Dora d'Istria

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Dora d’Istria
Dora d'Istria.jpg
Titre de noblesse
Duchesse
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 60 ans)
FlorenceVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Elena GhicaVoir et modifier les données sur Wikidata
Noms de naissance
Helena Koltsova-Massalskaya
Elena GhicaVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Dora d'IstriaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités
Famille
Autres informations
Domaine
Membre de
Société philologique hellénique de Constantinople (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Dora d'Istria
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Dora d'Istria

La princesse roumaine Helene Koltsov-Massalsky, connue sous son nom de plume de Dora d'Istria (née Elena Ghica le à Bucarest et morte le à Florence, Italie), est une peintre, écrivaine, essayiste, historienne, voyageuse et femme de lettres roumaine. Polyglotte, elle a écrit principalement en français et en italien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Marele Ban (le Grand Ban) Mihail Ghica (1794-1850), fils du Mare Ban Dimitrie et de sa femme Elena Razu, était le frère de deux des dix princes régnants (en roumain : Domnitori) de la famille : Grigore IV Ghika Vodă et Alexandru II Ghika Vodă[1], et l'un des plus grands dignitaires des Principautés. Sa mère, Ecaterina (Catinca), née Faca (1809-1853), était une femme lettrée, elle a traduit en roumain le livre De l'éducation des enfants (1839) de Mme Jeanne Louise Campan.

En 1849 elle rencontre un jeune lieutenant russe, Aleksandr Aleksandrovitch Koltsov-Massalsky, prince qui lui fait une demande en mariage. Elle accepte. Le couple s'installe à Saint-Pétersbourg. En Russie elle « se sent mal à l'aise dans le régime autocratique alors en vigueur, et comme le climat social de la Russie ne convient à cet esprit large et préoccupé d'idées libérales elle abandonne la Russie[2] ». Ainsi elle quitte la Russie, « un monde qui ne pouvait que déplaire à un esprit aussi original et aussi libre que le sien[3] ».

Carrière d'écrivaine[modifier | modifier le code]

Elle commence à écrire après son mariage avec Alexander Kolzoff-Massalski à Saint-Pétersbourg. L'ensemble de son œuvre est rédigée en langue française. Opposée à l'autocratisme du régime tsariste, elle prend position contre le protectorat russe pour l'indépendance des provinces roumaines durant la guerre de Crimée[4]. Elle se sépare son mari et quitte la Russie en 1855, devenue persona non grata et vit en Suisse, notamment à Aarau, Genève, Lugano et Veytaux. C'est à Genève qu'elle publie son premier livre, où elle dévoile son anti-cléricalisme, La vie monastique dans l’église orientale. Elle publie également Au bord des lacs helvétiques et La Suisse allemande et l’ascension du Moench. Elle y décrit la Suisse, ses paysages, son organisation sociale et politique.

Après la Suisse, elle voyage en Allemagne et en Grèce et finit par s'installer à Florence en 1870.

Elle travaille pour des revues renommées telles que La Revue des Deux Mondes, l’Illustration, la Rivista Europea, la Nuova Antologicaet l’Internationale Revue de Vienne En hommage à son travail, Demetrio Camarda lui dédie son anthologie de la poésie albanaise en 1870.

Thèmes abordés dans ses écrits[modifier | modifier le code]

Elle s'intéresse à la question de la nationalité (notamment roumaine, albanaise, serbe et hellénique) et témoigne un patriotisme fervent à sa terre natale et défend les nationalistes albanais, étant en faveur d'une nation albanaise détachée des critères d'appartenance religieux. En 1870 Demetrio Camarda lui consacre une anthologie de la poésie albanaise en 1870[4].

Elle s'intéresse également à la condition des femmes et défend l'émancipation, tout en déplorant le peu d'attrait envers ces thématiques de philosophes renommés comme Diderot, La Fontaine, Molière, Rousseau et Voltaire. Elle décide alors de faire reconnaitre le travail d'autrices comme Émilie du Chastelet, Madame de La Fayette, Françoise-Louise de Warens, Louise d’Epinay, Françoise de Graffigny, et Claudine Guérin de Tencin[4].

Œuvres principales (non exhaustives)[modifier | modifier le code]

Une bibliographie des œuvres de Dora d'Istria a été publiée en 1868 par Bartolomeo Cecchetti[5].

  • La Vie monastique dans l'Église orientale, éd. Joël Cherbuliez, Genève, 1re éd., Bruxelles, 1855.
  • La Suisse allemande et l'Ascension du Moench, tome I-IV, éd. Joël Cherbuliez, Genève-Paris, 1856.
  • Les femmes en Orient, 2 vol. Vol. I: La péninsule orientale, Ed. Meyer et Zeller, , Zürich, 1859-1860; trad. en grec par E. Skousé, éd. Doukas, Athènes, 1861; trad. en russe, St-Petersbourg, 1865; trad. en roumain par Grigore P. Peretz 1876-1877
  • Le proscrit de Biberstein, dans Courrier de Paris, 11 XII 1857
  • Excursions en Roumélie et en Morée, 2 vol. , éd. Meyer et Zeller, Zürich, 1863
  • Des femmes par une femme, tome I-II, Paris, Librairie internationale, A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, 1865.
  • La poésie des Ottomans, II éd., Maison-neuve & Cie, Libr.-édit., Paris, 1877
  • Souvenirs de la Cour de Dresde - Mlle de Haltingen, dans Revue des deux mondes, 2e période, tome 19, janvier 1859, p. 42
  • La nationalité hellénique d'après les historiens, dans Revue Suisse, Neuchâtel, janvier, février, mai, 1860
  • French Literature under the first Empire. 2e éd. New-York, Barnes, 1875

