Else Marie Pade

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Else Marie Pade
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 91 ans)
Gentofte (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Genre artistique
Œuvres principales
Watercolours of the Sea I–XXI (d), Face It (d), The Little Mermaid (d), Symphonie magnétophonique (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Else Marie Pade, née Else Marie Jensen le à Aarhus et morte le à Gentofte, est une compositrice danoise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née en 1924 à Aarhus[1], Else Marie Pade souffre dans sa petite enfance d'une infection rénale récurrente, diagnostiquée à sa naissance. Elle passe de nombreux mois alitée, à écouter notamment sa mère qui chante et joue du piano[2]. Sa santé s'améliore ensuite. À l'adolescence, elle emprunte un tourne-disque portable et découvre le jazz de la Nouvelle-Orléans. Elle se passionne pour ce genre musical et monte son propre groupe de jazz, le Blue Star Band, qui se produit lors d'événements scolaires et dans des associations de jeunes.

Elle étudie le piano à l'école de musique d'Aarhus puis à l'Académie royale danoise de musique à Copenhague[1],[2].

En avril 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale, les troupes allemandes envahissent le Danemark. Elle rejoint le Dansk Samling puis devient active dans la résistance[1]. C’est par le biais d'une professeure de piano, Karin Brieg, qu’elle entre dans la résistance danoise. Elle commence en distribuant des journaux illégaux à partir du 20 août 1943, et en 1944, elle reçoit un entrainement à l’utilisation d’armes et d’explosifs. Elle rejoint ensuite un groupe exclusivement féminin. Le 13 septembre 1944, elle est arrêtée par la Gestapo (ainsi que Karen Brieg), et est internée dans le camp de Frøslev (en) de 1944 à la fin de la guerre[2],[3].

Libérée, elle étudie la composition d'abord avec Vagn Holmboe, puis avec Jan Maegaard, qui l'initie au dodécaphonisme[1],[4]. Pendant son séjour à Frøslev, elle a rencontré Henning Pade. Elle l'épouse en 1946. Ils ont eu deux fils, l'un en 1947 et l'autre en 1950[2].

En 1952, elle entend un programme radiophonique du Danemark sur la musique concrète. Ceci lui évoque les sons écoutés ou imaginés durant son enfance alitée. Grâce à de la famille en France, elle prend contact avec la radio française, RTF, et Pierre Schaeffer, le pionnier de la musique concrète. En 1954, elle devient la première compositrice danoise de musique électronique et de musique concrète[5].

Elle rencontre et travaille aussi avec Karlheinz Stockhausen et Pierre Boulez[1],[3]. Elle collabore également avec la radio danoise[1],[6]. Le 8 août 1955, sa première composition, En Dag Pa Dyrehavsbakken (Une journée à Dyrehavsbakken) est diffusée par la radio-télévision danoise[1],[2].

En 1958, la visite de l'Exposition universelle de 1958 à Bruxelles et du Planétarium lui inspire une autre œuvre assez connue Syv Cirkler, (Sept cercles). Cette composition est basée sur le multi-sérialisme mis en exergue par Stockhausen. Elle se rend à Darmstadt, et suit les cours de Karlheinz Stockhausen, György Ligeti et Pierre Boulez, en 1962, 1964, 1968 et 1972. Le compositeur allemand Stockhausen utilise souvent une de ses œuvres, son Glassperlespill (Jeu de perles artificielles), comme exemple lorsqu’il donne une conférence sur la musique électronique[1],[2].   

La chorégraphe Nini Theilade était une de ses amies et elles ont réalisé dans les années 1960, un ballet télévisé, Græsstrået, basé sur des poèmes d’El Forman, avec les chorégraphies de Theilade. Pour autant, elle connaît un certain isolement artistique, du fait du genre musical dans lequel ses compositions s'inscrivent. Cet isolement s'accentue dans les années 1970. La technologie numérique émergante ne l'attire pas de la même manière que les équipements qu'elle a utilisés dans les années 1950 et 1960. Un journal musical danois lui consacre cependant un article en 2001, suivi d'un reportage radiophonique. Ceci la conduit à publier à nouveau des CD. Des remixes de Syv Cirkler sont créés, et l'un d'eux est diffusé sur MTV. L'attrait pour la musique électronique au XXIe siècle donne à son travail musical un caractère précurseur pour une nouvelle génération de musiciens scandinaves. Elle est comparable à Daphne Oram ou Delia Derbyshire au Royaume-Uni[7]. Une représentation de 2012 au Wunderground Festival se termine par une ovation.

Else Marie Pade meurt le 18 janvier 2016 à Gentofte, au Danemark, âgée de 91 ans[2],[7].

Œuvres (sélection)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g et h Michèle Friang, « Pade, Else Marie [Aarhus 1924] », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber (dir.), Dictionnaire universel des créatrices, Éditions Des femmes, , p. 3316
  2. a b c d e f et g (en) « Else Marie Pade: Musical Innovator and Danish Resistance Hero », sur Song of the Lark,
  3. a et b (da) Lea Wind-Friis et Thomas Michelsen, « Dansk elektronikas bedstemor er død », Politiken,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Knud Ketting, Music in Denmark, Danske selskab, , p. 45
  5. (en) Inge Bruland, « Pade, Else Marie », dans The New Grove Dictionary of Music and Musicians, Londres, Macmillan Publishers,
  6. (en) Frederick Key Smith, Nordic Art Music: From the Middle Ages to the Third Millennium, (lire en ligne), p. 147
  7. a et b (en) Philip Sherburne, « Else Marie Pade, Denmark's "Grandmother of Electronic Music," Is Dead at 91 », Pitchfork,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Crédits de traduction[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]