Dessa

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Dessa
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Deborah Petroz-Abeles (née Deborah Sharon Abeles le 20 décembre 1948 à Bulawayo, Rhodésie du Sud, aujourd'hui Zimbabwe), connue professionnellement sous le nom Dessa, est une artiste suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dessa est est née dans une famille juive de Rhodésie du Sud, de mère polonaise et père hongrois. Médecin, il a complété sa formation médicale en Italie et ouvert à Bulawayo le premier cabinet médical privé multiracial. Comme jeune enfant Dessa prenait des cours de ballet et de piano, qui ont joué un rôle central dans le développement de son art. Après son baccalauréat, elle a vécu en Israël de 1965 à 1976 et étudié l’ergothérapie. En 1977, elle déménage à Paris, puis en Suisse où elle devient citoyenne suisse par mariage à Lausanne le 31.8.1983.

Elle partage son temps entre ses deux ateliers de Suisse, et de Berlin. Elle est mère de deux enfants et grand-mère de quatre petits-enfants.[réf. nécessaire]

Thématiques artistiques[modifier | modifier le code]

Dessa a grandi dans une société minée par les divisions raciales et ce vécu se reflète aussi dans son art. Elle cherche dans son travail à réunir plutôt qu’à séparer en dépassant les frontières culturelles. Artiste interdisciplinaire, multiculturelle, elle intègre ses intérêts pour la musique, les sciences humaines, la médicine et la nature dans son travail. Ainsi elle explore sa propre identité et sa relation au passé, présent et futur par la peinture, le collage et les installations.

Peinture en dialogue avec la composition musicale[modifier | modifier le code]

Dessa explore la relation entre l'art visuel et la musique. Ses oeuvres expriment une méditation spécifique, complétée par une recherche musicologique, avec pour résultat des tableaux dans lesquels la musique guide son expression artistique. Parmi les compositeurs dont la musique a inspiré cette réponse visuelle nous trouvons, Béla Bartók, Leonard Bernstein, Ernst Bloch, Benjamin Britten, Unsuk Chin, Detlev Glanert, Dominique Gesseney-Rappo, Erich Korngold, Gustav Mahler, Olivier Messiaen, René Oberson, et Nino Rota.

« Les travaux de Dessa sont, en fait, des dialogues devenus peinture qui souvent ressemblent à des exercices spirituels. Parce que – si ce n'est pas en communication directe avec un musicien comme lors d'improvisations musicales – ils demandent beaucoup de solitude, concentration et sacrifice. Car avec des interlocuteurs comme Mahler, Schreker, Ullmann ou Britten, on ne peut pas bavarder. On doit les aimer, bien les connaitre à fond, leurs idées, leur destin, leur tragédie. Sinon ils ne s'ouvrent pas à nous. »[1]

Son projet « Mémoire de Theresienstadt » 1997, a été présenté au Berliner Dom en 2000 et à Theresienstadt en 2002. Ses peintures représentent sa lecture de la musique émouvante de Viktor Ullmann, sa dernière Sonate no 7 pour piano qui ravive également la perte de ses propres grands parents maternels à Auschwitz. Ullmann a été déporté au camp de concentration de Theresienstadt, où il a pu composer ses dernières oeuvres avant d'être assassiné à Auschwitz-Birkenau le 18 octobre 1944.

« La musique donne son rythme au geste et porte la couleur à sa plénitude. Dessa y empoigne ses peintures a bras le corps. Elle y déclenche de puissantes déferlantes avec leurs éclaboussures échevelées, soulève des lames de fond qui trouent la surface de leurs poussées irrésistibles... La ferveur instinctive et la passion impétueuse qui l'habite sont celles d'un vrai tempérament de peintre. »[2]

Ces peintures font également partie de son exposition « DESSA - Abstraction lyrique 1990 - 2000 » que le Musée de Pully lui consacre en 2000.

En 2013 à l’occasion du centenaire de la naissance du compositeur Benjamin Britten, elle crée en collaboration avec Boosey & Hawkes, « Do We Smile or Do We Weep ? » : peintures & collages basés sur « The Four Sea Interludes de son opéra Peter Grimes ». Une exposition de ses tableaux fait partie des célébrations et est présentée à la Galerie Petra Lange à Berlin.