Titres académiques[modifier | modifier le code]

Information icon with gradient background.svg Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section proviennent du Site de la famille d'Elena Ghica-Dora d'Istria.Source: Lucian Predescu, Enciclopedia României (Encyclopédie de la Roumanie), Ed. Cugetarea-Georgescu Delafras din Bucureşti, 1940

  • Membre de la Société Géographique de France - 19 janvier 1866
  • Membre correspondante de l'Athénée de Venise (italien : Ateneo Veneto di Scienze, Lettere ed Arti), Venise - 8 mars 1868
  • Membre honoraire de l'Accademia de Milano - 18 juin 1868
  • Membre émérite de Accademia Raffaelo - Urbino, 17 décembre, 1871
  • Membre de l'Académie Nationale de Lettres -Barcelone
  • Présidente honoraire de Syllogos , Constantinopole - 8 août, 1870
  • Membre de Accademia Quiriti, Roma - 1873
  • Membre honoraire de Accademia Pitagorica , Napoli - 24 mai 1873
  • Membre de l'Institut Archéologique de Buenos Aires - 30 mai 1873

Dictionnaires et Encyclopédies[modifier | modifier le code]

  • Gustave Vapereau, « Dora D'Istria (Hélène Ghika, princesse Koltzoff-Massalsky) », dans Dictionnaire universel des contemporains, Paris, Librairie Hachette et Cie, , cinquième éd..
  • Carlo Tagliavini, « GHIKA », dans Enciclopedia Italiana, volume 16, Roma, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, 1932
  • Amélie Chevalier, « Comtesse Dora D'Istria », dans Les voyageuses au XIXe siècle, Tours : Maison Mame & fils, s.d. (1re éd : 1888), 5e édition : 1901, pp. 121-137

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

Plaque de rue - Dora d'Istria - Rue Butini - Projet 100elles à Genève en 2019

En 2019 à Genève l'association l'Escouade dans le cadre du projet 100elles renomme temporairement une rue à son nom[6],[7],[8],[9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antonio D'Alessandri, Il pensiero e l'opera di Dora d'Istria fra Oriente europeo i Italia (Istituto per la storia del Risorgimento italiano, Biblioteca scientifica, Serie II : Memorie, vol. 54), Roma, Gangemi, 2007
  • Nathalie Clayer, Aux origines du nationalisme albanais, Editions Khartala, Paris, 2006, pages 193-240.
  • Mihaela Chapelan, L’identité rhizomatique de Dora d’Istria , Revue Électronique de Littérature Française, volume 6, no. 1, 2012, pages 126-135[10].
  • Laure Hinckel,  Dora d’Istria, Le Dictionnaire universel des créatrices, Paris, Des femmes Antoinette Fouque, 2015
  • Dibra Zenepe, Gjjika, Elena (Elena Ghica, pen-name DORA D’ISTRIA) (1828?-1888?) , in De Haan, Francisca, Daskalova, Krassimira, Loufti, Anna (dir.), A biographical dictionary of women’s movements and feminisms. Central, Eastern, and South Eastern Europe, 19th and 20thCenturies, Budapest, New York, CEU Press, 2006, pages 158-160.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site de la famille d'Elena Ghica-Dora d'Istria
  2. Charles Yriarte, marquis de Villemer, Portraits cosmopolites, Paris, 1870, p. 165-178 [1]
  3. Nicolae Iorga, « Lettres de Dora d'Istria », dans Revue historique du sud-est européen, 9/4-6, Paris-Bucarest, 1932, p. 134-209
  4. a b et c « Dora D’ISTRIA », sur 100 Elles* (consulté le 21 mai 2019)
  5. Bartolomeo Cecchetti, Bibliografia della Principessa Elena Ghika - Dora D'Istria. Venezia, DAL PREM. STABIL., Tip. di P. Naratovich, 1868
  6. « Dora D’ISTRIA », sur 100 Elles* (consulté le 26 mai 2019)
  7. « Le collectif féministe “l'Escouade” rebaptise les artères de Genève », sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes (consulté le 27 juin 2019)
  8. Sylvia Revello, « Les rues genevoises en voie de féminisation », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 27 juin 2019)
  9. www 20minutes ch, 20 Minutes, 20 Min www.20min.ch, « Genève rebaptise 100 rues en l’honneur des femmes », sur 20 Minutes (consulté le 27 juin 2019)
  10. Mihaela Chapelan, « L’identité rhizomatique de Dora d’Istria », RELIEF - Revue Électronique de Littérature Française, vol. 6, no 1,‎ , p. 126–135 (ISSN 1873-5045, DOI 10.18352/relief.765, lire en ligne, consulté le 21 mai 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]