuffner (17801846).

Histoire de l'œuvre[2][modifier | modifier le code]

Le [1] un grand concert eut lieu au Théâtre an der Wien : Beethoven avait organisé une soirée consacrée exclusivement à ses œuvres au cours de laquelle il devait intervenir en tant que pianiste et chef d’orchestre. Le programme, qui comprenait notamment les premières de la Cinquième symphonie et de la Symphonie pastorale, semblait résumer l’étonnante variété et la personnalité complexe du compositeur.

Pour conclure la soirée de ce concert mémorable de plusieurs heures, Beethoven désirait « un finale brillante » qui devait unir dans une même œuvre les différentes composantes musicales mises en valeur au cours de la soirée : le piano, le chœur et l’orchestre. La Fantaisie op.80, écrite quelques jours auparavant seulement, joue ce rôle. Beethoven fit appel au poète Christoph Kuffner pour établir le texte, d’après ses indications. Le thème développé – celui de la fraternité universelle par la rencontre des arts – ressemble beaucoup à celui de l’« Ode à la Joie » de Schiller que Beethoven désirait également mettre en musique depuis sa jeunesse, et qui a pris sa forme définitive dans le final de la 9e Symphonie. Différent points communs – en particulier le traitement choral introduit par des variations instrumentales fondées sur l’utilisation d’un thème très simple, et la parenté évidente entre ce thème et celui de l’Hymne à la Joie – rapprochent la Fantaisie op.80 de la Neuvième symphonie, au point que l’on a vu dans la première une esquisse de la seconde. La liberté formelle du genre de la fantaisie a permis à Beethoven de réunir dans une œuvre de courte durée l’aspect intimiste de la musique pour piano et la musique de chambre, et le côté expansif de la musique symphonique avec chœur.


\new Score {
  \new Staff {
    \relative c'' {
      \time 2/4
      \key c \major
      \clef treble
      \tempo 4 = 88
      \omit Score.MetronomeMark
        \partial 4 e8^\markup {  \halign #-0.5 "Fantaisie Chorale"} e f( e d c) c( b a b) c( c d e) e( d)
    }
  }
}

\new Score {
  \new Staff {
    \relative c {
      \time 4/4
      \key d \major
      \clef bass
      \tempo 2 = 60
      \omit Score.MetronomeMark
        fis2^\markup {  \halign #-0.5 "Neuvième Symphonie"}( g4 a) | a4( g fis e) | d2( e4 fis) | fis4.( e8) e2
    }
  }
}

La Fantaisie est construite en deux parties d’ampleur inégale (voir section suivante). Au cours du concert du , que Beethoven voulait représentatif des divers aspects de son talent, aucune autre œuvre n’aurait pu mieux servir de conclusion que cette fantaisie puisque le compositeur y joua successivement le rôle de virtuose avec sa cadence initiale, de simple accompagnateur dans les variations avec flûte et hautbois, et de soliste dans son dialogue concertant avec l’orchestre et le chœur ; après cette fantaisie, dédiée au roi Maximilien-Joseph de Bavière[1], Beethoven n’est revenu qu’une seule fois au piano concertant, quelques mois seulement après, en composant son concerto « l’Empereur » qui curieusement, commence lui aussi par une grande cadence de type improvisé.

La Fantaisie chorale fut publiée chez Breitkopf & Härtel à Vienne en juillet 1811[1],[3].

Structure[modifier | modifier le code]

La Fantaisie est construite en deux parties d’ampleur inégale,

  • un Adagio, à 4/4, en do mineur – une grande cadence pour le piano de 26 mesures, réarrangée après le concert, Beethoven s’étant ce jour-là vraisemblablement lancé dans une improvisation. L'arrangement consiste en un accompagnement des cordes. Seul le matériel d'orchestre (de la main de Beethoven) a existé pendant longtemps. La partition complète a été rassemblée aux USA en 2010, et l'œuvre donnée "en première mondiale" le 25 mars 2011 à Liège par l'Orchestre Symphonique des Jeunes du Conservatoire[4],[5]
  • et un grand Finale de près de 600 mesures, lui-même divisé en plusieurs sections de différents tempi :
    • Allegro (variations instrumentales), à 4/4, en do mineur
    • Meno allegro (mesure 53), à Music2.png
      Music4.png
      , en do majeur
    • Allegro molto avec piano concertant, à alla breve, en do mineur
    • Adagio ma non troppo, à Music6.png
      Music8.png
      , en la majeur, longue mélodie rêveuse qui rappelle le mouvement lent de certaines sonates pour piano,
    • Marcia, assai vivace, à Music2.png
      Music4.png
      , en fa majeur, au rythme de la marche, qui n’est pas sans évoquer la Marche Turque de la 9e Symphonie,
    • Allegro, à 4/4, en do mineur
    • Allegretto ma non troppo quasi andante con moto, à Music2.png
      Music4.png
      , en do majeur, avec la participation du chœur
    • Presto, à alla breve, en do majeur.
Le thème principal de la section chantée de la Fantaisie chorale préfigure nettement le futur Hymne à la joie, aussi bien par sa mélodie que par sa forme A.A'.B.A'

Texte[modifier | modifier le code]

Texte du poème de Christoph Kuffner :

Schmeichelnd hold und lieblich klingen
unsers Lebens Harmonien,
und dem Schönheitssinn entschwingen
Blumen sich, die ewig blüh'n.

Fried und Freude gleiten freundlich
wie der Wellen Wechselspiel;
was sich drängte rauh und feindlich,
ordnet sich zu Hochgefühl.

Wenn der Töne Zauber walten
und des Wortes Weihe spricht,'
muss sich Herrliches gestalten,'
Nacht und Stürme werden Licht,'

äuß're Ruhe, inn're Wonne,
herrschen für den Glücklichen
Doch der Künste Frühlingssonne
lässt aus beiden Licht entsteh'n.

Großes, das ins Herz gedrungen,
blüht dann neu und schön empor,
hat ein Geist sich aufgeschwungen,
hallt ihm stets ein Geisterchor.

Nehmt denn hin, ihr schönen Seelen,
froh die Gaben schöner Kunst.
Wenn sich Lieb und Kraft vermählen,
lohnt dem Menschen Göttergunst.

Discographie[modifier | modifier le code]

Cette discographie n'est pas exhaustive.

  • Berliner Philarmoniker, Daniel Barenboïm (piano et direction), EMI

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Barry Cooper (trad. de l'anglais par Denis Collins), Dictionnaire Beethoven [« Beethoven compendium »], Lattès, coll. « Musiques et musiciens », 1991, 614 p. (ISBN 978-2-7096-1081-0, OCLC 25167179), p. 441.
  2. Jean-Jaques Velly
  3. Jean et Brigitte Massin, Ludwig van Beethoven, Fayard, 1967 (1re éd. 1955), 845 p. (ISBN 978-2-213-00348-1), p. 663.
  4. Un inédit de Beethoven en première mondiale à Liège !
  5. Musiq'3, un Beethoven inouï!

Liens externes[modifier | modifier le code]