L'étendue de sa collaboration musicale s'est élargie avec la collaboration de compositeurs vivants (Unsuk Chin und Detlev Glanert[3]). De plus elle fait plusieurs collaborations de « Musiques et Pinceaux » (live-painting) avec le compositeur Dominique Gesseney-Rappo et le Flying Brass en 2008, et en 2015 elle crée le terme « Transoundart » pour son dialogue entre peinture et musique (violon ou piano)[4].

Son art et l'histoire berlinoise[modifier | modifier le code]

La découverte en 2000, chez un antiquaire d'un album sur l'hygiène, édité par le Grand Magasin N. Israel en 1912, l'amène vers une nouvelle voie artistique. Pour rendre hommage à cette famille philanthrope elle crée son projet « A Tribute to Kaufhaus N. Israel 1815-1939 » qui est présenté à la Galerie Bremer à Berlin en 2004 et au Musée Juif de Westphalie en 2005. Afin de célébrer les 200 ans de ce Grand Magasin disparu, elle crée en 2015 un second hommage, en particulier à Wilfrid Israel, en insérant des « pierres fières » dans chaque tableau[5].

Elle invente le mot en allemand « Stolzesteine » (pierre-fière) pour décrire cette forme de commémoration et honorer la mémoire de ces disparus. Ce projet est aussi une réaction aux Stolpersteine (pierres d'achoppement) qu'elle voit sur les trottoirs de Berlin. Pour elle, les Stolpersteine sont une méthode particulièrement problématique pour commémorer les juifs assassinés. Non seulement on marche continuellement dessus en les salissant, mais aussi ce projet de « masse » rappelle symboliquement comment les nazis ont marqué les Juifs tous avec une même signalisation comme l'étoile jaune, etc.

J'ai cherché le mot « Stolpersteine » dans le dictionnaire et le mot suivant était « stolz » (fier) – c'était une inspiration pour le titre de mon nouveau projet. Pendant ma recherche sur N. Israel, j'ai appris qu'ils étaient fiers que leur entreprise se trouvait en plein centre de la ville. Je suis fière aussi – d'être Juive, femme et de l'Afrique. Ainsi, j'ai créé « les pierres fières » comme alternative aux pierres d'achoppement.[6]

L'artiste insère une Stolzesteine comme pierre commémorative dans ses peintures pour qu'on regarde vers « le haut » (look up). Ainsi on honore et respecte la vie de la personne. Quand on voit une Stolpersteine qui est toujours placée dans le trottoir on regarde « en bas » (look down = mépriser). Dessa est dérangée par le symbolisme de cet acte et elle est très claire concernant le message donné par les Stolpersteine dans la société:

Ich fordere jeden Deutschen auf, sich zu überlegen, wie die Nazis der 30er-Jahre die Stolpersteine sehen würden. Meiner Meinung nach materialisiert dieses Projekt ihren größten Wunsch: Schaut, wie viele ermordete Juden es gab – das haben wir geschafft. (« Je défie chaque Allemand de se poser la question comment les nazis réagiraient-ils en voyant les Stolpersteine. Ce projet (Stolpersteine) réalise leur vœu ultime en proclamant : Regarde le nombre de Juifs nous avons réussi à assassiner... »)[7]

Ces deux hommages au Kaufhaus N. Israel, ainsi que les publications qui les accompagnent, ont été présentés au Mitte Museum à Berlin entre octobre 2015 et mars 2016.

Expositions principales[modifier | modifier le code]

  • 1990: Galerie Chomel, Paris, France
  • 1991: Galerie West, Bern - « Les Chants de la Terre » - Mahler
  • 1992: Galerie Lilian Andrée, Basel - « Turangalîla » - Messiaen
  • 1992: Galerie de Couvaloup, Morges - « Schelomo » - Bloch
  • 1993: Galerie West, Bern – Musique chinoise pour « er-hu »
  • 1994: Galerie Bremer, Berlin - « L’âge de l’anxieté » - Bernstein
  • 1994: Galerie Lilian Andrée, Basel - « Concerto pour Orchestre » - Bartok
  • 1995: Galerie Tribeca, Milano - « Concerto per Archi » - Rota
  • 1995: Galerie de Couvaloup, Morges - L’âge de l’anxiété  » Bernstein
  • 1997: Galerie Lilian Andrée, Basel « Mémoire de Theresienstadt - Symphony 2 basée sur Piano Sonata N.7 » - Ullmann
  • 1998: Goethanum, Dornach – Mémoire de Theresienstadt - Ullmann
  • 1998: Galerie Aulos Musica, Geneva – Mémoire de Theresienstadt - Ullmann
  • 1999: Galerie de Couvaloup, Morges - « Abschiedslieder » - Korngold
  • 1999: Galerie Bremer, Berlin - « Abschiedslieder » - Korngold
  • 2000: Musée de Pully, Suisse - DESSA « Abstraction lyrique 1990 - 2000 »
  • 2004: Galerie Bremer, Berlin - Hommage à Kaufhaus N. Israel 1815 – 1939
  • 2005: Jüdisches Museum Westfalen - Hommage à Kaufhaus N. Israel 1815 – 1939
  • 2005: Galerie Ollier, Fribourg «Dessa et Schwartz - La peinture rencontre la photographie »
  • 2006: Galerie Bremer, Berlin – « Land Escapes » - 60 ans de la Galerie Bremer
  • 2006: Musée de Pully, Suisse - « De l’hygiène à l’art »
  • 2008: Musique et Pinceaux: Live-Painting, 5 concerts avec le compositeur Dominique Gesseney-Rappo, chef d’orchestre Blaise Heritier et le Flying Brass. Film: Bernard Villat.
  • 2008: Concerts de Monbenon, Lausanne – 10e anniversaire de Ph+Arts magazine. Lala   Isakova, piano. Video-projection de « Mémoire de Theresienstadt »
  • 2008: Foyer Amtsgericht, Stuttgart-Bad Cannstatt« Land Escapes »
  • 2008: Centre Judaicum, Cracovie, Pologne – 20e anniversaire du Festival International de musique contemporaine – peintures inspirées par la musique d’ Olivier Messiaen et Viktor Ullmann
  • 2010: JayKay Gallery, Carrouge , Vaud – DESSA: 2000 – 2010
  • 2011: Galerie Petra Lange, Berlin – Dessa Komposition
  • 2013: Galerie Petra Lange, Berlin: « Do we smile or do we weep? » Peintures basées sur « Four Sea Interludes & Passacaglia » de Benjamin Britten's « Peter Grimes »
  • 2013: Shanghai Art Fair, représentée par Galerie Steiner, Vienna
  • 2015: Espace culturel Assens – DESSA Peinture / Musique / Identité
  • 2015: Galerie Petra Lange, Berlin – DESSA : Dans l’obscurité la lumière – en collaboration avec le Mitte-Museum Berlin
  • 2015: Mitte Museum, Berlin – DESSA – Kaufhaus Nathan Israel 1815–1939 – Eine Künstlerin erforscht Geschichte[8]
  • 2017 - Fondation l’Estrée, Ropraz. Suisse: DESSA & VIKTOR ULLMANN - Je vous ai entendu et je vous réponds[9]
  • 2018/9 - frauen museum wiesbaden: The Art of Remembrance - Alice Salomon[10]

Publications[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Frank Harders-Wuthenow. Do we smile or do we weep? Paintings based on Benjamin Britten's Four Sea Interludes and Passacaglia from Peter Grimes, Assens, May 31, 2015.
  2. Françoise Jaunin. Abstraction lyrique, [1], Lausanne, 1992.
  3. (de) « Boosey & Hawkes: The Classical Music Specialists », boosey.com
  4. (de) « Dominique Gesseney-Rappo, compositeur », gesseney-rappo.ch
  5. Alice Lanzke. "Ich folge meinem Weg – Deborah Petroz-Abeles ist stolz auf ihr Judentum und ihre afrikanische Herkunft", Jüdische Allgemeine, Berlin, 12 November 2015.
  6. Deborah Petroz Abeles. [2], Stolzesteine – Stones-of-Pride, Berlin, November, 2015.
  7. Alice Lanzke. Schweizer Künstlerin Dessa: Stolpersteine in der Kritik", Deutschlandradio Kultur, Berlin, Februar 5, 2016.
  8. Mitte Museum, Berlin[3]
  9. « L'Estrée, Exposition | Lausanne - Ropraz », sur L'Estrée, Exposition | Lausanne - Ropraz (consulté le 6 juin 2018)
  10. (en) « DESSA | frauen museum wiesbaden », sur www.frauenmuseum-wiesbaden.de (consulté le 6 juin 2018)